Julie Miville-Dechêne terminera son mandat au CSF, assure Marois

Julie Miville-Dechêne affirmait en entrevue au Devoir jeudi dernier qu’en nommant quatre nouvelles membres au Conseil du statut de la femme, Québec cherchait à museler l’organisme dans le débat sur la Charte des valeurs québécoises.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Julie Miville-Dechêne affirmait en entrevue au Devoir jeudi dernier qu’en nommant quatre nouvelles membres au Conseil du statut de la femme, Québec cherchait à museler l’organisme dans le débat sur la Charte des valeurs québécoises.

Le gouvernement ne montrera pas la porte à la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, à la suite de sa sortie médiatique fracassante.

 

« Ses jours ne sont pas comptés », a indiqué lundi la première ministre, Pauline Marois. « [Mme Miville-Dechêne] restera à la tête du Conseil du statut de la femme jusqu’à ce que son mandat expire », a-t-elle ajouté.

 

Mme Marois a toutefois refusé de réagir aux allégations d’ingérence du gouvernement dans les affaires de l’organisme public portées par l’ancienne journaliste. « Vous avez entendu la ministre responsable [de la Condition féminine, Agnès Maltais] donner toutes les explications utiles et pertinentes, et je suis parfaitement d’accord avec ses propos et ce qu’elle a affirmé à la presse », a déclaré la chef du gouvernement, en marge de l’annonce de l’implantation d’un studio de Technicolor Canada à Montréal.

 

Motion libérale

 

À Québec, une poignée de femmes de l’aile libérale ont convoqué la presse pour annoncer le dépôt d’une motion visant à demander un débat sur l’indépendance du Conseil du statut de la femme. « Nous allons tenter de rejoindre toutes les députées, incluant les députées du gouvernement. Nous voulons que toutes les députées, quel que soit le parti, comprennent l’importance du Conseil du statut de la femme et l’importance de l’indépendance de cette institution », a soutenu l’ancienne ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre.

 

Elle nie avoir elle-même procédé à une nomination partisane en plaçant son amie et ancienne collègue Julie Miville-Dechêne à la tête du Conseil du statut de la femme en 2011. « Ce n’est pas une histoire d’amies, c’est une histoire de qualité, c’est une histoire de compétence », s’est défendue Mme St-Pierre. La députée libérale a par ailleurs avoué avoir communiqué avec la principale intéressée par messagerie texte au lendemain de sa sortie publique. « J’ai envoyé un message pour savoir si je pouvais lui parler puis elle m’a répondu qu’elle ne pouvait, qu’elle ne voulait pas me parler et qu’elle était inquiète. »

 

Motion solidaire

 

Françoise David déposera une motion qui va dans le même sens que celle des libéraux, souhaitant réaffirmer l’indépendance du Conseil du statut de la femme. La CAQ a également dénoncé ces nominations.

 

Mme Miville-Dechêne a accusé jeudi dernier le gouvernement péquiste de chercher à museler le Conseil du statut de la femme dans le débat sur la Charte des valeurs québécoises en désignant quatre nouvelles membres à première vue toutes partisanes de la proposition gouvernementale en matière de laïcité.

 

Le mandat de Mme Miville-Dechêne prend fin en 2016.

16 commentaires
  • Jacques Boulanger - Inscrit 24 septembre 2013 06 h 11

    La tête de l'emploi

    Le fait est qu’avant même les nominations d’Agnès Maltais, le CSF était divisé sur la question et que Miville-Dechêne en tant que présidente et porte-parole pouvait difficilement se prononcer contre la charte comme elle l’aurait souhaité. Elle a pris prétexte des nominations pour exprimer par voie détournée son opposition au gouvernement.

    Voilà le stratagème. Et cela seulement, la rend indigne de garder la présidence du Conseil. Et si elle reste, elle n’aura plus aucune crédibilité.

    Et que fait Françoise David dans cette galère ? Retournera-t-elle finalement à ses racines libérales ?

  • Michel Lebel - Abonné 24 septembre 2013 06 h 36

    Magnanime!

