Charte des valeurs québécoises - Marois veut rallier les fédéralistes

Pauline Marois
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois

La première ministre Pauline Marois cherche à faire passer le projet de Charte des valeurs québécoises à l’extérieur des cercles souverainistes.

 

« Être fier du Québec, ce n’est pas seulement une affaire qui est réservée aux souverainistes », a lancé Mme Marois dimanche lors d’un rassemblement de jeunes péquistes à l’Université Laval. « Je connais des gens qui sont fédéralistes et qui sont fiers de qui nous sommes et qui veulent que le Québec se tienne debout. Vous en connaissez sûrement aussi chez vos amis. »

 

Après avoir dit que les libéraux avaient « laissé traîner » le dossier des accommodements raisonnables, elle a cherché à présenter sa Charte comme un facteur d’unité. « Ce qui divise les Québécois, ce n’est pas la diversité, c’est l’absence de règles claires. […] La neutralité religieuse de l’État et la reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes, ce ne sont pas des questions spécifiques à l’immigration. »

 

Mme Marois prononçait le discours de clôture de la première Université d’été des jeunes du Parti québécois. Environ 250 personnes s’y étaient inscrites.

 

À plusieurs reprises dans son discours, elle leur a enjoint de faire la promotion des idées du parti dans leur entourage, notamment des arguments en faveur de la Charte des valeurs québécoises. « Je vous invite à vous faire entendre. Mobilisez vos amis, c’est à vous d’en parler à vos amis ! », leur a-t-elle dit.

 

Le NPD attaqué

 

Plus tôt dans la journée, le ministre Jean-François Lisée avait avancé qu’au moins 70 % des Québécois y étaient favorables, alors qu’on n’en connaît que les grandes lignes depuis une fuite dans les journaux.

 

Le ministre Lisée a par ailleurs laissé entendre que le dossier risquait de faire mal paraître le NPD et Thomas Mulcair au Québec. « Dans son caucus du ROC, tout le monde va être contre. […] Il va avoir de la difficulté, mais, à la fin, il n’aura pas le choix. Il va se positionner contre. […] Si on avait des élections fédérales dans ce contexte-là, […] le seul qui est “pour”, c’est le Bloc Québécois. Ça tombe bien puisque plus de 70 % des Québécois sont “pour”. »

 

La veille, le ministre responsable du dossier, Bernard Drainville avait, lui aussi, insisté sur l’appui d’une « majorité de Québécois » à cette Charte.

 

Or l’Université ne portait pas sur ce sujet, mais bien sur un troisième référendum. « Pourquoi le Québec devrait être un pays au XXIe siècle », demandait-on dans le programme. Des ministres Alexandre Cloutier à Léo Bureau-Blouin en passant par Pierre Duchesne, les ténors du parti se sont succédé au micro pendant la fin de semaine pour rappeler l’histoire des référendums passés et des conditions gagnantes. Malgré leur enthousiasme, certains jeunes militants ont reconnu que la cause était difficile à défendre. « On prêche entre convertis », a dit l’un des participants au micro. « J’ai de la misère à convaincre de nouvelles personnes que c’est sexy, la souveraineté. »


 
68 commentaires
  • Louis Desjardins - Abonné 26 août 2013 03 h 44

    Sexy?

    Ça n'a pas besoin d'être sexy la souveraineté c'est seulement une question de se mêler de nos affaires. Que des étrangers gèrent la moitié de nos taxes et impôts c'est un non-sens. Quand on les gérera tous on fera nos propres choix économiques sans être soumis à des choix qui viennent d'ailleurs et qui trop souvent ne correspondent pas aux besoins du Québec. Depuis trop longtemps le Québec est soumis à des politiques économiques conçuent pour l'Ontario ou pour l'Alberta avec le résultat qu'on est si peu développé qu'on doit nous donner encore de la péréquation. Aprés 150 ans de développement sous le couvert fédéral, c'est une aberration, ce ne devrait pas être. Le Québec a beaucoup trop de ressources et de créativité pour en être seulement à ce point là. La seule solution esr de se prendre en main et de maîtriser tous les outils de notre développement. L'équilibre politique actuelle a démontré ce qu'elle peut faire, il est grand temps de faire mieux. C'est pas sexy, il suffit de se prendre en main et de s'assumer plutôt que de compter sur d'autres.

    • Solange Bolduc - Inscrite 26 août 2013 09 h 41

      En effet, je suis d'accord avec vous, M. Desjardins, le mot "sexy" est tout à fait inapproprié!

  • Pierre Labelle - Inscrit 26 août 2013 06 h 03

    Répétition.

