Vers une autre session mouvementée

Quelques minutes après l’annonce de la victoire du Parti québécois, Pauline Marois a été visée par un attentat.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Quelques minutes après l’annonce de la victoire du Parti québécois, Pauline Marois a été visée par un attentat.

Le gouvernement Marois a été décrit comme « hyperactif » durant sa première année au pouvoir. On n’a encore rien vu : la première ministre et son équipe comptent remettre la pédale au plancher, cet automne, dans ce qui apparaît comme un sprint vers de possibles élections printanières.

 

Le gouvernement minoritaire du Parti québécois (PQ) s’apprête à mettre de l’avant une série d’initiatives regroupées autour des thèmes de l’emploi, de la solidarité et des « valeurs québécoises » dans l’espoir de regagner le coeur des Québécois.

 

Réunis cette semaine à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, les 54 élus péquistes ont préparé une feuille de route qui se veut ambitieuse en prévision de la rentrée parlementaire du 17 septembre. « C’est évident que c’est une session importante. On a un gouvernement qui est à l’oeuvre et qui répare un certain nombre de problèmes qui n’ont pas été réglés par le précédent gouvernement », a indiqué au Devoir Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l’Économie, en marge de la rencontre des élus du PQ.

 

Les partis de l’opposition attendent le gouvernement de pied ferme, car le Québec a perdu 30 000 emplois en juillet. Le chef libéral Philippe Couillard accuse la première ministre de se servir de sa Charte des valeurs québécoises pour faire oublier le bilan économique des 12 derniers mois. La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault compte aussi insister sur le développement économique, au cours de l’automne : M. Legault doit publier son autobiographie, qui détaillera son plan Saint-Laurent, en octobre.

 

« Notre premier objectif, c’est de faire croître l’emploi au Québec », a insisté Pauline Marois en rencontrant les journalistes, à Carleton-sur-Mer.

 

La politique économique du ministre Marceau visera entre autres à stimuler l’innovation, le commerce international et le secteur manufacturier, à l’ère des délocalisations d’entreprises. La stratégie d’électrification des transports, pilotée par l’ancien ministre Daniel Breton, doit aussi réduire la dépendance énergétique du Québec, en plus de créer des emplois payants, a fait valoir Mme Marois.

 

À la défense de l’identité

 

L’offensive du gouvernement sur le front de « l’identité » ira plus loin que la Charte des valeurs québécoises. Le ministre de la Métropole Jean-François Lisée s’apprête à publier un plan visant à retenir les familles (francophones, notamment) dans l’île de Montréal. Le ministre devait annoncer sa stratégie la semaine dernière, mais a reporté l’événement à la dernière minute.

 

De son côté, le ministre des Affaires intergouvernementales Alexandre Cloutier rendra public un document qui dénoncera les dédoublements de responsabilités entre Ottawa et les provinces.

 

Le gouvernement Marois mise sur ces politiques - et sur des mesures de lutte contre la pauvreté - pour faire remonter la cote du PQ et de la première ministre dans l’opinion publique.

 

Le sondage d’aujourd’hui dans Le Devoir, qui indique une remontée du PQ dans l’estime des électeurs, risque d’enlever aux partis de l’opposition toute envie de défaire le gouvernement minoritaire au cours de l’automne. Le rendez-vous aux urnes devient plus probable dans la foulée du dépôt du prochain budget, au printemps prochain.