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Financement illégal à l'ADQ: Gérard Deltell «choqué» mais pas surpris

Gérard Deltell a mis au défi tous les partis politiques de s'engager aux côtés de la Coalition avenir Québec (CAQ) à rembourser les sommes acquises de façon inappropriée depuis 1997.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gérard Deltell a mis au défi tous les partis politiques de s'engager aux côtés de la Coalition avenir Québec (CAQ) à rembourser les sommes acquises de façon inappropriée depuis 1997.

Québec — L'ancien chef de la défunte Action démocratique du Québec, Gérard Deltell, est «choqué» mais nullement surpris des révélations de Lino Zambito sur les pratiques de financement illégal à l'ADQ.

Selon le député de Chauveau, M. Zambito a essentiellement répété ce qu'il avait déjà relaté devant la Commission Charbonneau il y a près d'un an au sujet du stratagème de financement par des prête-noms visant tous les partis.

En ce sens, il a avoué ne pas avoir été surpris d'entendre l'ancien entrepreneur éclabousser son ex-formation politique.

«Je ne suis pas nécessairement tombé des nues mais ce n'est pas parce que je ne suis pas tombé des nues que je n'étais pas choqué (des révélations). C'est le genre de choses que nous ne pouvons accepter et si par malheur c'est survenu, et bien nous assumons nos responsabilités», a-t-il déclaré.

Pas d'enquête

Même si la sonnette d'alarme avait été sonnée par M. Zambito, la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a succédé à l'ADQ en 2012, n'a pas cru bon entreprendre une enquête interne sur les pratiques de financement de l'ex-parti, a reconnu M. Deltell.

«On a mis en marche le fait qu'il fallait vérifier mais les meilleures personnes pour vérifier, c'est au DGEQ (Directeur général des élections du Québec) et le DGEQ a tout le matériel nécessaire pour vérifier», a-t-il fait valoir.

En point de presse, le député Deltell a mis au défi tous les partis politiques de s'engager aux côtés de la CAQ à rembourser les sommes acquises de façon inappropriée depuis les 15 dernières années, soit la période couverte par l'enquête de la Commission Charbonneau. Une motion en ce sens sera débattue mercredi à l'Assemblée nationale. La motion proposera du même souffle d'étendre les pouvoirs du DGE pour l'affranchir du délai de prescription de cinq ans.

La CAQ souhaite que «les pouvoirs (d'enquête) du DGEQ puissent s'appliquer non pas pour les cinq dernières années mais pour toute la période couverte par la Commission Charbonneau, donc depuis 1997. Les deux partis (PLQ et PQ) ont refusé jusqu'à présent», a soulevé M. Deltell.

Une vérification du DGE rendue publique le printemps dernier a déjà statué que l'ADQ avait reçu 800 000 $ de financement pouvant être lié à l'usage de prête-noms entre 2006 et 2011. La somme est évaluée à 7,3 millions pour le Parti libéral du Québec (PLQ) au cours de la même période et à 2 millions pour le Parti québécois (PQ).

Housakos

Ex-propriétaire d'Infrabec, M. Zambito a affirmé, dans un reportage télédiffusé lundi à Radio-Canada, avoir amassé illégalement de l'argent pour l'ADQ. M. Zambito a déclaré avoir été contacté en 2008 par Leo Housakos — à l'époque l'un des responsables du financement de l'ADQ et nommé au Sénat en 2008 — pour recueillir annuellement l'équivalent de 30 000 $ pour la formation de Mario Dumont.

M. Zambito aurait demandé à des collaborateurs et à des membres de sa famille d'assumer le rôle de prête-noms. Les chèques étaient par la suite remboursés. En échange de sa générosité, M. Zambito — comme d'autres entrepreneurs — aurait gagné un accès privilégié à M. Dumont.

En réaction, l'ancienne figure de proue de l'ADQ, aujourd'hui chroniqueur dans diverses tribunes, a défendu son innocence. À ses yeux, les partis politiques sont en réalité les victimes du stratagème des prête-noms.

«Je n'ai jamais encouragé les prête-noms, je n'ai jamais accepté les prête-noms», a argué M. Dumont sur les ondes de LCN. «S'il y a des gens qui l'ont fait et que le Directeur général des élections (les) attrape dans les prochains mois, ils paieront pour leurs gestes, ce n'est pas mon problème.»

Quant au sénateur Housakos, il a nié lui aussi avoir commis des gestes illégaux pour soutenir l'Action démocratique. Les informations contraires sont «diffamatoires» et «erronées», a-t-il fait savoir.

Par Martin Ouellet
5 commentaires
  • Marie-Maude Lalande - Inscrite 1 octobre 2013 14 h 27

    Duchesneau se fera silencieux

    Et Duschesneau qui avait assuré avoir tout vérifié avant de joindre la CAQ...

  • F. Georges Gilbert - Inscrit 1 octobre 2013 14 h 38

    M.Detell choqué,

    mais n'a rien vu -rien entendu -rien dit, à l'époque.Mais oû donc avait-il la tête..

    • Nicholas Borduas - Inscrit 1 octobre 2013 16 h 15

      Probablement la fameuse autruche, Mr Gilbert.

      -Nicholas Borduas

  • Claude Champagne - Inscrit 1 octobre 2013 15 h 12

    pas surpris! moi non plus

    Oh non, pas le plus que blanche la Caq, le retour du boomarang M. "batman" Duchesneau. Je me suis gardé une petite gêne, si on accuse le PQ de tous les maux, on n'a rien vu encore de la Caq. Des anciens véreux du Parti de la "honte" Libéral gravitent autour de la Caq. J'ai besoin de plus de précision et d'information, au sujet des "fiers" détourner M. Légault en partenariat avec le gourou de la Caq M. Sirois (monsieur libéral de souche) ?

  • Gilles Théberge - Abonné 1 octobre 2013 17 h 53

    Maintenant

    Bien maintenant il faut demander à Delteil et surtout à Caire, où ils prenaient leur fric? Ben oui l'autre jour Caire se montrait surpris parce qu'il ne trouvait pas de cocaïne sur les tablettes de son épicerie.

    Maintenant il faut lui demander dans quelle épicerie ou dans quel arbre il trouvait le fric du financement de l'ADQ/CAQ...

    C'est lamoindre des choses que le lui demander non?