    Quelle est magnanime la première ministre!! Sa ministre Maltais ayant fait la "job de bras", inutile d'en rajouter! Le Conseil étant maintenant "paqueté", tout ira bien... sauf pour Mme Miville-Dechêne! Je ne puis que souhaiter à cette dernière bon courage!


    Michel Lebel

    • Jacques Boulanger - Inscrit 24 septembre 2013 08 h 06

      On ne peut en dire autant de madame Miville-Dechêne dont le «courage» n'a d'égal que son ambition politique.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 24 septembre 2013 08 h 06

      Tout à fait d'accord! Mr Lebel...Un "beau" geste pour la gallery!

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 septembre 2013 11 h 39

      Dites-moi, monsieur Lebel, pourquoi faudrait-il refaire l'avis qui a été fait il y a deux ans? Étude suite à laquelle, justement, le gouvernement libéral a nommé madame Miville-Dechêne. Celle-là même qui dit avoir besoin de refaire des études, comme si la situation avait changé en deux ans.

      Voici deux recommandations de cet avis:

      «Modifier la Loi sur la fonction publique afin d'étendre l‘obligation de neutralité politique et le devoir de réserve aux manifestations religieuses nettement visibles.

      Adopter une loi qui prévoirait les modalités d‘application du principe de laïcité de l‘État afin d‘établir clairement sa séparation d‘avec la religion. Cette loi établirait que les agentes et agents de l‘État doivent s‘abstenir d‘afficher leurs convictions religieuses par le port de vêtements ou de signes nettement visibles et de manifester leurs croyances sur leur lieu de travail. Elle interdirait aussi les signes et les symboles religieux dans les institutions de l‘État, sous réserve de leur caractère patrimonial, la récitation de prières d‘ouverture dans les conseils de ville et la participation des officières et officiers de l‘État à des manifestations religieuses dans le cadre de leurs fonctions.»


      En fait, la Charte des valeurs québécoises est une version édulcorée des recommandations du CSF...

    • Berthe Fortier-A - Abonnée 24 septembre 2013 12 h 38

      Magnanime cette Première Ministre, en effet, et comment!!!

      J'aurais quand même aimé tout de même qu'elle ajoute son grain de sel, juste pour voir......comment elle s'en serait sortie.

  • Josette Allard - Inscrite 24 septembre 2013 08 h 02

    Dommage

    La sortie de Mme Miville Deschênes enlève toute légitimité au Conseil, non seulement quant à la question de la Charte mais aussi sur tout autre sujet pour lequel son opinion sera demandée.
    Les avis du Conseil ont des consenséquences sociales donc politiques puisque c'est au politique que revient la tâche de trancher les propositions mises de l'avant par le Conseil.
    Si le Conseil est le résultat de nominations partisanes, selon ce qu'en dit Mme Miville Deschênes(elle-même nommée par l'ex-ministre libérale Mme St-Pierre) comment accorder de la crédibilité aux avis dudit Conseil?

    • Gilles Théberge - Abonné 24 septembre 2013 11 h 08

      Est-ce que le Conseil a déjà été autre chose que le résultat de nominations partisanes?

      Est-ce que la nomination de madame Miville deschênes par Christine St-Pierre était autre chose qu'une nomination partisane?

      Et parlant d'ingérence, Christine St-Pierre vient d'admettre qu'elle a rencontré madame Miville Deschênes pour confirmer son opposition de cette dernière au projet de Charte. C'est quoi ça?

      Et si on respirait par le nez monsieur Cossette?

  • François Dugal - Inscrit 24 septembre 2013 08 h 29

    Proverbe chinois

    «Il ne faut pas éliminer un ennemi quand celui-ci justifie nos actions.» - Lao Tseu

  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 24 septembre 2013 09 h 03

    Ingérence de l'opposition?

    La députée et ex-ministre libérale de la condition féminine Christine St-Pierre a avoué aux journalistes s'être entretenue avec la présidente du CSF le lendemain de la sortie de celle-ci à l'émission de 24/60.

    Ces deux dames, qui sont aussi amies dans la vraie vie, ont-elles abordé ce sujet de projet de Charte AVANT la sortie de J. Miville-dechêne sur les ondes de Radio-Canada?