Sécurité ferroviaire - La pression s’accroît sur le gouvernement Harper

Pauline Marois, en compagnie du gouverneur du Vermont, Peter Shumlin. Ce dernier s’est personnellement engagé à porter la résolution au président américain, Barack Obama.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Pauline Marois, en compagnie du gouverneur du Vermont, Peter Shumlin. Ce dernier s’est personnellement engagé à porter la résolution au président américain, Barack Obama.

La Malbaie — À la demande du Québec, les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et les premiers ministres de l’Est du Canada ont voté à l’unanimité une résolution visant à améliorer la sécurité dans le transport ferroviaire. Pour Pauline Marois, cet appui de taille vient accentuer la pression que son gouvernement exerce sur Ottawa depuis la tragédie de Lac-Mégantic.

 

« Après une tragédie comme celle de Lac-Mégantic, nos concitoyens - qu’il s’agisse des Québécois ou des habitants des États voisins - s’attendent à ce que nous mettions tout en oeuvre pour éviter la répétition d’une telle catastrophe, a soutenu Pauline Marois à l’issue de la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada, qui se tenait à Charlevoix lundi. Le fait que nous soyons six gouverneurs et quatre provinces à témoigner de l’importance de cet enjeu, je crois que ça élève le niveau de pression sur le premier ministre canadien, M. Harper. »

 

Du Vermont à Washington

 

La résolution est assez vague : en plus de transmettre les condoléances de tous les signataires à la population de Lac-Mégantic et d’accroître le partage d’information, elle « exhorte les autorités fédérales canadiennes et américaines compétentes à prendre toutes les mesures nécessaires afin de renforcer la sécurité du transport de matière dangereuse par voie ferrée ».

 

En conférence de presse, Pauline Marois a précisé ses demandes, qu’elle juge « très raisonnables ». Elle souhaite que les règles qui ont été abandonnées ces dernières années puissent être remises en vigueur, que les entreprises déposent des garanties nécessaires pour couvrir les risques et que l’on assure un meilleur entretien des infrastructures. Elle espère une réponse positive d’Ottawa « le plus rapidement possible ».

 

Le gouverneur du Vermont, Peter Shumlin, s’est personnellement engagé à porter la résolution au président américain, Barack Obama. « Les gouverneurs et moi, nous avons une bonne relation avec le président, que nous rencontrerons à la Maison-Blanche au début janvier. Il est très sensible aux enjeux qui découlent de tragédies, c’est un président qui fait preuve de beaucoup de compassion, il a un coeur énorme et je suis convaincu qu’il sera très réceptif à notre demande. »

 

Hydroélectricité

 

Une résolution a également été adoptée sur l’aide mutuelle que peuvent s’apporter les États de la Nouvelle-Angleterre et les provinces de l’est du Canada. Car outre les accidents industriels, la région est sujette à de plus en plus de catastrophes naturelles en raison des changements climatiques, comme sont venus témoigner nombre d’experts tout au long de la journée lundi.

 

L’adaptation, mais également la lutte contre les changements climatiques, a été au coeur des discussions. Et pour plusieurs États de la Nouvelle-Angleterre, la solution passe notamment par une énergie plus verte et l’achat d’hydroélectricité québécoise. « Les citoyens du New Hampshire comprennent la valeur de l’énergie alternative pour faire face aux changements climatiques, et nous voulons nous assurer d’avoir un portefeuille qui comprend de l’énergie alternative, ce qui, pour nous, inclut une part d’hydroélectricité », a soutenu la gouverneure Margaret Wood Hassan.

 

La résolution qui a émergé de ces discussions est large, mais déjà, le p.-d.g. d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, y voit une avancée notable. « Ça fait plusieurs années qu’on participe à ces conférences, le sens général des échanges indique vraiment que la nécessité de réduire les gaz à effet de serre et d’aller chercher tout ce qu’il y a dans le panier des énergies renouvelables, c’est une grande priorité, ça fait consensus. Pour nous, c’est une très, très bonne nouvelle. »

 

Sur la question des véhicules écoénergétiques, les élus souhaitent que, d’ici 2020, 5 % de la flotte automobile de chacun des États et provinces soit composée de véhicules hybrides ou électriques. « Nous, au Québec, on souhaite que cet effort soit plus important », a toutefois précisé Mme Marois qui présentera, dans les prochains mois, la stratégie gouvernementale d’électrification des transports.

3 commentaires
  • Pierre Demers - Inscrit 10 septembre 2013 07 h 34

    Juridiction du Québec sur les transports dans le Québec.

    Juridiction du Québec sur les transports dans le Québec.
    Territoire du Québec: toute activité de transport sur notre territoire doit être soumise à la législation du Québec.
    Pierre Demers physicien LISULF 10IX2013

  • Alain Cossette - Inscrit 10 septembre 2013 10 h 55

    Véhicules écoénergétique

    Nos élus Mme Marois en tête, nous invitent à utiliser des véhicules plus respectueux de l'environnement et se fixent des onjectifs louables. En même temps, on voit un laisser aller total de la Sûreté du Québec et le la SAAQ en ce qui a trait au problème des véhicules circulant avec des silencieux modifiés quand il ne sont pas carrément éliminés.

    Par respect pour ceux et celles qui font l'effort demandé, toutes les organisations gouvernementales ont l'obligation de faire respecter les lois et règlement, ce que la Sûreté et la SAAQ ne font carrément pas. Cherchez l'erreur!

  • Daniel Gagnon - Abonné 10 septembre 2013 11 h 40

    Le Québec avec les Gouverneurs pour sortir de la gluante politique harpérienne

    Voilà une belle solidarité Québec/Vermont en face de la gluante politique harpérienne.

    Monsieur Harper n'aurait qu'à prolonger la fermeture du parlement... pour ne pas avoir à répondre et pour poursuive sur la lancée de son immoral manque de compassion envers les populations des petites villes que traversent ses trains bitumineux,

    Et laisser couler l'encre... ou plutôt laisser se répandre traîtreusement son pétrole sale dans nos rivières et nos lacs!