Le MLQ demande à la Cour suprême de se pencher sur la prière à Saguenay

Le Mouvement laïque québécois en appelle à la Cour suprême du Canada pour faire interdire la prière au conseil municipal de Saguenay.

La demande d'analyse d'un jugement de la Cour d'appel ayant autorisé cette pratique sera déposée officiellement lundi matin. Le MLQ, connu pour avoir mené bataille sur ce dossier dans au moins quatre autres municipalités, et avec succès, estime au contraire du jugement rendu en mai dernier par la Cour d'appel que cette prière contrevient au principe de neutralité de la Ville. Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, la juge au contraire tout à fait importante.

Le jugement de mai, qui lui-même renversait une décision de première instance rendue par le Tribunal des droits de la personne, avait conclu que cette récitation ne contrevenait pas au principe de neutralité et ne brimait pas les droits du demandeur, le citoyen Alain Simoneau.

Le MLQ s'oppose à cette interprétation, en plus d'estimer qu'il n'est pas de la compétence d'une municipalité de «règlementer le comportement des personnes en matière religieuse».

La présidente du MLQ, Lucie Jobin, a indiqué qu'une campagne de financement serait lancée pour soutenir ce pourvoi, si d'aventure il était reçu par le plus haut tribunal au pays. «Pour faire reconnaître la liberté de conscience, on continue la bataille», a exprimé Mme Jobin, sur les ondes de RDI.

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19 commentaires
  • Jean-Jacques Lefebvre - Inscrit 23 août 2013 10 h 41

    Importante mais personnelle

    Je suis bien d'accord que la prière est importante, mais surtout si elle est faite en silence et adressée au Dieu de son choix.

    • Benoît Gagnon - Inscrit 23 août 2013 12 h 35

      Et pour les athées comme moi, M. Lefebvre, la priève ne veut absolument rien dire, au même titre qu'une personne qui réciterait un sortilège pour lancer un sort...

    • Loraine King - Abonnée 23 août 2013 14 h 20

      M. Gagnon : est-ce que les athées rejette le concept "Tu ne seras point" parce que c'est un commandement de Dieu ?

    • Eloi Skelling - Inscrit 23 août 2013 16 h 17

      Mme King: Oui madame, les athées ne donne aucune importance aux commandements PARCE QUE c'est Dieu qui l'ordonne.

      Cela dit, le civisme, le respect et l'ethique existe hors religion, c'est prouvé. Les athées n'ont pas moins de coeur et d'empathie que les croyant... Oserais-je meme dire qu'ils en ont souvent plus car leurs actions est faite sans arriere pensée (IE: Gagner son ciel)

    • Solange Bolduc - Inscrite 23 août 2013 20 h 06

      Dieu l'ordonne: Un qui quoi qui à part celui qui l'a inventé pour se donner de l'importannce ? Un Rien par rapport à l'existence de celui qui ose s'approprier tous les pouvoirs pour le bien-être des hommes et les femmes, surtout pour son propre bien-être !

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 23 août 2013 10 h 44

    Laïcité ou suprématie de Dieu?

    Les juges de la Cour suprême auront bien un jour ou l’autre à se dépêtrer avec cette anomalie d’un autre âge : la « suprématie de Dieu », qui est mise en exergue dans la Charte canadienne des droits et libertés.

    Ainsi, qu’on le croie ou non, la Partie I de la Charte canadienne des droits et libertés débute par : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu ... » (Voir : http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/const/page-15.h ).

    Suprématie de Dieu sur qui et sur quoi, on ne le dit pas, mais on sait que beaucoup de religions font de la suprématie de Dieu la base de leur argumentaire.

    Ainsi, dans l'Islam, le principal message du Coran est l'absolue suprématie de Dieu, qui doit se manifester non seulement dans la vie privée ou individuelle mais aussi dans la vie sociale et politique de la collectivité.

    Dans la religion juive ultra-orthodoxe, il y a cette volonté de sacraliser jusqu'aux actions quotidiennes les plus banales et de souligner sans cesse l'absolue suprématie de Dieu.

    Et dans le christianisme, on se souvient du « Dieu le veut ! » qui autorisait (et même commandait) tout.

    Cet argumentaire de la suprématie de Dieu a conduit à beaucoup de dérapages dans l'Histoire, dérapages qui se continuent encore de nos jours dans certaines sociétés. L'intégrisme, le dogmatisme et l'obscurantisme ne sont pas loin quand on met en exergue la suprématie de Dieu, et ce, quelles que soient les religions qui s'en réclament.

    Un grand ménage s’impose dans la Charte pour éliminer cet anachronisme et affirmer la laïcité de l’État!

    • Loraine King - Abonnée 23 août 2013 13 h 02

      Donc, Dieu n'appartient pas à un religion particulière. Vishnu, la Trinité, Baha, Allah, Krishna-Vasudeva, tous sont Dieu. On exprime que le document que l'on rédige est fondé sur des valeurs morales universelles. Si la constitution disait "la suprématie de Krishna", ce serait un toute autre chose.

