Signes religieux - Québec fait fausse route, dit la Fédération des femmes

La présidente de la FFQ, Alexa Conradi
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir La présidente de la FFQ, Alexa Conradi

Les groupes de femmes ne font pas la même lecture des propositions du gouvernement péquiste en matière de laïcité de l’État. Si l’affirmation de l’égalité entre les hommes et les femmes reçoit un appui unanime, la Charte des valeurs québécoises rate en partie la cible, selon la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

 

« Pour nous, être croyant et l’afficher avec une croix, une kippa ou un foulard, ça n’empêche pas les gens d’adhérer aux valeurs de l’égalité, de justice sociale, de solidarité et de croire même à la neutralité de l’État », croit la présidente de la FFQ, Alexa Conradi.

 

Elle appuie la laïcité de l’État et se réjouit de l’importance accordée par le gouvernement à l’égalité entre les hommes et les femmes, mais croit que celui-ci fait fausse route en interdisant aux employés de l’État le port de signes religieux ostentatoires. « À ce que je sache, il n’y a pas de crise de la fonction publique et des services offerts. Alors, pourquoi intervenir à ce niveau-là ? ajoute-t-elle. Faire disparaître les signes religieux du personnel de la fonction et des services publics fera plutôt disparaître des emplois précieux pour des femmes croyantes qui, en majorité, adhèrent au même titre que les autres Québécois aux valeurs telles la justice sociale, l’égalité et la solidarité et qui agissent déjà en toute neutralité. »

 

De manière plus prudente, le Conseil du statut de la femme (CSF) s’est contenté mardi de saluer par voie de communiqué la volonté du gouvernement de placer l’égalité hommes-femmes au coeur de ses propositions. Il approuve l’affirmation d’un État laïque et l’intention gouvernementale de baliser les demandes d’accommodements.

 

Prudence au CSF

 

Le CSF indique qu’il analysera plus en détail les propositions du gouvernement avant de s’inviter dans le débat. Le contenu des avis qu’il a publiés en 2007 et en 2011 appuie néanmoins certaines propositions du gouvernement : modifier la Charte québécoise des droits et libertés pour y affirmer le caractère laïque de l’État et interdire aux agents de l’État de porter des « signes religieux nettement visibles ».

 

On peut lire dans un communiqué datant de 2011 « qu’un Québec respectueux de l’égalité entre les sexes ne peut continuer d’avancer sur la voie de la laïcité ouverte ».« Aujourd’hui, la laïcité ouverte, c’est la laïcité ouverte aux atteintes à l’égalité des femmes, y expliquait la présidente de l’époque, Christiane Pelchat. Rappelons que l’égalité entre les sexes est le droit le plus susceptible d’être compromis au nom de la liberté de religion. »

 

Le CSF, tout comme la FFQ, croit par ailleurs que le crucifix de l’Assemblée nationale devrait être retiré.

8 commentaires
  • Jean Martinez - Inscrit 11 septembre 2013 08 h 19

    La fédération des femmes du … Canada?

    La FFQ n'a aucune crédibilité à mes yeux. C'est une succursale du Parti du NPD. Elles sont pour le voile. Elles appartiennent au courant multiculturaliste intégriste qui veut effacer l'âme d'un peuple au profit d'une culture anglo-saxonne qui absorbera l'effacement de notre nation.

    • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 11 septembre 2013 14 h 31

      C'est ce qu'on appelle une perspective large un brin de paille.

      Intégriste ? Effacer l'âme d'un peuple ? Mais voyons donc... Le plus triste, c'est que ce projet que vous défendez vigoureusement est justement ça: effacer l'âme de ces peuples qui sont venus ici et qui enrichissent chaque jour nos vies. Mais évidemment, seuls les méchants fédéralistes voient les choses de cette façon.

  • Louise Gagnon - Inscrite 11 septembre 2013 10 h 19

    Voici ce que je retiens de cet article

    "... un Québec respectueux de l’égalité entre les sexes ne peut continuer d’avancer sur la voie de la laïcité ouverte ».

    « Aujourd’hui, la laïcité ouverte, c’est la laïcité ouverte aux atteintes à l’égalité des femmes, y expliquait la présidente de l’époque, Christiane Pelchat.

    Rappelons que l’égalité entre les sexes est le droit le plus susceptible d’être compromis au nom de la liberté de religion."

