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Trudeau attaque Marois sur la Charte des valeurs québécoises

De passage à Québec, Justin Trudeau a rencontré des gens au Festival de musique militaire.
Photo: La Presse canadienne (photo) Francis Vachon De passage à Québec, Justin Trudeau a rencontré des gens au Festival de musique militaire.

Québec — Justin Trudeau s’en prend au gouvernement Marois pour sa Charte des valeurs québécoises, qui est un « encouragement à la peur » de l’autre et qui envoie un message d’intolérance au reste du pays et du monde.

 

« Le message qu’on envoie, c’est qu’encore, au Québec, il y a un gouvernement qui a un réflexe très défensif par rapport à la culture et à la langue, qui n’est pas nécessairement en train d’aller dans la bonne direction », a soutenu le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, à l’issue de sa toute première rencontre mercredi avec la première ministre québécoise, Pauline Marois.

 

Quelques minutes avant son tête-à-tête, il s’était dit préoccupé par les grandes lignes de la future Charte des valeurs québécoises telles que rapportées par les médias. « Ce qu’on en entend, c’est assez pour m’inquiéter […]. J’aimerais bien m’assurer que ce n’est pas une charte qui irait à l’encontre de nos droits et libertés les plus fondamentaux des chartes québécoise et canadienne. » Il estime que l’État et ses institutions doivent être neutres, mais que l’individu a le droit d’exprimer sa foi et sa culture.

 

Sa rencontre d’une trentaine de minutes avec Pauline Marois n’a pas calmé ses inquiétudes, loin de là. Cette dernière lui a confirmé que les intentions du gouvernement allaient, dans les grandes lignes, dans le sens des révélations faites par Le Journal de Québec cette semaine.

 

« On a parlé de cette fameuse charte […] J’ai énormément de préoccupations par rapport à ça, on ne s’est pas entendus là-dessus. Elle et moi avons commencé un débat qui va se poursuivre au cours des prochains mois. »

 

Selon Justin Trudeau, les Québécois sont beaucoup plus tolérants et inclusifs que ce que le laisse entendre la future charte. « Je sais que le peuple québécois est un peuple qui n’a pas peur de l’autre, qui est fier et qui est conscient de sa force linguistique et culturelle.Elle [Pauline Marois] se trompe un peu, elle nous sous-estime dans son désir d’être plus défensif que nécessaire. »

 

Il croit donc qu’il y aura une « réaction violente » (« backlash ») aux propositions gouvernementales, parlant de la façon dont cela serait perçu dans le reste du Canada et du monde, rappelant les histoires du « pastagate » et du port du turban au soccer. « Les gens ont ri des Québécois et je crois que ce n’est pas à notre image et pas à notre honneur d’avoir un gouvernement qui nous représente mal dans notre générosité, dans notre ouverture en tant que peuple. »

 

Des préoccupations communes

 

Si Justin Trudeau a réussi à imposer son ordre du jour en discutant d’accommodements raisonnables, Mme Marois a réussi à discuter des sujets qui étaient prioritaires pour elle, c’est-à-dire l’assurance-emploi et la formation de la main-d’oeuvre. Sur ces deux points, le chef du Parti libéral du Canada, qui avait déjà annoncé son désaccord avec le gouvernement Harper, affirme qu’ils se sont « très bien entendus ».

 

Rappelons que, lors de la première visite de Justin Trudeau à Québec en avril dernier, Pauline Marois n’avait pas été en mesure de le rencontrer en raison d’un conflit d’horaire. Dans les rangs péquistes, on lui avait réservé un accueil plutôt froid, Jean-François Lisée l’ayant traité de « jeune prince descendant d’Ottawa pour rencontrer ceux qu’il croit être ses sujets ».

 

Quatre mois plus tard, Justin Trudeau parle d’une « belle rencontre » et affirme avoir été accueilli à bras ouverts par « notre première ministre, ma première ministre ».

40 commentaires
  • Patrick Lépine - Inscrit 22 août 2013 00 h 51

    Quel "backlash" peut espérer le Canada lui?

    Monsieur Trudeau devrait nous dire, en vertue de principes de justice équitable, quels seront les conséquences pour le Canada d'avoir si ouvertement et si consciencieusement dénigré les canadiens-français pendant des siècles?

    Il ne faut surtout pas oublier que la meilleure prêche viens de l'exemple...

    • - Inscrit 22 août 2013 10 h 48

      M. Lépine, je connais beaucoup de Canadiens anglophones et ils n'ont jamais dénigré les Québécois, je ne sais pas où vous avez pris votre information mais je suis certain que vous êtes pour l'indépendance politique du Québec, ce qui amènerait les Québécois à être dépendants. Le Québec est capable seul de se dénigrer.

    • Nicolas Bouchard - Abonné 22 août 2013 16 h 41

      @M. Pelletier,

      M. Lépine parle du Canada, donc de la nation et de ses institutions et non nécessairement de ces habitants. Les premières politiques britanniques suite à la conquète furent expressément formulées dans le but de tenir loin du pouvoir politique et économique la majorité francophone.

      Le professeur Charles Calomiris de l'Université Columbia a écrit un livre à ce sujet. Le Globe and Mail (à ma grande surprise) a écrit un article à ce sujet:
      http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/
      -- Un lien existe vers un résumé de son livre au bas de l'article --
      Alors, si vous le voulez, vous pouvez toujours dire que Prof. Calomiris est pour l'indépendance politique du Québec mais je doute que ce soit un argument très valable.

