Charte des valeurs québécoises - Réactions mitigées dans le monde municipal

Unanimité à Montréal à l’encontre de la Charte

Pour une fois, les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal sont d’accord et dénoncent la proposition de Charte. Richard Bergeron comme Marcel Côté, Denis Coderre et Mélanie Joly ont affirmé que s’ils étaient portés au pouvoir le 3 novembre, ils demanderaient que Montréal puisse s’y soustraire. Denis Coderre a même suggéré qu’un statut particulier soit accordé à tout le territoire afin que l’ensemble des établissements qui s’y trouvent en soit exempté. « On institutionnalise la discrimination », croit M. Coderre. « Le travail est le meilleur moyen d’intégration des nouvelles communautés à la société québécoise », a pour sa part souligné M. Bergeron, qui voit dans l’interdiction des signes religieux « une mauvaise nouvelle » pour les Montréalais et surtout les Montréalaises. M. Côté s’est réjoui de l’unanimité des candidats à la mairie : « C’est Montréal qui parle », a-t-il dit. Personne à Montréal n’a réclamé cette Charte, a fait remarquer Mélanie Joly : « C’est un faux problème », a-t-elle dit.

Labeaume n’est pas contre

Le maire de Québec n’a pas d’objections contre la Charte. À moins d’un changement, il n’a pas l’intention de se prévaloir du droit de retrait donné aux municipalités. « Comprenons-nous bien, c’est un problème qui est beaucoup plus montréalais », a-t-il dit. Dans le passé, M. Labeaume avait identifié deux irritants potentiels : la tradition de l’aumônier des fonctionnaires, policiers et pompiers, ainsi que la messe de la Fête de la ville du 3 juillet. Or, a-t-il expliqué, il semble que la croix de l’aumônier ne soit pas ostentatoire et que la messe puisse désormais être sous la responsabilité du diocèse plutôt que de la Ville.

Mutisme à Saguenay

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, n’a pas voulu commenter la présentation de la Charte mardi. Il y a quelques jours, il avait laissé entendre qu’un tel exercice n’était peut-être pas nécessaire. Le politicien, qui a entrepris une croisade judiciaire pour pouvoir continuer de réciter le Notre Père au conseil municipal, n’est par ailleurs pas visé par le document, puisque les élus en sont exemptés.
1 commentaire
  • Simon Chamberland - Inscrit 12 septembre 2013 16 h 04

    Fier des Montréalais

    Ironiquement, alors que la Charte est proposée pour répondre à un «problème urbain» (expression gentille pour dire Montréalais), l'ensemble des élus Montréalais la rejette, parce les Montréalais ne font pas de crise de nerfs à la vue d'un voile ou d'une Kippa.

    Par contre, en région, on est bien content. Faut dire que le danger guette : selon Mme Marois, sans la Charte, on est sur le bord des émeutes et des lancer de bombes.