Prolongement de la ligne bleue du métro: pas d'estimation et d'échéancier

Québec estime que ce nouveau segment de la ligne bleue sera utilisé par environ 84 000 personnes quotidiennement et qu'il permettra des économies annuelles de 52 millions $ «grâce à des gains de temps».
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Québec estime que ce nouveau segment de la ligne bleue sera utilisé par environ 84 000 personnes quotidiennement et qu'il permettra des économies annuelles de 52 millions $ «grâce à des gains de temps».

Le gouvernement Marois a beau vouloir prolonger la ligne bleue du métro de Montréal vers l'est, en plus d'avoir des ambitions similaires pour la ligne jaune à Longueuil, il se dit toutefois dans l'impossibilité d'estimer les coûts de ces projets ainsi que d'en dévoiler l'échéancier.

Loin de confirmer une première pelletée de terre, le ministre des Transports et des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a plutôt annoncé, vendredi matin, la mise en place d'un bureau de projet, qui aura le mandat d'évaluer les modes de réalisation ainsi que de financement de ces ambitieux projets.

Doté d'un budget de 38,8 millions $, ce bureau de projet étalera ses travaux sur deux ans, même si quelque 110 rapports d'analyse sur le sujet ont déjà été soumis au gouvernement provincial, selon des responsables de l'Agence métropolitaine de transport.

«Tout le monde voudrait que je parte avec ma pelle pour aller creuser, mais la prochaine étape pour ça, c'est le bureau de projet, a dit M. Gaudreault. Quand on aura les études, nous aurons le détail et l'échéancier.»

Ultimement, la ligne bleue serait prolongée de 6,6, kilomètres vers l'est de la métropole et cinq stations de métro seraient ajoutées afin d'offrir le service jusqu'à l'arrondissement Anjou.

Le coût du projet pourrait bien atteindre au moins 1,5 milliard $, puisque M. Gaudreault a rappelé que la construction d'un kilomètre de tunnel oscille entre 250 et 300 millions $.

Le ministre a dit qu'il aimerait que le métro puisse se rendre plus loin dans l'est de Montréal dès le début des années 2020.

M. Gaudreault a également esquivé les questions en ce qui a trait au dossier du financement du projet. «C'est un défi très grand auquel nous sommes confrontés comme société», a-t-il reconnu.

Selon M. Gaudreault, les recommandations des consultations sur la politique québécoise de mobilité durable permettront d'identifier de nouvelles sources de revenus pour le transport collectif.

Ce dernier a également souligné qu'un chantier sur les transports avait été mis en place avec les municipalités afin d'identifier de potentielles sources de financement pour ce genre de projet.

De son côté, le président-directeur général de l'Agence métropolitaine de transport, Nicolas Girard, a défendu la stratégie mise de l'avant par le gouvernement Marois.

«Annoncer à ce stade-ci un projet final, c'est ce qui a été fait dans le dossier du train de l'Est avec les résultats qu'on connaît», a souligné l'ex-député péquiste, présent à l'annonce.

Ce projet de train de banlieue de l'AMT, lancé à l'époque du gouvernement libéral de Jean Charest, a défrayé la manchette à plusieurs reprises en raison des nombreux dépassements de coûts.

Selon le gouvernement Marois, le nouveau segment de la ligne bleue sera utilisé par environ 84 000 personnes quotidiennement et il permettra des économies annuelles de 52 millions $ «grâce à des gains de temps».

Lors de la dernière campagne électorale, le Parti québécois avait fait du prolongement de la ligne bleue une de ses priorités en matière de transport en commun.

Alors que le gouvernement Marois est minoritaire, le ministre Gaudreault a rappelé qu'il ne s'agissait pas d'une annonce afin de courtiser les électeurs, mais plutôt le respect d'un engagement pris lors de la dernière campagne électorale.

L'annonce de vendredi survient au premier jour de la campagne électorale municipale et alors que se déroule la journée «En ville sans ma voiture!».

Le ministre responsable de Montréal, Jean-François Lisée, sa collègue responsable de la Montérégie, Marie Malavoy, ainsi que celle en charge de Laval, Nicole Léger, étaient sur place, en compagnie d'élus locaux.


 
11 commentaires
  • simon villeneuve - Inscrit 20 septembre 2013 11 h 46

    merveilleux

    Une petite dissonance par contre.
    A quand le prolongement de la ligne jaune pour reduire le traffic sur les maudits ponts de la rive-sud ?
    Au minimum, l'ajout de stationnement incitatif pour le stationnement Panama a Brossard :) !

