Québec n'appuie pas le projet de centre de compostage dans Saint-Michel

«Je ne souhaite pas appuyer un projet qui a été très clairement rejeté par la population et par les élus du secteur», a déclaré le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «Je ne souhaite pas appuyer un projet qui a été très clairement rejeté par la population et par les élus du secteur», a déclaré le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet.

Québec a causé toute une surprise jeudi matin en annonçant qu’il n’appuierait pas le choix du Complexe environnemental de Saint-Michel pour la construction d’un centre de traitement des matières organiques.

Cette annonce survient 24 heures après que le candidat à la mairie de Montréal Denis Coderre eut promis d’abandonner le projet s’il était porté au pouvoir le 3 novembre prochain. Son adversaire Marcel Côté, de la Coalition Montréal, avait pour sa part indiqué qu’il décréterait un moratoire sur ce projet s’il accédait à la mairie.

Par voie de communiqué jeudi matin, le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, a invoqué la vive opposition exprimée par les citoyens des quartiers environnants pour expliquer sa décision.

«Nous reconnaissons les efforts réalisés par la Ville de Montréal pour identifier des sites adéquats, mais force est de constater que l’acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous dans le cas du Complexe environnemental de Saint-Michel. Je ne souhaite pas appuyer un projet qui a été très clairement rejeté par la population et par les élus du secteur», a-t-il déclaré.

Le ministre Blanchet demande toutefois au gouvernement fédéral qu’il maintienne son financement dans ce projet. Le changement de site entraînera vraisemblablement des délais supplémentaires, reconnaît le ministre.

Impacts financiers

Mercredi, la responsable du dossier au comité exécutif de la Ville, Josée Duplessis, avait indiqué au Devoir qu’un changement de site occasionnerait des pertes financières importantes pour la Ville de Montréal, pertes qu’elle évaluait à 100 millions de dollars, dont 50 millions de subventions fédérales et quelques dizaines de millions pour l’achat d’un terrain. «Les impacts financiers sont énormes parce qu’on est à la fin du projet », a expliqué Mme Duplessis. « Revenir en arrière, c’est reporter la réalisation du projet de cinq ans et ce sont des surcoûts d’environ 100 millions.»

Rappelons qu’en février dernier, le conseil municipal de Montréal avait approuvé dans une proportion de 47 voix contre 4 le projet qui prévoit la construction d’ici 2016 de quatre centres de compostage et de biométhanisation sur le territoire de l’île de Montréal.
3 commentaires
  • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 29 août 2013 15 h 58

    stupide

    on se croirait revenu à la prise de position complètement déjantée et inutile concernant l'amphithéâtre de Québec. Où allons nous disposer ces centres de compostages ? en région éloignée ? ou serait l'avantage d'économiser sur les impacts environnementaux de l'Enfouissement pour dépenser de multiples ressources en transport et ainsi contrer toute chance de rendre ce type de gestion des déchets carbone neutre...

    C'est bien beau "l'opposition citoyenne", mais quand on en vient à une culture universelle du "pas dans ma cours" en se justifiant d'arguments comme "ça pue", je crois que nous tombons dans les enfantillages... à l'image de la déclaration du ministre Blanchet...

    Jérémie Poupart Montpetit

    • Geoffrey Thorpe - Inscrit 29 août 2013 17 h 26

      Avez-vous de la place dans votre cour, vous? Ils sont à la recherche présentement, vous pourriez ainsi montrer aux chialeux ce que c’est de faire un geste pour le bien commun.

      Pour ma part, j’aimerais qu’on décide de toujours choisir parmi les lieux possibles celui qui est le mieux coté. Là où les évaluations immobilières sont plus élevées qu’ailleurs. Quand les juges et les banquiers (et hautes fonctionnaires) vivront avec le compostage à côté de chez eux, les chialeux seront peut-être un peu moins égoïstes à leur tour.

      Je ne connais pas ce coin du pays, peut-être c’est justement un refuge pour les mieux-nantis après tout? Est-ce que c'est la volonté de deux ou trois oligarques dans ce cas qui se déguisent en «opposition citoyenne»?

  • Simon Chamberland - Inscrit 29 août 2013 22 h 03

    Quand on ne se mêle pas de ses affaires...

    Ainsi donc quelque braillards et le bonhomme Coderre font changer l'avis d'un ministre qui ne connaît pas grand-chose à la ville.

    Il y aura toujours le syndrôme pas dans ma cours. Sauf qu'il faut composter et c'est un endroit logique. Un des mieux cotés, sinon le mieux coté : facilement accessible, plusieurs services de gestion des matières résiduelles, des capacités pour recevoir des camions lourds... tout y était. Même l'orientation des vents aidait.

    Bizzare qu'un gouvernement qui se plaint que le fédéral ne se mêle pas de ses affaires fasse de même avec les municipalités.

    Clientélisme et populisme.