Maria Mourani réfléchit à son avenir comme militante indépendantiste

Maria Mourani a annoncé vendredi matin qu'elle demeurerait députée indépendante d'Ahuntsic jusqu'aux prochaines élections fédérales.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Maria Mourani a annoncé vendredi matin qu'elle demeurerait députée indépendante d'Ahuntsic jusqu'aux prochaines élections fédérales.

La députée Maria Mourani persiste et signe: il n'y a aucun espace pour un accommodement raisonnable entre elle et la charte québécoise des valeurs dans sa facture actuelle.

«Congédier des femmes des centres de la petite enfance parce qu'elles portent une croix ou un foulard, ou un homme d'un hôpital parce qu'il porte une kippa ou un turban, je ne peux pas souscrire à une telle politique», a déclaré la députée fédérale d'Ahuntsic, vendredi à Montréal, au lendemain de son expulsion du caucus du Bloc québécois.

Mme Mourani, qui a à son tour quitté le Bloc, demeurera députée de la circonscription du nord de Montréal jusqu'à la fin de son mandat et affirme ne rien regretter de ses propos.

«Vous savez, quand je parle, c'est mûrement réfléchi. Et je pense que ce qui se passe actuellement est inacceptable pour le mouvement indépendantiste», a-t-elle dit lors d'un point de presse dans son bureau de comté, précisant qu'elle réfléchit à son avenir comme militante indépendantiste.

«Est-ce que les gens comme moi qui viennent d'ailleurs, qui s'intègrent au Québec, qui deviennent des citoyens à part entière, est-ce qu'ils ont leur place dans le mouvement indépendantiste?» a-t-elle demandé, tout en admettant qu'elle n'a pas encore de réponse à cette question.

Dommages collatéraux

Il est clair dans son esprit, toutefois, que la manière dont ce débat a été lancé provoque des dommages collatéraux à plusieurs niveaux, à commencer par le Bloc québécois.

«Pour le Bloc, j'avoue que la stratégie... pas fort du tout», a-t-elle laissé tomber, rappelant qu'elle était jusque-là la seule femme et la seule représentante issue de l'immigration du caucus. «Je m'amusais d'ailleurs à leur dire: je suis 100 % du caucus féminin et 100 % du caucus multiethnique (...), mais bon, ç'a l'air qu'ils ne l'ont pas compris.»

Elle estime que le gouvernement péquiste, avec cette charte, cause un tort immense non seulement à la cause indépendantiste, mais aussi à l'image du Québec dans le reste du Canada.

«On nous décrit comme xénophobes, comme racistes dans les autres médias (canadiens). Il faut le reconnaître. (...) Nous ne sommes pas comme ça, mais des politiques telles qu'on le voit avec cette charte très maladroitement amenée font en sorte que notre image en prend un coup», a-t-elle dit.

Quant aux efforts visant à obtenir l'adhésion des communautés culturelles au projet de Québec souverain, Mme Mourani souhaite bonne chance au mouvement indépendantiste. «Les gens sont extrêmement blessés; le lien de confiance est brisé et vous savez comment le lien de confiance, c'est quelque chose qui se bâtit d'année en année.»

Des critiques

François Leblanc, qui était directeur du cabinet de l'ancien chef bloquiste Gilles Duceppe, lui a donné raison dans un échange sur Twitter qui se concluait ainsi: «Déçu moi aussi pour tous ceux qui ont mis tout ce temps et ces énergies à bâtir ce qui avait un rôle unificateur à jouer».

La décision du chef du Bloc québécois a aussi été dénoncée par une centaine de militants indépendantistes qui ont signé une pétition lancée sur Facebook et qui est portée par l'ancien président du Nouveau Mouvement pour le Québec, Jocelyn Desjardins. «À la lumière des circonstances, il faut se demander si le Bloc québécois cherche toujours à défendre à Ottawa les intérêts de tous les Québécois ou les intérêts du Parti québécois», a écrit M. Desjardins.

Maria Mourani s'est interrogée à voix haute quant à savoir si le débat s'inscrivait dans une «stratégie électoraliste identitaire» qui s'articulerait au détriment de la défense des droits fondamentaux de la personne.

«Tout au long de ma militance, j'ai vu qu'il existait une tension au sein du mouvement indépendantiste. Mais les leaders du mouvement et la majorité militante réussissaient toujours à chasser les démons de l'intolérance populiste lorsque venait le temps d'élaborer des politiques. Je me pose la question: ce temps, est-il révolu?»

Elle s'en est aussi prise ouvertement à Pauline Marois qui vantait le modèle français cette semaine.

