Charte des valeurs québécoises - Des balises sont nécessaires, dit Couillard

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a beau répéter depuis des semaines que le gouvernement Marois fabrique une crise de toutes pièces et que ce n’est pas ce qui préoccupe les Québécois « sur le terrain », Philippe Couillard n’a eu d’autre choix que de plonger à son tour, présentant la vision de son parti sur l’identité québécoise.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a beau répéter depuis des semaines que le gouvernement Marois fabrique une crise de toutes pièces et que ce n’est pas ce qui préoccupe les Québécois « sur le terrain », Philippe Couillard n’a eu d’autre choix que de plonger à son tour, présentant la vision de son parti sur l’identité québécoise.

Québec — Forcé de dévoiler son jeu dans le tumulte lié à la Charte des valeurs québécoises, Philippe Couillard reconnaît la nécessité d’avoir des balises plus claires pour encadrer les accommodements raisonnables, et ce, bien qu’il répète qu’il n’y a pas de problème au Québec.

 

« On ne veut pas participer à la création d’un climat de crise et d’inquiétude, mais on croit également qu’il y a un besoin de repères sur lesquels les gens s’entendent », a soutenu Philippe Couillard en point de presse à l’Assemblée nationale jeudi.

 

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a beau répéter depuis des semaines que le gouvernement Marois fabrique une crise de toutes pièces et que ce n’est pas ce qui préoccupe les Québécois « sur le terrain », Philippe Couillard n’a eu d’autre choix que de plonger à son tour, présentant la vision de son parti sur l’identité québécoise. Et ce, avant même que le gouvernement n’ait officiellement présenté ses orientations.

 

Liberté des fonctionnaires

 

M. Couillard veut baliser, par un cadre législatif et un guide d’application, la question des accommodements raisonnables - en se basant sur les principes de l’égalité entre les hommes et les femmes - et la prestation et la réception de services publics à visage découvert. « Ce dont nous parlons, ce sont des balises générales. La pire chose que l’on pourrait faire, ce serait d’écrire dans un projet de loi : si quelqu’un se présente à tel endroit et demande telle chose, on fait ceci ou cela. Ce n’est pas comme ça qu’on va régler ces situations-là, elles vont se régler sur le terrain. »

 

Comme le Parti québécois, le chef libéral veut également inscrire dans la Charte québécoise des droits et libertés « l’affirmation du principe de la neutralité religieuse des institutions de l’État ». Il se différencie toutefois du gouvernement Marois sur la question du port des signes religieux ostentatoires pour les employés au service de l’État, faisant une distinction très nette entre la neutralité des institutions et celle des individus.

 

Sur cette question, le PLQ sera intraitable, prévient Philippe Couillard. « Nous nous opposerons fermement à toute limitation des libertés individuelles des femmes et des hommes oeuvrant dans des organisations publiques, quelles que soient leurs fonctions […]. Les libertés individuelles, pour nous, sont absolument essentielles. On ne se rendra pas complices d’une atteinte aux libertés individuelles au Québec. »

 

Interculturalisme

 

Adepte de la laïcité ouverte, Philippe Couillard veut faire de l’interculturalisme un « modèle d’intégration et de gestion de la diversité » permettant de préserver le caractère distinct du Québec au sein du Canada.

 

M. Couillard, qui prône le renouveau des idées au PLQ, n’a pas réinventé la position de son parti sur la laïcité, reprenant les grandes lignes du défunt projet de loi 94 présenté en 2011 par le gouvernement de Jean Charest. « C’est essentiellement la même chose, de façon plus détaillée », convient Philippe Couillard.

 

Et bien qu’il affirme lui-même que des balises sont nécessaires, il refuse de donner raison au PQ sur la nécessité de ramener le débat sur la place publique. « Si on avait adopté le projet de loi 94 à l’époque, nous n’en serions pas rendus là. »

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