    • Martin Blais - Inscrit 23 août 2013 17 h 48

      Je suis parfaitement d'accord avec vous M. Saint-Arnaud.

      Pour votre gouverne Mme King, je refuse que les institutions qui me gouvernent soient guidées par un Dieu (aussi suprême soit-il) ou s'inspirent d'une religion, quelle qu'elle soit, pour fonder son pouvoir et l'appliquer sur moi.

      Quand on vit en société, il y a un minimum de règles à respecter pour assurer l'harmonie. Dans le privé, on fait bien ce qu'on veut, mais pas dans les institutions publiques qui appartiennent à tous ; qu'on soit croyant, athée ou agnostique.

    • Solange Bolduc - Inscrite 23 août 2013 20 h 08

      "Suprématie de Dieu sur qui et sur quoi, on ne le dit pas, mais on sait que beaucoup de religions font de la suprématie de Dieu la base de leur argumentaire ."

      De leur dogmatisme pour assiéger les hommes tout comme les femmes !

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 23 août 2013 10 h 46

    Mon dieu!

    Mme Jobin n'a vraiment rien à voir avec son prédécesseur, et me semble n'avoir aucune connaissance de la Cour suprême et de ses balises internes, ni des fondements du Candas iscrits dans la constitution (Dieu, qui choisit nos souvenrains, est en quelque sorte le chef de l'État canadien.

    Elle aurait intérêt à suivre le débat en cours sur de pseudo valeurs québécoises, pour comprendre qu'Ottawa penche toujours du côté des religions: à la limite si cet élu était maire de Montréal peut-être lui demanderait-on de réciter une prière plus neutre, englobante. Mais au Lac St-Jean...

    • Loraine King - Abonnée 23 août 2013 14 h 02

      Dieu ne choisit pas nos souverains. Nous choisissons notre souverain par des votes majoritaires des élus du peuple dans les parlement des royaumes, selon la loi sur la succession.

      Je lisais la semaine dernière que le gouverneur du (New Jersey?) a rejetté trois lois sur les armes à feu adoptées par vote majoritaire par les législateurs de l'état. Impossible dans notre système de démocratie parlementaire qui accorde la suprématie au parlement, pas au chef d'état, puisqu'il n'est pas élu.

  • Gilbert Talbot - Abonné 23 août 2013 11 h 08

    Enfin!

    Je n'avais jamais vu un jugement aussi biaisé que celui de la cour d'appel du Québec, qui prétendait qu'il s'agissait d'une prière oecuminique, donc valable pour toutes les religions, mais pas pour les athées ou les agnostiques. Le jugement de la cour d'appel critiquait aussi le gouvernement québécois de ne pas avoir encore d'orientation sur la laïcité qui aurait pu éclairer les juges sur ces questions. Dans son entrevue à RDI, madame Lucie Jobin, présidente du mouvement laïc québécois confirmait, suite à une question de l'intervieweuse, que la future charte des valeurs québécoises pourrait soutenir sa cause, si elle confirmait clairement la laïcité de l'État.

    La bataille du MLF remonte aux années 60 alors que René Lévesque l'appuyait clairement. Peut-être qu'enfin en 2013, le Québec deviendra officiellement un État laïc. Le maire Tremblay de Saguenay, ma ville, représente l'un des derniers remparts de la vieille garde religieuse traditionnaliste qui s'acharne à nier la laïcité qui règne de fait chez nous, où comme ailleurs, les églises ferment et sont vendues.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 23 août 2013 15 h 26

      Répnse à Mme King

      Ce n'est pas moi qui dit que dieu choisi nos souverains, c'est la constituion canadienne, dont je me fout comme d'une guigne.

      Dans le texte reine ou roi "par la grâce de Dieu".

      Mais de quoi parlez-vous au juste? "Nous choisissons notre souverain par des votes majoritaires des élus du peuple". Mais c'est quoi ce charabia? Vous parleriez chinois que ça ne serait pas pire.

    • Franklin Bernard - Inscrit 24 août 2013 15 h 54

      Prière oecuménqiue? J'ai vu en court extrait de la fin de cette prière au conseil de Saguenay, et tout le monde s'est signé. Que pensent les protestants de cet «oecuménisme»?

  • Georges LeSueur - Inscrit 23 août 2013 11 h 17

    Prière imposée au Conseil ?

    Il est bon qu'un maire ait du caractère et tienne à ses idées. Mais celui-là pousse un peu trop loin le bouchon ! Ne sont acceptés par lui que ceux qui se plient à ses idées. Nombre de citoyens âgés l'appuient par attachement aux valeurs et coutumes traditionnelles.
    La séparation de l'Église et de l'État doit être confirmée par la Cour Suprême en refusant le droit à la prière imposée par le maire au conseil municipal.
    Autrement on se perd dans un fouillis d'accomodements nuisibles à notre société.