Interrogatoire de Couillard par l'UPAC - Paradis doute de la «coïncidence»

Le député libéral de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le député libéral de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis

Québec — Après le néophyte Robert Poëti, c’est au tour du vénérable député libéral Pierre Paradis d’exprimer des doutes sur la coïncidence entre la rentrée parlementaire - assombrie - des libéraux, et la révélation que l’Unité permanente anticollusion (UPAC) a procédé en juillet à une perquisition à la permanence du parti, puis l’interrogatoire du chef Philippe Couillard effectué mercredi à son domicile par des policiers de la Sûreté du Québec.

 

« Pourquoi c’est arrivé au début de la session parlementaire ? Ça serait arrivé avant et ça aurait pu arriver un peu plus tard, a supputé jeudi Pierre Paradis, qui, en 30 ans de vie politique, en a vu de ces drôles de coïncidences. Je me pose la même question que vous me posez. Et je n’ai pas de réponse à vous donner. »

 

Pierre Paradis n’est pas prêt à affirmer que l’UPAC poursuivait d’autres objectifs que de mener son enquête. Mais il a des doutes. « En politique, vous avez un doute sur tout. Vous devez même douter de vous-même parfois », a-t-il dit, sourire en coin.

 

Mercredi, le député de Marguerite-Bourgeoys, Robert Poëti, un ancien policier de la SQ, laissait entendre qu’alors que s’amorce la rentrée parlementaire, l’interrogatoire de Philippe Couillard qui suivait la perquisition ébruitée n’était pas le fruit du hasard.

 

Si les policiers de la SQ ont interrogé Philippe Couillard, l’ancien chef libéral et premier ministre Jean Charest, lui, n’a pas été inquiété. À son bureau chez McCarthy Tétrault, on a confirmé au Devoir que les policiers ne l’avaient pas rencontré, ni qu’ils avaient demandé à le rencontrer.

 

Pierre Paradis ne craint pas que l’enquête menée par l’UPAC menace la survie du PLQ ; le parti n’en est pas à sa première « crisette », estime le député. « Le Parti libéral transcende les différentes décennies au Québec. C’est un parti qui a duré parce que les valeurs du parti sont solides. Ce sont des valeurs de droit et de liberté individuelle. C’est un parti qui est attaché au Canada. Ces valeurs-là font en sorte qu’à travers les crisettes, on peut traverser - et on n’en connaît pas l’ampleur -, on survit toujours », a-t-il avancé.

 

La crédibilité de l’UPAC

 

Jeudi, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a accusé les libéraux de miner la crédibilité de l’UPAC avec leurs allusions. « Est-ce qu’on doit comprendre que parce que tout à coup, le Parti libéral est sous la loupe de l’UPAC, cette structure que ce parti se targue d’avoir mise en place n’a plus la crédibilité requise pour faire son travail ? »,s’est insurgé le ministre.

 

« Si c’est le cas, qu’on pose la question directement, qu’on le dise et qu’on cesse ces sous-entendus malsains qui, je pense, minent la crédibilité de l’UPAC », a-t-il poursuivi.

 

Son collègue, Pascal Bérubé, ministre délégué au Tourisme, s’était découvert un intérêt pour la question. Il a dit souhaiter que Robert Poëti précise sa pensée quand il évoque que « l’agenda de l’UPAC serait soumis à des impératifs politiques ». Ce sont des accusations « extrêmement graves », croit le ministre.

16 commentaires
  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 20 septembre 2013 02 h 59

    C'est plutôt au Parti libéral de nous expliquer...

    Pourquoi les perquisitions de juillet au bureau du Parti libéral n'ont pas été publiées? On pourrait plutôt croire que l'UPAC voulait couvrir le Parti libéral. Mais comme l'affaire s'est révélée, alors l'UPAC s'est empressée de tout révélé, même M.Couillard a dès lors cru bon d'en informer ses députés. En tout cas, c'est ce que je crois.
    En passant, qui avait nommé le chef de l'UPAC? Le PQ ou le PLQ?

    Nephtali H.

    • Richard Coulombe - Inscrit 20 septembre 2013 08 h 16

      Le PLQ bien entendu. Mais son patron, Mario Laprise a été rapidement nommé par le PQ juste après les élections. On attend toujours les explications de Lafrenière. Pourquoi n'a-t-il pas avisé les médias comme il l'a fait pour les perquisitions, arrestations et interrogatoires précédents?

