Les Nouvelles-Casernes sortent de leur abandon grâce à Québec

Même si tous les scénarios sont ouverts, on sait que le projet devra avoir une vocation publique.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Même si tous les scénarios sont ouverts, on sait que le projet devra avoir une vocation publique.

Le gouvernement du Québec injecte 20 millions dans la rénovation des Nouvelles-Casernes à Québec. Reste maintenant à trouver une vocation à ce lieu historique à la forme particulière.

 

« J’annonce la renaissance des Nouvelles-Casernes ! », a annoncé vendredi midi la ministre responsable de la Capitale nationale, Agnès Maltais. Parlant d’un « trésor méconnu », la ministre a souligné que c’était le plus long bâtiment à avoir subsisté de la Nouvelle-France et qu’il était abandonné depuis 50 ans.

 

Situées entre l’Hôtel-Dieu et le parc de l’Artillerie, les Nouvelles-Casernes sont probablement le moins connu de tous les vestiges de la Nouvelle-France. Construites à la fin du régime français pour défendre la ville et abriter des militaires, elles longent le cap et sont percées de meurtrières.

 

Par un curieux détour de l’histoire, le bâtiment était jusqu’à tout récemment propriété de l’Hôtel-Dieu, qui ne savait pas quoi en faire et manquait d’argent pour le rénover.

 

Les 20 millions engagés par Québec visent à faire des rénovations de base sur la structure (maçonnerie, toitures, fenêtres, etc.). On prévoit que les travaux débuteront l’an prochain et qu’ils dureront six ans.

 

Quant à la propriété du site, elle incombera à la Commission de la capitale nationale (CCN), qui gère déjà, par exemple, la promenade Samuel-de-Champlain et le domaine Cataraqui.

 

Pourquoi ne pas avoir trouvé un usage avant de commencer à investir ? Mme Maltais dit qu’elle n’avait pas le choix. « Parce que les travaux sont urgents. Parce que c’est important. Le bâtiment est en train de se dégrader. »

 

Pas de condos, pas de rêves en couleurs

 

À cet égard, la présidente de la CCN, Françoise Mercure, n’a pas caché que de nouveaux investissements seraient nécessaires une fois la vocation du lieu identifiée. Architecte spécialisé en patrimoine, Émile Gilbert a d’ailleurs été nommé pour « faire émerger des projets ».

 

Ce dernier se donne six mois pour trouver. « Il faut que ce soit fait assez rapidement, parce qu’il n’y a aucun travail, même en consolidation, qui ne peut pas être influencé par le futur concept. »

 

Même si tous les scénarios sont ouverts, on sait que le projet devra avoir une vocation publique. « Je veux être claire, ce ne sera pas des condos », a résumé en riant Mme Maltais.

 

On tient aussi à ce que le lieu soit vivant et contribue à dynamiser le secteur, qui a tendance à devenir bien tranquille passé 17 h, note M. Gilbert. Interrogé sur une éventuelle vocation artistique, il a dit que ce serait « extraordinaire », mais qu’il ne fallait pas rêver en couleurs. « Si on se met des attentes trop élevées, on risque d’être déçus.»

 

La ministre Maltais croit toujours par ailleurs à son idée de centre de généalogie, qui permettrait aux touristes américains et français de découvrir leurs liens avec la Nouvelle-France. Or, assure-t-elle, cette idée n’est pas favorisée plus qu’une autre. Outre le bâtiment lui-même, les Nouvelles-Casernes sont situées sur un terrain de 2000 m2.

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