​L'ex-ministre Raymond Bachand quitte la vie politique

Dans la course à la direction du Parti libéral, qui a couronné Philippe Couillard le 17 mars dernier, Raymond Bachand a terminé dernier parmi les trois candidats, avec moins de 20 % des appuis des délégués.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Dans la course à la direction du Parti libéral, qui a couronné Philippe Couillard le 17 mars dernier, Raymond Bachand a terminé dernier parmi les trois candidats, avec moins de 20 % des appuis des délégués.
Québec — Désireux de passer à autre chose, le député libéral et ex-ministre des Finances du Québec Raymond Bachand quitte la vie politique.

Après avoir réfléchi à son avenir pendant les beaux jours de l’été, M. Bachand, qui aura 66 ans en octobre, a conclu qu’il était temps de retourner dans la sphère privée. Il raccrochera officiellement ses patins avant la rentrée parlementaire prévue le 17 septembre.

« J’ai été dans le secteur privé, je ne suis pas un politicien de carrière. Cela fait huit ans que je fais ce métier, et je sens le besoin de changer. C’est un métier passionnant, mais c’est un métier de 80 heures par semaine, sept jours par semaine, qui ne laisse aucun temps pour un grand-papa de s’occuper de sa petite fille, aucun temps pour à peu près rien d’autre. J’ai aimé ça, je l’ai choisi [ce métier], mais je n’envisageais pas, dans ma réflexion de cet été qui est arrivée à son terme, de faire ça pour un autre quatre ans », a-t-il expliqué en conférence de presse, lundi.

Course à la chefferie

M. Bachand a été élu à l’Assemblée nationale pour la première fois aux élections partielles de décembre 2005. Il a dirigé les ministères du Développement économique et du Tourisme avant de devenir titulaire des Finances de janvier 2009 jusqu’au scrutin général de 2012. 

Le député démissionnaire a connu une défaite cinglante dans la campagne à la succession de Jean Charest à la direction du Parti libéral Québec (PLQ) il y a quelques mois. Il a terminé au troisième rang en mars dernier avec moins de 20 % des voix, loin derrière le vainqueur Philippe Couillard et le député de Châteauguay, Pierre Moreau, que les observateurs considéraient pourtant comme le candidat négligé. 

M. Bachand abandonne son siège en plein cœur de son mandat, moins d’un an après avoir été réélu. Son départ coûtera quelque 600 000 $ aux contribuables pour la tenue d’un scrutin complémentaire dans Outremont. Il n’entend pas renoncer à son allocation de transition — que la Ligue des contribuables du Québec évalue à 150 000 $.

Hommages

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a tenu à rendre hommage à son prédécesseur. « Raymond Bachand aura été un parlementaire efficace, avec qui il était intéressant de débattre sur différents enjeux de finances publiques et d’économie. Sa grande connaissance du monde des affaires a été précieuse pour tous les parlementaires qui auront eu l’occasion de travailler avec lui à l’Assemblée nationale », a déclaré le ministre dans un communiqué.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a déclaré que le départ de M. Bachand laissera un grand vide dans l’équipe économique libérale. « C’est quelqu’un qui avait une expérience pratique. On n’était pas toujours d’accord, mais ça nous arrivait d’être d’accord. Il faut souligner son engagement de plusieurs années. Évidemment que ça affaiblit de façon importante l’équipe économique du Parti libéral », a-t-il dit.

Quant à M. Couillard, il a tenu à remercier « sincèrement » M. Bachand « pour son engagement constant au sein du PLQ ». « Il a apporté une contribution significative au développement économique du Québec. Il a joué un rôle majeur dans l’élaboration de politiques gouvernementales qui ont permis au Québec de traverser la pire crise financière du siècle. M. Bachand possède de grandes qualités humaines qui font de lui un homme de cœur, d’actions et de résultats », a souligné le chef libéral.
30 commentaires
  • Vincent Bussière - Inscrit 26 août 2013 09 h 46

    Il quitte!

    Bonne idée!

    • Bernard Leblanc - Inscrit 26 août 2013 17 h 28

      Enfin une bonne nouvelle!

  • Marcel Bernier - Inscrit 26 août 2013 10 h 00

    Bon débarras!

    Enfin! Ce n'est pas trop tôt : notre taliban du néolibéralisme, celui-là même qui nous a concocté les hausses de frais de scolarité et qui a suscité le printemps de la matraque, peut maintenant prendre une retraite bien méritée.

    • Gabriel Bruneau-Langlois - Inscrit 26 août 2013 23 h 06

      Lui, qui soit dit en passant, a été un péquiste et un grand représantant du "Oui" toute sa vie... Jusqu'à ce que le PQ perde les élections en 2003 et que, pour lui, faire partie de l'opposition devint inacceptable.

  • Daniel Vézina - Abonné 26 août 2013 10 h 03

    Un vire-capot de moins...

    On lui souhaite tout de même une bonne retraite... ;)

  • Francois Cossette - Inscrit 26 août 2013 10 h 03

    Ouin...

    Desole de devoir dire cela mais ce n'est pas vraiment une grosse perte, je ne suis meme pas certain que ca meritait une manchette, bon les journalistes font avec ce qu'ils ont.

    Quand on fait le bilan de ses années comme ministres des finances il en resorts 4 choses : taxe (taxe de vente + 2%), frais (augmentation des frais de la majorite des services de l'état, dette (augmentation de celle-ci de plus de 40 milliards), magouille (commission charbonneau)

    Alors, comme tout bon sous-fifre de l'état, il va se retirer avec une grosse prime payee par les contribuables et aucune responsabilte en ce qui a trait au gachis qu'il a laisse, tout comme son chef charest.

    Difficile apres cela de ne pas etre cyniqu et et amere comme contribuable qui finance tout cela.

    • François Ricard - Inscrit 26 août 2013 11 h 09

      Ajoutons les diminutions d'impôt pour les plus riches.

    • Francois Cossette - Inscrit 26 août 2013 11 h 49

      Je l'avais oublier parce que j'en ai pas profité ce qui n'est pas le cas du reste. Et il y a encore du monde pour lancer des fleurs a ce genre de personnage. La partisanerie aveugle est vraiment la faiblesse de nos democraties. Quand les gens cessent de reflechir pour ne devenir que des gobes mensonges on ne peut que se faire duper.

  • Franklin Bernard - Inscrit 26 août 2013 10 h 04

    Quelle bonne nouvelle!

    Qu'il aille rejoindre les rangs de ces «ex» les plus détestés de la politique québécoise, les Charest, Tremblay, Normandeau, Courchesne et consorts, et qu'on n'en entende plus parler.

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 27 août 2013 09 h 41

      Ne serait-t-il pas mieux, au contraire, que tous les anciens ministres de l’ex-gouvernement, les Fournier, Moreau, Hamad, Arcand, Dutil, Lessard, Bergman, Paradis, St-Pierre, Thériault, Weil, James, Boulet, Bolduc, etc, demeurent avec le nouveau chef du PLQ, M. Couillard?

      Ces ex-ministres forment de très bons repoussoirs pour la majorité des francophones Québécois. Ils nous rappellent constamment à la mémoire de très mauvais souvenirs liés à la gouvernance de J. Charest et aux scandales bien libéraux!