«On semble vouloir se calquer sur le modèle français qui est un désastre au niveau de l'intégration», s'est exclamée la députée, rappelant la situation des Arabes et des Africains dans les banlieues parisiennes.

En faisant sa sortie vendredi matin, Mme Mourani a souligné ses origines libanaises et sa religion, catholique maronite, qu'elle affiche par une croix au cou, bijou qu'elle porte depuis l'enfance.

La députée dit avoir reçu des centaines de courriels et d'appels pour appuyer sa position contre la charte des valeurs proposée par le gouvernement péquiste.

Pas d'intervention du PQ

Le chef bloquiste Daniel Paillé n'est pas intervenu publiquement, vendredi, toutefois, préférant envoyer le député André Bellavance au bâton. Celui-ci a tenu d'abord à préciser que le Parti québécois n'était intervenu à aucun moment dans la décision de congédier Mme Mourani.

Selon M. Bellavance, le Bloc n'a eu d'autre choix que d'agir ainsi devant la teneur des propos de la députée d'Ahuntsic, prononcés au nom du parti.

«Mettez-vous dans ma peau de député du Bloc québécois. J'ai ma collègue qui est identifiée comme députée du Bloc québécois et qui commence à parler de nationalisme ethnique, de Jean-Marie Le Pen, d'exclusion, de persécution à des propos que (le chef du Parti libéral du Canada, Justin) Trudeau, (le chef du Parti libéral du Québec, Philippe) Couillard, (le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas) Mulcair n'ont même pas tenus», s'est-il défendu.

M. Bellavance rappelle que le Bloc, au moment de la publication du projet de charte, avait dit appuyer la démarche et rappelé la position du Bloc devant la commission Bouchard-Taylor, qui diffère de celle du gouvernement Marois sur la question du port de signes religieux ostentatoires.

Mme Mourani affirme avoir été fidèle à cette position adoptée par le Bloc en 2007, mais M. Bellavance ne l'entend pas ainsi.

«Comme député du Bloc québécois, ces comparaisons avec Jean-Marie Le Pen etc., on a beau être pour la charte à 100 pour cent, à la virgule près, on a beau être pour la charte avec certaines nuances, on a beau être contre la charte, ce sont des propos que j'aurais dénoncés fortement s'ils étaient venus de n'importe quel adversaire. Et là, c'était quelqu'un de mon caucus et qui, veut, veut pas, parlait en mon nom.»

«Maintenant, elle va pouvoir — en son nom personnel — dire ce qu'elle veut, même si je pourrais être en accord ou en désaccord, au moins je ne suis pas associé à ça», a conclu M. Bellavance.

Quant au reproche fait par la députée expulsée d'avoir aliéné les communautés culturelles, M. Bellavance n'a offert que ce commentaire: «ce n'est pas l'intention de la charte des valeurs québécoises parce que ça se veut inclusif. Et le travail se fait avec tout le monde. Actuellement, il y a une discussion qui se fait, qui est ouverte.»

Kenney applaudit Mourani

Bien que le gouvernement Harper se soit montré extrêmement prudent dans ses commentaires sur la charte jusqu'ici, le ministre fédéral Jason Kenney a offert des applaudissements très publics à Mme Mourani, sur son compte Twitter.

«Même si nous sommes en désaccord sur plusieurs points, je respecte Maria Mourani en tant que députée assidue, motivée et passionnée au Parlement», a-t-il écrit jeudi soir.

Depuis deux jours, le ministre Kenney affiche comme identification de son compte Twitter une photo de lui portant un foulard sur la tête pour visiter un temple sikh en Inde.
65 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 13 septembre 2013 11 h 15

    Identité

    Je l'ai entendue parler à Radio-Canada tout à l'heure. Elle a raison sur le point de l'identité à mon avis. Cette question d'identité n'est pas résolue ici. Il y a une confusion et surtout, on met la charrue avant les boeufs. En effet, avant les tergiversations sur l'identité collective il y a l'identité individuelle à construire. Ça se fait, en métaphysique sans religion, par l'auto-constitution radicale d'une identité êtrique.

    • Louka Paradis - Inscrit 13 septembre 2013 12 h 22

      Avons-nous le droit d'affirmer ce que nous sommes sans être accusés d'être intolérants ? Mme Mourani a exégéré dans ses propos en traitant les souverainistes ni plus ni moins de «fascistes» (nationalisme ethnique). Elle devrait s'excuser au lieu de jouer à la victime. Personne n'a parlé de «congédier» des femmes qui travaillent dans les CPE : encore une exagération pour culpabiliser.
      Elle rejoindra probablement son grand ami Amir Khadir à QS, car ce parti défend le droit des femmes de porter le voile dans la fonction publique.