    Nous vivons actuellement le même phénomène que lors du dépot du projet de la loi 101. Le bon docteur Laurin, avec sa patience devenu légendaire a fait le tour du Québec pou expliquer les tenants et aboutissants de sa loi. Cette dernière a traversé vents et marées et certain qui hier la condamnait, aujourd'hui la défende pour ne pas dire la louange. Trente cinq ans et des poussières plus tard, nous sommes sur le point de vivre un débat similaire et c'est normal car cette Charte touche à des valeurs que chacun et chacune d'entre-nous portons. Que l'on soit pratiquant ou pas, d'une religion ou d'une autre, agnostique ou athée, nous possédons tous des valeurs et voulons les gardées. Ce matin il y a une levée de bouclier dans les journaux anglophones du pays, Le Globe mène le bal, rien de nouveau ce n'est qu'une répétition, qu'une tentative fallacieuse de certains extrémistes qui essai de soulever les gens contre un gouvernement qui les déranges. Le paradoxe dans tout cela, c'est qu'ils nous aiment quand même (oui, oui, ils sont venus nous le dire en 95), ils veulent à tout prix nous garder dans leur "plus beau pays du monde", alors payer....

    • Daniel Lambert - Inscrit 26 août 2013 07 h 41

      La semaine dernière, j'écrivais la même chose. Notre pensée se rejoint, et bien des Québécois avisés ont fait le rapprochement.

      «En 1977, la Charte de la langue française (la loi 101, article 1) impose l'usage de la langue officielle dans l’affichage et sur le lieu de travail, car tout se passait, on s'en rappelle, exclusivement en anglais. La loi 101 exigeait aussi que le français soit la langue officielle de l'enseignement et impose du coup le français aux nouveaux immigrants. Avec cette loi, le Québec veut défendre sa culture et sa langue et combattre l'oppression linguistique. 75

      On s'en souvient, cette loi n'a pas fait l’unanimité et les dénonciations ont fusé de toutes parts. Quelque quarante ans plus tard, le Québec, une fois encore, doit légiférer pour protéger son identité, ses us et coutumes et ses valeurs, et, une fois de plus, il se bute aux critiques des partis d'opposition...»

    • Solange Bolduc - Inscrite 26 août 2013 09 h 56

      Il est certain que défendre les valeurs québécoises sera toujours difficile à faire accepter, surtout quand ce refus vient de ceux, en grande partie, qui "veulent briser le pays" comme le disent nos grands fédéralistes...

      Mais faut-il s'arrêter de défendre les intérêts du Québec pour autant ? Bien sûr que non!

      Continuons de nous battre pour ne pas qu'on vienne éteindre notre nation à grand coup de défense des intérêts économiques des riches, surtout, ce qui est la priorité de Couillard qui ne voit pas comment on peut porter plusieurs chapeaux à la fois ? L'économie avant toute chose ! Très limité comme penseur qui se croit comme par miracle devenu un grand politicien!

      Trop embourbé dans son obsession, on comprend pourquoi il avait quitté le PLQ une première fois pour aller faire de l'argent au privé. Il il revient sur cette même lancée, mais cette fois en espérant devenir premier ministre pour bien servir ceux qui l'ont si bien servi dans son passé par très éloigné et qui porte la marque "Porter"

      C'est un gros brassage d'une seule idée, en effet, chez Couillard !

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 26 août 2013 10 h 20

      «Si la loi 101 s’attaquait d’abord aux élites anglophones en situation de pouvoir, la Charte des valeurs semble viser les minorités religieuses déjà complètement marginalisées.»

      - Ludovic Langlois-Therien, "Le Québec face à la liberté de religion: le silence de la raison", blogues du journal Voir, 22 août 2013

    • Cyril Dionne - Abonné 26 août 2013 15 h 17

      @ Jean-Christophe Leblond

      Et c'est qui ça Ludovic Langlois-Therien ? Un étudiant en droit, stagiaire chez McCarthy Tetrault de Toronto durant les 27 derniers mois.

  • Michel Boisvert - Inscrit 26 août 2013 07 h 09

    Mauvaise direction

    Madame Marois ne s'en va pas dans la bonne direction avec son parti Québécois. Le monde qui est sur son bateau devrait lui ouvrir les yeux. Le monde s'en va vers une économie mondiale dont le Québec sera le pilote et madame Marois joue dans le potager et s'investi sur le choix des fleurs qui y seront planté.

  • gaston st-laurent - Inscrit 26 août 2013 07 h 20

    Matières à réflexion.

    Qu'est-ce qu'une valeur? Qu'est-ce que le Québec? Qu'est-ce qu'un québécois? Les québécois sont une nation ou un peuple? Qu'est-ce qu'une religion?

    Ne sommes nous pas tous capitalistes? La seule valeur qui structure toute notre pensée et notre action n'est elle pas le profit?

    Pourquoi ajouter à la confusion?

    • Solange Bolduc - Inscrite 26 août 2013 10 h 01

      Cette réflexion est vôtre, M. St-Laurent, mais pas celle qui conduit une nation ou un peuple à prendre le levier de son propre destin.