      Nicolas Bouchard

  • Patrick Asselin - Inscrit 22 août 2013 01 h 07

    Un coup de maître de Pauline Marois

    Après une avalanche de gaffes monumentales, le PQ revient en force avec cette charte des valeurs québécoises. Ce sera non seulement l'enjeu des prochaines élections provinciales, mais aussi celui du scrutin de 2015 au fédéral. En effet, à lire certaines tribunes hors Québec, plusieurs "anglo-canadians" souhaiteraient l'application d'une telle charte dans leur province respective.

    Comment les Couillard, Legault, Mulcair ou Trudeau vont courtiser l'électorat québécois en se faisant les défenseurs du voile ou de la burqa ?

    Après nous avoir donner la loi 101, le PQ nous donnera cette nouvelle charte. Clause nonobstant, quand tu nous tiens ...

    • - Inscrit 22 août 2013 10 h 14

      Si jamais le PQ nous propose cet enjeu aux prochaines élections, pour moi, le PQ ne fera que démontrer que du coté économique et de la créationd'emploi, qu'ils sont incapable de proposer quoi que se soit. Alors c'est une bonne chose car le PQ sera battu et on pourra parler des sujets important comme l'emploi et l'économie.

    • Bernard Gervais - Inscrit 22 août 2013 11 h 47

      @ M. Pelletier

      À vous lire, on croirait entendre les libéraux et les casquistes !

      Voyons, on peut à la fois s'occuper d'économie et de laïcité. L'un n'empêche pas l'autre !

      De toute manière, qu'a fait le PLQ de si remarquable au plan économique durant toutes les années où Charest a été PM ? Ce parti a endetté le Québec comme jamais. Quant à Legault, il nous propose, on le sait, son fameux Projet Saint-Laurent. Mais, comme c'est très souvent le cas pour les idées que lance ce politicien, il s'agit encore d'un projet bien vague !

    • - Inscrit 22 août 2013 12 h 11

      M. Gervais, on peut parler de laïcité et d'économie, mais dite moi ce que le PQ a proposé en économie.....rien, en parlant de laicité, le PQ amène un sujet de contreverse et les gens oubli de regarder le manque de créativité en matière économique du PQ. Je ne suis ni plq et caq, et encore moin pq, je ne sais pas pour qui voter car nos politiciens actuels sont les pires que le Québec a eu depuis les 100 dernières années.

  • Marcel Bernier - Inscrit 22 août 2013 03 h 21

    N'ayez crainte!

    On va en fumer du bon, pis toute va aller ben!

  • Pierre Labelle - Inscrit 22 août 2013 05 h 54

    "Ma première ministre"

    Sans vouloir lancer un débat sur la paternité de ses mots, il me semble les avoir entendus dans la bouche d'un certain Jacques Parizeau, à l'endroit d'un certain Robert Bourassa. Il est assez ironique que le fils de PET, l'un des plus grands centralisateur fédéraliste, emprunte à l'indépendantiste Parizeau ces paroles. Que de sacrifice doit-on faire pour tenter de devenir PM du "plus beau pays du monde".... Ceci étant dit, je regarde la photo au haut de cet article et cela me fais peur. Je reconnais dans ces deux regards qui se croisent une certaine trudeaumanie de la fin des années 60. Elle, la larme à l'oeil, lui le sourire coquin qui semble lui dire: je t'ensorcelle ma belle. Cette dame semble si heureuse devant son "dieu" qu'il serait indécent de la déranger mais je prend ce risque pour lui demander: pourquoi allez-vous voté pour le PLC à la prochaine élection...., à cause de votre rencontre inoubliable avec Justin.... C'est comme cela que son père a manipulé les électeurs (je devrais dire électrices mais je risque de me faire traîté de misogyne) dans le passé, la seule différence est que le fils affiche un air moins arrogant, un sourire plus charmeur mais le but reste le même, garder le Québec dans "le plus beau pays du monde". Non merci Justin.

    • lise pelletier - Inscrit 22 août 2013 15 h 14

      De plus c'est faux car il est déménagé en Ontario.

      Voir le lien fourni par Mme Grace Di Lullo sur la liste de commentaires de l'article.

      "Charte des valeurs québécoises" de Antoine Robitaille.

      Il a donc menti en disant "Ma première ministre"

  • François Ricard - Inscrit 22 août 2013 06 h 19

    Le multiculturalisme: un fiasco

    Justin Trudeau assume un héritage faux et pernicieux.
    Son père, Pierre Trudeau, s'était inspiré du multicultutalisme qui, dans les années "70, a fait son apparition en Grande-Bretagne.
    Depuis le début des années 2 000, les Britanniques se sont rendus compte que le multiculturalisme créait des milliers de ghettos et morcelait le pays en minuscules républiques.
    Depuis au moins cinq ans, la Grande-Bretagne s'acharne à renverser la vapeur. Tâche herculéenne s'il en est.
    Le multiculturalisme est aussi un échec en Allemagne, au Pays-Bas, en Suède. Tous ces pays tentent maintenant d'y mettre frein.
    Justin Trudeau n'aura pas la force de caractère pour aller à l'encontre de la politique mise sur pied par son père.

    • Gilles Théberge - Abonné 22 août 2013 10 h 44

      On pourrait aussi faire remarquer que les anglais d'Angleterre, ne voulaient et ne veulent toujours pas de Charte des droits telle que le père l'a imposé ici, avec tous les effets pernicieux que l'on connaît.

      La dernière étant que voilà maintenant monsieur Accurso l'invoquer pour se soustraire à la Commission Charbonneau.