      Louka Paradis, Gatineau

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 13 septembre 2013 13 h 34

      C'est quoi le rapport, Louka? Il faut écraser certaines identités minoritaires pour affirmer qui «nous» sommes? Je n'ai jamais compris cette idée. Pouvez-vous me l'expliquer? J'imagine que le «nous» fait référence à la majorité Canadienne-Française. Est-elle opprimée par les identités minoritaires?

    • Sébastien Arcand - Abonné 13 septembre 2013 15 h 01

      Oui, c'est quoi le rapport? Franchement, il y en a qui ne font pas dans la dentelle avec le 'nous'. Mme Mourani n'a jamais dit que les souverainistes étaient des fascistes. C'est du détournement de sens. Et je me demande bien qui joue à la victime dans tout cela. En tous les cas, en tant que personne qui correspond en tous points à la conception que vous avez de «Notre Nous», je vous dis que je n'en suis pas. Et de grâce, ne m'accusez pas d'être un multiculturaliste-fédéraliste-trudeauiste. J'ai toujours voté pour le PQ par le passé. Et ma colonne vertébrale se porte très bien merci...

    • J-F Garneau - Abonné 13 septembre 2013 15 h 19

      C'est quoi le rapport Mme Paradis? Mme Mourani devrait s'excuser d'avoir une opinion? Pouvez-vous me l'expliquer?

    • Réal Ouellet - Inscrit 13 septembre 2013 16 h 15

      Vous pourrez voir ici que même les britanniques parlent d'identité. Lisez ce compte-rendu des propos tenus par le premier ministre Cameron.

      http://www.bbc.co.uk/news/uk-politics-12371994

    • André - Inscrit 13 septembre 2013 16 h 35

      @ Leblond
      Il y avait un problème avec l’accès au lien. Le revoici

      Voici un exemple de minorités écrasées par votre soi-disant majorité canadienne-française :
      http://www.radio-canada.ca/audio-video/media/2013/

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 13 septembre 2013 16 h 52

      Vous venez d'inverser mon propos, M. Laflamme. J'ai écrit, en quoi est-il nécessaire d'écraser pour s'affirmer? Je n'ai pas dit que nous écrasions les autres. Mais je ne veux pas que nous commencions à le faire, et je ne vois pas le besoin de le faire pour affirmer la culture Québécoise.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 septembre 2013 17 h 21

      @ Louka Paradis

      Il semble présentement qu'il faut toujours s'excuser lorsqu'on émet une opinion contraire à nos anti-chartistes. Tactique bien connue, ils essaient d'intimider les opinions de la majorité des québécois par l'utilisation excessive de la rectitude politique. Et donc, beaucoup ont peur d'exprimer une opinion de crainte d'être traité de raciste. C'est ce qu'on appelle un chantage théocratique de la part de nos amis de la mouvance multiculturaliste et fédéraliste.

    • Patrick Boulanger - Abonné 13 septembre 2013 18 h 32

      @ Mme Paradis

      À mon avis, vous exagérez avec votre « fascisme » et dans le même commentaire vous déplorez qu'on utilise une « exagération pour culpabiliser ».

    • jean Gilbert - Inscrit 13 septembre 2013 21 h 44

      Mme Mourani n’a pas compris la différence entre un ‘nationalisme ethnique’, basé sur l’hérédité et la généalogie .... et un ‘nationalisme linguistique et culturel’ qui lui permet à quiconque voulant s’intégrer, peu importe son origine ethnique, de faire partie de la nation pourvu qu’il adhère aux lois, à la langue et aux valeurs communes … mais on se doute qu'elle le sait très bien et qu'elle a exagéré ...

    • Solange Bolduc - Inscrite 14 septembre 2013 11 h 35

      Je suis tout à fait d'accord avec vous, mme Paradis ! On nous en mets très épais sur le dos, et Mme Mourani la première qui semble, à mon humble avis, jouer un petit jeu très dangereux.

      Elle menace de couper ses liens avec les indépendantistes pour faire le jeu de ceux qui n'acceptent pas que la sociéte expriment des valeurs qui leur sont propres, croyant ainsi (et c'est là l'aspect démagogique) que l'on veut les empêcher d'exprimer les leurs dans le privé par-dessus le marché...

