Commission Charbonneau - Sauvé attribue une subvention à sa présence à un cocktail du PLQ

L’entrepreneur en maçonnerie Paul Sauvé
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick L’entrepreneur en maçonnerie Paul Sauvé

L’entrepreneur en maçonnerie Paul Sauvé a fait un lien entre sa participation à un cocktail de financement du Parti libéral du Québec (PLQ) et l’octroi d’une subvention de près de 3 millions de dollars pour la réfection de l’église Saint-James.

 

M. Sauvé s’est senti forcé de participer à un cocktail de financement du nouveau ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, en novembre 2003, afin de dénouer l’impasse qui pesait sur le chantier de l’église Saint-James, piloté par son entreprise familiale, L.M. Sauvé.

 

Peu avant les élections, le gouvernement Landry avait promis le versement d’une subvention de 2,5 à 3 millions à l’Église unie du Canada pour la démolition des bâtiments qui obstruaient la vue sur ce bijou du patrimoine, sur la rue Sainte-Catherine. L’élection des libéraux de Jean Charest a changé la donne. Les promesses péquistes n’allaient pas être honorées dans un contexte de restrictions budgétaires et de réingénierie de l’État, a expliqué M. Sauvé à la commission Charbonneau.

 

Une ordonnance de non-publication a été levée en partie pour permettre aux médias de rapporter cet épisode.

 

Institutionnalisation

 

À la suggestion de son avocat et président du PLQ, Marc-André Blanchard, M. Sauvé a embauché la firme de communication BCP pour l’aider à obtenir la subvention. Jean-Louis Dufresne, un vice-président de BCP, lui a suggéré d’être plus actif. « Il y a une institutionnalisation du financement au Parti libéral, il y a une organisation qui est beaucoup plus forte, il y a beaucoup plus d’activités », a expliqué M. Sauvé.

 

M. Sauvé, ses employés et ses fournisseurs ont participé au cocktail du ministre Fournier tenu au Newton, en novembre 2003. Selon M. Sauvé, le cocktail avait été organisé par BCP, une information niée par l’agence. De 15 à 17 personnes gravitant dans le giron de L.M. Sauvé ont fait des dons de 1000 $. Les employés de L.M. Sauvé ont été remboursés par l’entreprise, ce qui constitue une infraction à la Loi électorale.

 

Durant cette soirée réunissant une cinquantaine de personnes, M. Sauvé a pu s’entretenir brièvement avec le ministre Fournier. « Et lorsqu’il est venu près de moi il m’a dit : “Ton projet est ben beau, mais j’ai 300 000 $ pour les églises dans tout l’ensemble du Montréal métropolitain” », a-t-il relaté.

 

L’entrepreneur était découragé, mais Jean-Louis Dufresne lui a dit de persévérer. Il a pu rencontrer le ministre Fournier en privé et il a sollicité des appuis auprès de ses collègues au sein du caucus libéral.

 

M. Sauvé a aussi participé à des cocktails pour les ex-ministres Line Beauchamp et feu Claude Béchard. Finalement, l’Église unie du Canada a obtenu sa subvention en décembre 2003. M. Sauvé, qui a témoigné parfois de manière confuse, ne peut affirmer avec certitude que l’octroi de la subvention est imputable à ses efforts de lobbying.

 

Fournier nie

 

À Québec, le chef de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier, a assuré que la participation de M. Sauvé à son cocktail de financement n’avait pas influencé sa décision. « Il n’y a aucun lien entre la participation à une activité de financement politique et l’octroi d’une subvention gouvernementale », a-t-il dit.

 

Le projet de réfection de l’église avait été autorisé par le PQ sans l’octroi des crédits nécessaires, a expliqué M. Fournier, ce pour quoi il a dû travailler fort pour trouver les fonds.

 

De son côté, BCP a nié « vigoureusement et catégoriquement » les propos de Paul Sauvé. « Il s’agit là de déclarations non factuelles et sans fondement », a fait savoir la firme par voie de communiqué. « BCP est une agence de communication et de marketing et non une agence de lobbying, ainsi, jamais n’a-t-elle agi à ce titre dans ce dossier », a ajouté l’agence.

 

 

Avec La Presse canadienne

4 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 20 septembre 2013 08 h 12

    Qui croire

    Sûrement pas les députés du PLQ.

  • François Dugal - Inscrit 20 septembre 2013 08 h 36

    Le choeur tragique

    Monsieur Fournier nie.
    BCP nie.
    Comme dans une tragédie d'Eschyle, le choeur réclame la vérité.

    • Michel Gagnon - Inscrit 20 septembre 2013 10 h 55

      Et M. Couillard ne veut rien savoir du passé.

  • Gilles Théberge - Abonné 20 septembre 2013 09 h 49

    Alors donc

    Si il est vrai que «Le projet de réfection de l’église avait été autorisé par le PQ sans l’octroi des crédits nécessaires, a expliqué M. Fournier, ce pour quoi il a dû travailler fort pour trouver les fonds».

    Quelques questions demeurent :

    D'abord le fait que le PQ aurait attribué la subvention sans égard à la présence de l'avocat de monsieur. Ce qui m ontre une certaine neutralité;

    Ensuite, après que monsieur eut apporté du financement au parti libéral et rencontré le ministre Fournier, ce dernier a fini par trouver les fonds.

    Mais dans la tête de Jean-Marc fournier, 1+1 égale huit...

    Je propose que Jean-Marc fournier soit le prochain récipiendaire de la médaille Field.