​Pauline Marois prédit que la charte des valeurs fera consensus au Québec

Pauline Marois, première ministre du Québec
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Pauline Marois, première ministre du Québec
Québec — Loin d'être un facteur de division entre Québécois de toutes origines, la future charte des valeurs fera consensus dans la population et deviendra un élément fort d'unité, comme c'est le cas pour la loi 101, prédit la première ministre Pauline Marois.

C'était la première fois, dimanche, que la première ministre parlait publiquement de son projet de charte, depuis que le débat a été relancé cette semaine, à quelques jours du dépôt attendu des grandes orientations du gouvernement en matière de neutralité religieuse de l'État.

Avant même d'être rendu public, le projet, qui devait être au départ une charte de la laïcité, sème la controverse.

Devant quelques centaines de jeunes péquistes, réunis à L'Université Laval pour discuter de souveraineté, Mme Marois a tenté de se faire rassurante, tout en se montrant inflexible sur l'objectif poursuivi par son gouvernement. Le projet péquiste consiste notamment à bannir le port de signes religieux ostentatoires chez tous les employés de l'État.

Ce qui divise les Québécois, c'est l'absence de règles claires en la matière, selon elle. D'où l'importance de proclamer haut et fort la neutralité religieuse totale de l'État et l'affirmation sans équivoque de l'égalité entre hommes et femmes.

Il s'agit de dire à la face du monde, et à tous ceux qui choisissent de vivre au Québec, qu'il s'agit là de principes parmi les plus précieux aux yeux des Québécois, a-t-elle fait valoir.

Mme Marois a estimé que la future charte, pilotée par le ministre Bernard Drainville, n'était en fait que l'aboutissement d'un lent processus de déconfessionnalisation des institutions, dont celles du réseau scolaire, amorcé il y a un demi-siècle au Québec.

Jocelyne Richer, La Presse canadienne
 
20 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 25 août 2013 17 h 41

    Mal parti!

    Personne ne peut être contre la simple tarte aux pommes, comme l'égalité hommes-femmes et la neutralité de l'État. Mais tout dépendra ce que l'on mettra comme épices! Et c'est bien là que je suis loin d'être convaincu qu'il y a aura consensus! À moins faire une loi pétition de principe,i.e., sans contenu véritable. Mais disons que c'est mal parti avec cette bonne vieille politique du ballon d'essai!


    Michel Lebel

    • Solange Bolduc - Inscrite 25 août 2013 18 h 12

      Très bien parti, Mme Marois !! Mais, attendons la suite avant de se faire une idée globale !

      Donc, pas de panique, M. Lebel!

    • Lise St-Laurent - Inscrite 25 août 2013 18 h 26

      Je ne peux qu'acquiescer à votre commentaire, je suis du même avis. C'est déjà mal parti avec le ballon d'essai lancé en début de semaine et les dires que B. Drainville avait déjà eu des discussions avec un groupe afin d'apporter quelques modifications disons accomodements est plus juste. Finalement, cela laisse un arrière goût à ce que pourrait être la future charte qui ne semble pas se diriger vers une rigueur extrême comme on nous l'avait laissé entendre mais plutôt vers un nombre d'exceptions plus probables.

    • Louka Paradis - Inscrit 25 août 2013 18 h 56

      L'argument style «tarte aux pommes» est plutôt ringard : banaliser ainsi un enjeu aussi fondamental que le principe d'égalité des hommes et des femmes relève d'un populisme douteux. Comme le disait si justement notre grand cinéaste Falardeau : «On va toujours trop loin pour ceux qui ne vont nulle part.» Comme il avait raison ! Je crois que la majorité des femmes québécoises sauront très bien voir que cette Charte est dans leur intérêt, maintenant et surtout pour l'avenir. Cela dit, attendons de voir ce projet de Charte avant de le dénigrer : un esprit positif est plus prometteur que le défaitisme.