  • Daniel Gagnon - Abonné 20 septembre 2013 05 h 12

    Pierre Paradis rap-Porteur du Docteur Couillard

    Pierre Paradis, le ministre malheureux, l'exilé de Jean Charest, monte aux barricades pour défendre le Docteur Couillard... a-t-il plus de crédibilité en se faisant le rap-Porteur du Docteur?

    Cherche-t-il à reprendre du galon dans un très hypothétique futur gouvernement libéral? Le fameux Docteur lui a-t-il promis en sourdine un ministère?

    Pour ralentir l'irrésistible descente aux enfers du Docteur Couillard, et du parti renégat et félon, on utilise les anciens exilés, les bannis, les rustiques dinosaures, on les remet en circulation avec méthode et cynisme, en leur faisant marteler leur innocence à l’ère charestienne.

    • Claude Lafontaine - Abonné 20 septembre 2013 15 h 37

      C'est pathétique en effet de voir les "cheerleaders" du PLQ se démener pour défendre la réputation de leur parti et en général pour défendre l'opposé de n'importe quelle position du PQ.

      Depuis l'ouverture de la nouvelle session parlementaire, M. Couillard ayant choisi de demeurer en dehors du parlement à quadriller le Québec en essayant de se vendre et de recruter de nouveaux candidats qui pourraient ledorer le visage de son parti, ces "cheerleaders" y vont de toute l'arrogance et la mesquinerie dont ils ont la marque de commerce pour défendre leur fort, ils tirent sur tout ce qui bouge, ils recherchent, trouvent et s'accrochent comme des pitbouls à tout ce qui peut ressembler à des faux pas de leurs adversaires, histoire de gagner du temps, de faire diversion, parfois on peut même se demander s'ils savent bien ce qu'ils font.

      Ce qui m'intrigue le plus dans tout ça c'est de voir des résultats de sondage qui accordent encore un certain nombre de vote à pareil parti politique, avec ce que nous savons maintenant du bilan de leurs 9 années au pouvoir; c'est désolant mais ça veut dire que leur tactique de diversion fonctionne malgré toutes leurs mesquineries !

  • Martin Simard - Inscrit 20 septembre 2013 07 h 14

    Opération "contrôler les dommages"

    Le Parti Libéral tente par tous les moyens de faire du "dammage control" et ça se comprend. Mais nous ne sommes pas dupes.

    Remettons les choses en perspectives. C'était écrit dans le ciel que le Parti Libéral allait être éclaboussé pour des dossiers de financement politique illégal, de collusion pour accorder des contrats aux amis du régime, etc. Et aujourd'hui, on est surpris? Et on accuse le gouvernement d'utiliser la police a des fins politiques? Ridicule! On savait que dela allait arriver tôt ou tard. B'en voilà, c'est arrivé. De toute évidence, le "timing" ne convient pas à certains, mais l'intéret publique est servi. La commission doit aller au fonds des choses, et nous avons le droit de savoir. Les ripoux sont démasqués...

  • Patrice Vaillancourt - Abonné 20 septembre 2013 07 h 36

    L'épave

    Député depuis l'époque Lesage, j'imagine que Monsieur Paradis doit en avoir beaucoup à raconter. J'aime les libéraux : ''je ne sais pas ; je ne veux pas savoir. Ce que les gens veulent entendre est : économie.'' Sans oublier le pourboire ;-)

  • Cyril Dionne - Abonné 20 septembre 2013 07 h 46

    Ce n'est pas M. Couillard qui a repris les mots d'un certain Clint Eastwood en disant que si le Parti québécois se sentait chanceux, qu'il déclare une élection. Il était prêt disait-il, le coffre électorale était bien garni (avec les libéraux, on parle toujours d'argent). Est-ce que c'était parce qu'il avait trouvé un autre système d'enveloppes brunes, de prête-noms et que l'argent coulait encore à flot ?

    Quand est-il de tout cela maintenant qu'on sait que M. Couillard et le Parti libéral de Québec est dans la mire de l’UPAC ? Et je ne pense pas qu'on fasse des perquisitions parce qu'on n'a rien d'autre à faire.

    • Cyril Dionne - Abonné 20 septembre 2013 17 h 16

      Erratum

      ".... M. Couillard et le Parti libéral du Québec sont dans la mire..."