Les pharmaciens quittent la table des négociations

Les discussions auraient achoppé sur un litige juridique concernant les actes que les pharmaciens peuvent ou non poser.
Photo: Robert Skinner - Archives Le Devoir Les discussions auraient achoppé sur un litige juridique concernant les actes que les pharmaciens peuvent ou non poser.

Les pharmaciens ont claqué la porte des négociations avec Québec jeudi et avertissent que le 3 septembre, tous les patients devront assumer la facture des nouveaux actes entrant en vigueur si les discussions restent suspendues.

Dans un communiqué diffusé en fin d’avant-midi, l’Association des pharmaciens propriétaires du Québec (AQPP) prétend qu’une entente sur les honoraires des nouveaux services est imminente. Ce ne serait en effet pas sur cette question que les discussions ont achoppé, mais bien sur un litige juridique concernant les actes que les pharmaciens peuvent ou non poser.

Ces derniers avancent que, depuis plus de dix ans, ils effectuent certains tests en pharmacie avec l’assentiment du Collège des médecins et de l’Ordre des pharmaciens.

Grâce aux nouveaux actes permis, les pharmaciens auraient dorénavant pu ajuster la médication immédiatement après la lecture du résultat sur l’appareil, en pharmacie. Mais selon les pharmaciens, Québec prétend qu’ils posent ce geste dans l’illégalité, depuis plusieurs années. L’AQPP se dit très surprise de la tournure des discussions.

« Nous suspendons les négociations jusqu’à ce que le ministre appuie ses prétentions, d’un avis juridique et d’un énoncé formel d’orientation ministérielle. Nous devons malheureusement attendre leur retour pour poursuivre les discussions, puisqu’il pourrait y avoir des répercussions majeures sur la profession de pharmacien et sur l’accessibilité au système de santé », dit le président de l’AQPP, Jean Thiffault.

En entrevue, M. Thiffault a indiqué que la balle était maintenant dans le camp du ministre. « Ce genre de test, il va y en avoir de plus en plus grâce aux avancées technologiques, indique-t-il. Ça se fait partout dans le monde et, si on se fie à leur parole, nous sommes dans l’illégalité ! » Il explique qu’il a quitté les discussions parce qu’il refusait de « sortir des négociations avec moins de responsabilités qu’avant, alors que l’esprit du projet de loi 41, c’est de pouvoir poser plus d’actes ».

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