    Merci Mme Marois, vous avez mis le doigt sur le bobo.

  • Colette Richard-Hardy - Abonné 11 septembre 2013 11 h 20

    travail=égalité

    Comment dire que le fait de retirer des signes religieux, fera disparaître des emplois précieux. C'est du chantage point.
    L'intégration permet ce passage par la reconnaissance du pays que l'immigrant choisit.
    C'est un débat qui s'amorce pour reconnaître la voie à choisir dans le respect des uns des autres.
    Un signe religieux parle très fort, ce n'est pas une casquette de tennis ni un choix vestimentaire.
    Au travail comme fonctionnaire de l'État, nous accomplissons notre tâche en tout respect dans la neutralité, nous devons nous y conformer et s'y adapter.

    • Grace Di Lullo - Inscrit 11 septembre 2013 13 h 10

      Madame Richard-Hardy,

      Depuis hier,nous entendons des messages - si je ne peux porter cela, je ne pourrai travailler - je vais m'en aller. Je trouve que cela est présenté comme un ultimatum, un mode de chantage.

      Vous avez raison c'est du chantage.

      D'autant plus que lorsque l'on prend la peine de lire plusieurs de ces ultimatums, on se trouve devant l'histoire suivante...dans mon pays je ne portais rien, quand je suis arrivée ici je ne portais rien, mais depuis 3 ans je porte quelquechose et personne ne me le fera enlever c'est une question de vie ou de mort. On dirait que ce sont des combattantes allant sur le front!

      C'est du chantage et cela commence à me faire peur.

  • Franklin Bernard - Inscrit 11 septembre 2013 12 h 04

    Ne mâchons pas nos mots

    Si la FFQ évoque la disparition d'emplois pour les femmes, il s'agit bien là uniquement des femmes musulmanes voilées. Or le voile n'est pas imposé comme commandemant religieux dans le Coran ni les Hadiths. Bien des musulmanes pratiquantes à travers le monde, et même dans le monde musulman, ne le portent pas, sans se mettre en état de péché. Dans les textes, le voile est une recommandation vestimentaire de pudeur faite par les hommes, et aujourd'hui bien souvent imposée par eux, pour leur éviter la concupiscence. C'est le premier rempart contre le désir incontrôlé des hommes. Et puis s'ajoute le hijab, la robe longue, le niqab, la burqa.

    Il y a des musulmanes qui portent le voile librement et par choix personnel. Mais il faut y voir au mieux une méconnaissance de leur propre religion, au pire un lavage de cerveau. Ou encore, une simple coquetterie vestimentaire culturelle qui, si elle a droit d'être, ne constitue pas une obligation, et pourrait être abandonnée quelques heures par jour sans trop de drame.

    Alors comment la FFQ tolère-t-elle cette oppression envers la femme qu'est l'obligation de porter le voile, et ne voit-elle pas que la première discrimination vient d'abord de là?

    Demander aux musulmanes d'ôter leur voile dans leurs fonctions au service de l'État ne les mettra pas en état de péché. Par contre, cela affirmera l'égalité absolue entre ls femmes et les hommes entre eux, et face à l'emploi.

    En d'autres mots, la FFQ prend le problème par le mauvais bout.

    • Louka Paradis - Inscrit 11 septembre 2013 17 h 35

      Je suis tout à fait d'accord avec votre lecture de la situation. Un article intéressant sur la signification historique du voile, par un écrivain qui voit les choses de l'intérieur puisqu'il est Algérien :
      http://www.slateafrique.com/97015/linvention-du-vo

      Louka Paradis, Gatineau

    • Louka Paradis - Inscrit 11 septembre 2013 17 h 44

      M. Bernard, vous parlez d'un aspect intéressant concernant le port récent du voile par certaines jeunes femmes universitaires : «une simple coquetterie vestimentaire culturelle», dites-vous. Comme vous avez raison ! Il fallait voir la jeune musulmane voilée qui était sur le plateau de 24 h en 60 minutes, hier soir (10 sept), en entrevue avec Anne-Marie Dussault : on aurait dit un mannequin tout droit sorti d'un défilé de mode. Rien à voir avec le voile qui est imposé à ses soeurs opprimées de plusieurs pays où règnent les intégristes. On appelle ça «un miroir aux alouettes»...

      Louka Paradis, Gatineau