      La dignité d'un peuple ou d'un nation n'est pas une question de capital, non monsieur. C'est assez limité comme réflexion ce que vous avancez.

      Non merci !

    • Gilles Théberge - Abonné 26 août 2013 10 h 11

      Vous ne seriez fondamentalement qu'un investisseur et un consommateur monsieur St-Laurent. C'est bien ce que vous dites ici... Il n'y a pas un citoyen qui someille en vous?

      Je ne suis pas un capitaliste, et je ne pense pas qu'à ça. Je suis un être qui a des intérêts financiers, mais je suis aussi un citoyen qui a de multiples autres intérêts. Dont politiques. Dont culturels.

      Et je demeure convaincu que l'on peut marcher et ... mâcher de la gomme en même temps.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 26 août 2013 10 h 30

      Ne vous en faites pas, bientôt c'est la loi qui nous dictera nos valeurs. Alors même que les valeurs qui ont cours au Québec maintenant ont changé depuis 20 ou 50 ans, nous allons maintenant les graver dans une charte. Aussi bioen pour défendre la laïcité et la modernité que pour notre Fierté et "ne plus nous agenouiller" devant ces gens venus d'ailleurs qui nous imposent la vue de leurs difféerences... Un discours multiple qui change selon les besoins du débat. Il fait appel au nationalisme conservateur le plus crasse aussi bien qu'aux idéaux de la modernité pour ratisser le plus large possible.

      Mais c'est fondamentalement un discours antihumaniste, qui ne fait pas confiance à l'humain, dictant que celui-ci a besoin de règles claires pour dicter sa conduite jusque dans le choix de ses valeurs.

      C'est une utilisation peu scrupuleuse du vocable progressiste pour légitimer un conservatisme profond.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 26 août 2013 10 h 33

      J'approuve, malheureusement. Et j'ajouterai celles ci, comme valeurs "Québécoise" mais en réalité comme l'argent quasi mondiale.

      La beauté et la jeunesse, qui toutes deux coûtent très chère au femmes, au Québec, qui fait partie du Canada, sont avec l'argent les vraie valeurs du Québec... Le Canada, oui, parce que en 2011 le revenu des femmes y était 68% de celui des hommes, et que si on avait retirer les salaires de la fonction publique, il aurait chuté à combien? C'est sans compter aussi le fait que nous sommes pratiquement absentes des conseils d'administration et des hautes fonctions, dans le privé toujours.

      Je terminerai avec d'une part la façon dont les femmes sont écartées ou alors intimidées et malmenée dans le domaine de la construction: on en parle, on en parle, mais jamais rien n'est fait. Et je suppose que Mme Lapointe, ex députée du P. q., qui s'est battu pendant des années pour que les pensions versées par les conjoints aux femmes sur l'aide sociale ne leur soient pas soustrait (ils vont au gouvernement) comme étant un revenu d'emploi, que Mme Lapointe qu'on a jamais tenue en compte sur le sujet, était une cruche, et que cette injustice n'en était pas une. Et j'en passe et j'en passe.

      Alors pour ce ce qui est de l'égalité homme femme, il faudrait revoir ça avant de chercher des poux ailleurs, je veux dire ailleurs au Québec. D'ailleurs, alors que celle ci est loin d'être vraiment acquise, comme la laïcité qu'on a écarté du débat, c'est pourtant la seule valeur à être citée, et ad nauseam. Quelles sont-elles les autres valeurs spécifiquement QUÉBÉCOISES, donc? Heu... la laïcité peut-être?

    • gaston st-laurent - Inscrit 26 août 2013 16 h 07

      Bon, je veux simplement que l'on connaîsse la définition des mots que nous utilisons. Nation, peuple; pour faire partie d'une nation, de nos jours, un simple permis de séjour suffit; pour faire partie d'un peuple, il faut de l'histoire et de la génétique. Nous ne connaîssons pas, la plupart du temps, la significations de nos paroles. Nos valeurs... quand je vois un sans-abri, je les vois nos belles valeurs québécoises. Une charte, l'O.N.U. en a une de charte; on voit ce que ça donne.

  • Jean Brunet - Inscrit 26 août 2013 07 h 45

    Hijab

    On semble oublier que les premières dans ce débat furent: ste-croix, notre-dame.... que sans elles la base du système de santé (et une partie du suystème d'éducation) serait absente.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 26 août 2013 10 h 41

      Réponse à M. Leblond

      "ces gens venus d'ailleurs qui nous imposent la vue de leurs difféerences... " Brrr! Quelle horreur!

      Plus colonisé que ça tu meurs.

      Mais voyons, portez deux paires de verres fumées une par dessus l'autre, ou des oeuillères. Oups! - les oeillères vous les portez déjà...