      Pour attiser la peur, la division, alors que le PQ cherche sincèrement une solution pour raccoder mnos différences tout en ne voulant pas nier les droits des individus partout, mais en instaurant certaines balises pour ceux qui travaillent pour l'État.

      Et pendant que l'on cherche des solutions pour tous, Mme Mourani n'a de cesse de grimper dans les rideaux !

      Et quand je pense qu'en pleine émission de télévision elle disait à Mme Beaucdoin: "Mais vous êtes bien émotive!"

      Elle ne l'est surtout pas puisqu'elle ne fait que ça...

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 15 septembre 2013 07 h 37

      Mme Bolduc, ce n'est peut-être qu'une tournure de phrase inculquée profondément dans notre «culture», mais je vous demande instamment de donner votre avis à l'opposé de «humblement». Criez-le haut et fort, de toute votre âme (que je vois grande).

      L'humilité, ça a assez duré et ça nous a fait assez de mal. On ne s'excuse pas d'avoir une opinion, on la proclame !

      «Il est très difficile de s'exprimer honnêtement en laissant de côté tout ce qui nous a été inculqué. Ce doit être un effort constant que de s'exprimer avec le plus d'honnêteté possible !» Bruce Lee

      Excellente journée à vous.

    • Solange Bolduc - Inscrite 15 septembre 2013 11 h 58

      M. Lefebvre, je vais vous répondre par une anecdote:

      Un jour, étant dans la piscine avec une amie, nous parlions de choses et d'autres, et malgré que je ne sois pas croyante, il m'arrive souvent de dire, lui avais-je dit, "merci mon Dieu". L'amie en question m'a répondu : "Mais pourquoi tu ne dis pas "Merci Solange"!

      Vioilà un fait de culture religieuse quand on dit "à mon humble avis", ou "bien humblement"...Élevée chez les religieuses, quand on s'affirmait on nous traitait d'orgueileux ou de vaniteux...Aujourd'hui je n'ai pas peur de m'exprimer, sincèrement vôtre !

  • Mario Laprise - Abonné 13 septembre 2013 11 h 42

    Gaffe

    Se tirer dans le pied comme l'a fait M. Paillé : impensable ! Manque flagrant de jugement. Donner de la sorte des munitions aux adversaires du gouvernement Marois et à ses projets, c'est d'une gaucherie inacceptable.
    Pour que je sache Mme Mourani est une personne réfléchie et modérée. Qu'elle mette des bémols au projet de chartre de la laïcité est tout à fait acceptable et alimente de façon positive le débat. Là, on la met sur la touche et il semble que d'alliée on en fasse une opposante. Gaffe inutile et nocive.

    Mario Laprise
    Québec

    • Isabelle Laporte - Abonnée 13 septembre 2013 13 h 48

      «Pour que je sache Mme Mourani est une personne réfléchie et modérée.»

      En effet. Et parler de nationalisme ethnique était complètement déplacé. Faites des recherches, si vous ignorez le poids de cette expression. C'est une des pires insultes qui puissent êtres faites à un démocrate.

      Comme elle ne revient pas sur ses paroles, c'est qu'elle les maintient. Soit. Je comprends le chef du Bloc de lui avoir demandé de quitter le caucus, dans la mesure où de traiter plus de la moitié des Québécois d'adaptes du nationalisme ethnique, ça ne cadre pas trop avec la misison du Parti.

      Cela dit, je regrette les événements et espère qu'elle poursuivera sa carrière politique.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2013 14 h 22

      Eh bien, madame Laporte, bien des éléments de la charte sur les valeurs québécoises peuvent être interprétés de manière ethnique, et c'est justement là que le bât blesse.

    • J-F Garneau - Abonné 13 septembre 2013 15 h 08

      Pourquoi Mme Laporte? C'est pourtant le cas.
      Qu'est-ce qui vous choque et vous cause à dire que c'est "déplacé"?

      Wikipedia nous dit : "Dans le nationalisme ethnique, l'État tire sa légitimité politique de son statut de patrie du groupe ethnique ainsi que de sa fonction de protection contre la colonisation, la persécution, ou le racisme envers cette ethnie, mais aussi de sa prétention à favoriser la vie culturelle et sociale propre à celle-ci."

      C'est pas mal ça à 100%.

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 13 septembre 2013 11 h 44

    Merci Mme. Mourani

    Tout ce que je souhaite, c'est que cette stupidité du Bloc Québécois, qui a probablement réagi à des pressions venant du gouvernement provincial, entraîne une ouverture vers l'indépendantisme dégagé du nationalisme.