      Louka Paradis, Gatineau

    • - Inscrit 25 août 2013 20 h 08

      Etes-vous bien sûr, M. Lebel, que "personne n'est contre l'égalité hommes-femmes et la neutralité de l'État" ?

    • Solange Bolduc - Inscrite 25 août 2013 20 h 57

      Tout à fait en "accordéon" bien quénbécoise avec vous, Mme Paradis...Laissons les défaitismes danser la "gigue simple" !

  • Chantal Gagné - Inscrite 25 août 2013 17 h 55

    Bravo Madame Marois!

    Il est temps d'avoir des balises légales pour permmetre aux femmes, fillettes, mais également aux hommes qui subissent des coutumes de s'en libérer. Plusieurs le souhaitent, mais ne peuvent en parler de peur de subir le rejet de leur communauté, ce qui est d'une tristesse infinie. Pour ce qui est de ceux et celles qui choisissent de porter ces signes sans y être tenus, je les trouve bien insouciants. Il n'est pas dit qu'on retire un hijab aussi facilement qu'on l'a mis. Plusieurs amies immigrantes sont parfaitement conscientes de la chance qu'elles ont de vivre au Québec. Elles savent très bien que leur vie, que leur carrière n'aurait pas été la même sans les opportunités offertes à toutes et tous. De plus, je trouverais raisonnable d'avoir le même type de relations cordiales avec les hommes ayant des pratiques culturelles ou religieuses tradionalistes plutôt que de se faire refuser une poignée de main parce qu'on est une femme, d'être seule dans un bureau, ou encore de ne pas croiser le regard. N'était-ce pas moi qui suis discriminée dans ces circonstances? Je ne veux pas tourner le regard, ou éviter de tendre la main à ceux qui ont choisi de partager notre terre, mais présentement de m'y forcer est considéré comme étant raisonnable. Basta!

    Pour ce qui est du crucifix de l'assemblée nationale, pourquoi ne pas le déposer respectueusement sur la pierre tombale de M.Maurice Duplessis, une place qui lui conviendrait tellement mieux.

  • Lise Boivin - Abonnée 25 août 2013 18 h 34

    Très bien parti.

    Il n'y aura pas de consensus total puisqu'avant même que Drainville n'annonce quoi que ce soit, certains n'étaient pas d'accord. La réaction religieuse surgit aussitôt que le mot laïcité est prononcé. C'est un restant d'atavisme. Que le religieux ne soit pas mêlé au politique et que toutes les religions puissent se manifester librement hors des institutions d'État, c'est l'essentiel de la laïcité et j'espère que le gouvernement actuel réalisera une telle tarte au pomme, monsieur Lebel.

  • C. Pilon - Inscrite 25 août 2013 18 h 44

    Mme Marois...pus capable

    Elle a refusé de répondre aux questions des journalistes qui étaient sur place. Elle ne maîtrise pas assez bien le sujet?

    Bien que je ne sois pas contre cette charte, je déplore que le parti la nomme "Charte des valeurs québécoises" bien que ça ne m'étonne point de leur part.

    • Solange Bolduc - Inscrite 25 août 2013 20 h 11

      Vous luiprêtez des intentions...que des intentions, ma..madame !

      Dommage de ne pouvoir attendre le déroulement !

  • - Inscrit 25 août 2013 19 h 03

    Commençons par une Déclaration de principe !

    Commençons par une Déclaration de principe affirmant la liberté de culte et la laïcité et neutralité des institutions de l’État. Ainsi, le gouvernement aurait facilement l'unanimité de l'Assemblée nationale.

    Ensuite, débattons d’une charte qu’il faudrait inclure dans la Charte des Droits.

    Mais si, comme l’a laissé entendre le ministre Drainville, l’État n’enlève pas le crucifix de l’Assemblée nationale, quelle crédibilité aura une charte qui affirme haut et fort la neutralité et la laïcité de l’État ? Je suis d’avis que l’évocation du caractère patrimonial de ce symbole n’est un prétexte peu brillant !