    S.Villeneuve

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 septembre 2013 12 h 13

      «A quand le prolongement de la ligne jaune pour reduire le traffic sur les maudits ponts de la rive-sud ?» - Simon Villeneuve

      Bonne remarque.

      Espérons qu'elle soit entendue, c'est même à n'y rien comprendre qu'on ne bouge pas plus vite que ça.

      Christian Montmarquette

    • simon villeneuve - Inscrit 20 septembre 2013 14 h 11

      Surtout quand on parle de milliards pour le pont champlain .

      Au lieu de mettre un train sur le pont Champlain, le metro semble la meilleur solution a mon avis.

      Moins d'entretien ( le metro est sous terre ) et l'ajout de la main d'oeuvre serait minime si on compare avec un train exterieur .

      S.Villeneuve

    • Jean Richard - Abonné 20 septembre 2013 21 h 26

      Le prolongement de la ligne jaune se fera en même temps que celui de la ligne bleue, c'est-à-dire un jour, un jour lointain.

      Le scénario est bien connu et s'apparente à celui des lignes de tramway. Un politicien affirme sa préférence pour un tramway ou une ligne de métro et le lendemain, on distribue des millions pour des études de faisabilité, des bureaux de projet, puis le silence jusqu'à ce que le cycle recommence.

      Une vraie blague...

  • Emmanuel Denis - Inscrit 20 septembre 2013 12 h 02

    Le transport collectif est + rentable que le transport en solo

    Pour la 1re fois dans l'histoire du Québec, on voit le gouvernement accorder plus d'importance au transport en commun qu'au transport individuel (voiture en solo) qui congestionne la circulation routière et détériore la qualité de vie de l'ensemble des Québécois qui passent de plus en plus d'heures hebdomadaires à s'épuiser et à se stresser sur les routes et les ponts de la région de Montréal...

    La détérioration de la qualité de vie citoyenne, l'explosion des coûts de fonctionnement des entreprises dues à la congestion et la hausse de la pollution et de ses effets sur la santé humaine aura finalement eu raison du gouvernement péquiste, qui se retrouvait de plus en plus seul face aux revendications citoyennes.

    À Copenhague et à Londres, les citoyens sont intelligents: ils ont compris les effets positifs du transport en commun, soient la décongestion routière, la réduction des coûts d'entreprise, la baisse considérable de la pollution ainsi que la diminution des accidents routiers !!!

    Dans la ville de Copenhague, plus du tiers des travailleurs se rendent au travail en vélo.

    Espérons que Montréal devienne Copenhague d'ici les prochaines années !

    • Jean Richard - Abonné 20 septembre 2013 21 h 31

      « Pour la 1re fois dans l'histoire du Québec, on voit le gouvernement accorder plus d'importance au transport en commun qu'au transport individuel »

      Vous croyez ? Ce serait plutôt : pour la xième fois dans l'histoire du Québec le gouvernement annonce un projet de transport en commun à très long terme, qui a peu de chances de voir le jour, et qui sert au fond à passer sous silence le fait qu'on ne fait absolument rien à court et à moyen terme pour satisfaire des besoins urgents.

  • C. Pilon - Inscrite 20 septembre 2013 12 h 15

    Et il n'y a pas d'échéancier? C'est facile de lancer des annonces mais verront-elles le jour?

  • Yves Capuano - Inscrit 20 septembre 2013 14 h 27

    38.8 millions pour quoi faire ?????????

    38.8 millions pour faire quoi au juste ?
    Il existe déjà beaucoup d'études sur le prolongement de cette ligne bleue.
    J'aimerais savoir pourquoi ça coûte 38.8 millions ? Quelqu'un a-t-il la réponse? Quelqu'un a - t- il posé la question au ministre? Tout le monde est d'accord avec le prolongement de cette ligne de métro à Montréal. Il dépense 38.8 millions pour faire quoi alors? Pas 3.8 millions, j'ai bien lu 38.8 millions , oui 38.8 millions de nos taxes. Expliquez-moi quelqu'un s'il vous plaît comment on peut dépenser 38.8 millions , car ce chiffre est très précis, en papier. Dix économistes à 100 000$ par année pendant deux ans coûtent 2 millions, ont-ils besoin de 36.8 millions de budget ????????

    Yves Capuano, économiste

  • Pierre-E. Paradis - Inscrit 20 septembre 2013 14 h 28

    Réserves foncières

    RadCan annonce que «les réserves foncières aux intersections visées par le prolongement ont déjà été mises en place par l'adoption d'un décret.»

    Au moins, on est certains que le gouvernement n'aura pas à racheter des terrains pour 10 fois leur valeur. C'est précisément ce qui a fait gonfler la facture du train de l'Est.