    La fin du Bloc et du PQ pourrait conduire à un nouvel horizon indépendantiste progressiste. La volonté de se conserver au pouvoir en divisant n'aide que le PQ, en aucun cas l'indépendance.

    • Yves Gingras - Inscrit 13 septembre 2013 16 h 09

      Je suis entièrement d'accord. Le PQ (et le Bloc, sa filiale à Ottawa) est constitué à partir de deux clans. Un premier, progressiste, est ouvert à la diversité tandis qu'un deuxième, plutôt conservateur, se veut le représentant d'un nationalisme frileux qui a peur de tout ce qui n'est pas "pure laine". J'espère que les indépendantistes "ouverts" sauront faire reculer Madame Marois. Sinon, ils devront quitter le PQ.

      Actuellement, ce sont les fédéralistes qui se réjouissent de ce merdier. N'oubliez pas que les indépendantistes ne pourront pas gagner un référendum sans l'appui des immigrants.

  • Pierre Samuel - Inscrit 13 septembre 2013 12 h 19

    Le boomerang...

    Peut-on réellement la blâmer, puisque les principaux représentants de «l'option souverainiste», toujours aussi mal définie que cette «charte fourre-tout» dite des «valeurs québécoises» à des fins purement électoralistes, se montrent enfin sous leur vrai jour... Où sont les véritables héritiers des René Lévesque, Gérald Godin et compagnie?

    Que l'on puisse en plus s'imaginer un futur gouvernement péquiste majoritaire et un référendum gagnant concernant une éventuelle «indépendance-souveraineté-association ou n'importe quoi advienne que pourra...» relève désormais de la pure hallucination si ce ne l'était déjà depuis belle lurette...

  • Jean Lengellé - Inscrit 13 septembre 2013 12 h 45

    Peut-elle vraiment se présenter comme indépendantiste?

    Même si je doute quelquefois du bien-fondé du prétendu "nous" je suis convaincu qu'un désir d'indépendance doit être viscéral et reposer sur un vécu de brimé et de méprisé par un pouvoir quelconque, pour justifier le désir de s'en libérer.
    Par conséquent, à l'instar de la législation US pour l'élection de leur Président, il me semble qu'une condition fondamentale pour se présenter à l'électorat en réclamant l'indépendance, devrait être d'être né(e) ici, et bien évidemment d'avoir été victime du pouvoir.
    On dit, et visiblement avec justesse dans ce cas-ci, que les convertis sont plus extrémistes que les membres d'une communauté ancienne.
    Pas plus dans le cas de Mme Mourani, que dans le cas de la candidate péquiste dans Trois-Rivières, je ne peux croire à la profondeur de leur cause.
    Je crois fondamentalement à l'obligation de la laïcité pour permettre une société juste, mais bien évidemment en autant que le combat pour l'obtenir repose sur autre chose que sur l'imaginaire.
    Je persiste à croire qu'un referendum soit souhaitable, mais à la condition expresse que seules les personnes au minimum de la deuxième génération, don nées ici puissent y participer.
    La culture identitaire, et sous-entendu sa défense, ne peut s'acquérir que par le vécu sociétal depuis la prime enfance.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 13 septembre 2013 13 h 36

      «il me semble qu'une condition fondamentale pour se présenter à l'électorat en réclamant l'indépendance, devrait être d'être né(e) ici, et bien évidemment d'avoir été victime du pouvoir.»

      Mais quand on mentionne la dérive vers le nationalisme ethnique, on se fait mettre au pilori.

      Pourtant c'est dans vos propres mots!!!

    • Nicolas Vincent - Inscrit 13 septembre 2013 16 h 04

      "une condition fondamentale pour se présenter à l'électorat en réclamant l'indépendance, devrait être d'être né(e) ici"

      SVP M.Lengellé, faites-nous savoir que vous avez fait une faute de frappe. J'en ai la nausée.

    • Claude Simard - Inscrit 13 septembre 2013 18 h 19

      Il y a un commentaire parmi ceux que j'ai pu lire parmi les différents médias qui me laisse songeur et qui m'a rejoint est celui-ci; ''- Il me semble que sa réaction (de ne pas suivre les règles de sa formation politique et ensuite se définir comme victime) illustre bien ce qui m'inquiète chez tous les fondamentalistes religieux : La conviction inébranlable que la nature religieuse de leurs convictions les rend supérieures à toutes les autres convictions, règles ou considérations, qu'elles soient d'ordre politique, philosophique ou social. C'est, à mon sens, un déni direct de l'égalité entre tous les citoyen(e)s. '' pris sur le site de radio-canada par Louis carrier de Québec.