Québec pourrait reporter l’atteinte du déficit zéro

Le gouvernement du Québec pourrait remettre à plus tard l’atteinte de l’équilibre budgétaire. C’est ce qu’a indiqué la première ministre Pauline Marois, mercredi, en évoquant la possibilité de réviser l’échéance qu’elle s’est fixée si les revenus de l’État n’étaient pas au rendez-vous.

 

« On va regarder les chiffres. Si c’est effectivement assez important comme baisse de revenus, il faudra être capable d’agir avec intelligence », a-t-elle dit en entrevue à Radio-Canada.

 

Mme Marois, qui espère encore atteindre le déficit zéro en 2014, écarte aussi l’idée de taxer davantage la population. « Le fardeau fiscal pour les familles est au maximum. On leur en a demandé suffisamment, a-t-elle fait valoir. On ne peut pas non plus devenir fous et faire des choses qui n’ont pas d’allure », a encore dit Mme Marois, indiquant que le déficit zéro n’était pas une religion.

 

Marceau maintient le cap

 

Plus tôt dans la journée, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, avait pourtant répété qu’il maintenait, coûte que coûte, le cap sur l’équilibre budgétaire, affirmant même qu’il envisageait de faire des « ajustements » dans sa prochaine mise à jour attendue cet automne. « C’est un engagement ferme, c’est un objectif que nous allons atteindre, a soutenu Nicolas Marceau à la sortie du Conseil des ministres mercredi midi. L’atteinte de l’équilibre budgétaire, c’est une donnée fondamentale, c’est quelque chose de très important pour le Québec, pour l’investissement, pour les jobs, et je maintiens cet objectif-là. »

 

En date du 31 mai 2013, le rapport mensuel des opérations financières, publié sur le site du ministère des Finances, rapportait que « le solde budgétaire au sens de la Loi sur l’équilibre budgétaire, incluant le versement au Fonds des générations, est déficitaire de 1,2 milliard de dollars ».

 

Des ajustements?

 

En point de presse impromptu, le ministre Marceau a expliqué que l’économie continuait de croître au rythme prévu, mais que les ventes au détail n’étaient pas aussi « robustes » que ce que le gouvernement espérait. « Les ventes au détail sont moins bonnes, donc c’est que les Québécois gagnent de l’argent, mais ils ne dépensent pas autant, ils épargnent plus, ça a un impact sur nos revenus. Je l’ai dit et je le redis, maintenant, il est encore trop tôt dans l’année 2013-2014 pour tirer des conclusions, et s’il y a des ajustements à apporter, nous les apporterons. »

 

Questionné sur la nature de ces « ajustements », le ministre n’a pas voulu dire si une nouvelle vague de compressions était envisagée. Plusieurs options sont possibles pour le gouvernement, qui pourrait décider d’effectuer un contrôle des dépenses plus serré, de demander un effort plus important à ses sociétés d’État ou encore d’effectuer un réaménagement dans certains fonds. « Il y a un nombre important de choses que l’on pourrait faire », a confirmé l’attachée de presse du ministre, Mélanie Malenfant, qui rappelait qu’il s’agissait, pour l’instant du moins, de scénarios « hypothétiques ».

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