Sol Zanetti songe à fondre Option nationale dans une coalition

La chef par intérim Nathaly Dufour a officiellement lancé mercredi la course à la chefferie.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir La chef par intérim Nathaly Dufour a officiellement lancé mercredi la course à la chefferie.

Jugeant que son parti est trop « passif » dans le ralliement des forces indépendantistes, Sol Zanetti, le premier candidat annoncé à la course à la chefferie d’Option nationale lancée mercredi, songe à fondre le parti fondé par Jean-Martin Aussant au sein d’une coalition plus large des forces souverainistes.

 

« Il faut qu’on soit tous ensemble dans un véhicule qui va véritablement dans une démarche indépendantiste.Je propose que nous soyons plus proactifs […] en présentant clairement et publiquement les conditions auxquelles Option nationale va accepter de [former] une union avec d’autres indépendantistes. Ça ne veut pas dire nécessairement des conditions de sabordage, je pense que si on veut opérer une refonte du mouvement indépendantiste, il ne faut pas se fondre dans un parti existant, il faut qu’on en crée un nouveau, le plus grand possible, une large coalition. »

 

Devant la vingtaine de militants réunis dans un petit café de Québec pour le lancement officiel de sa campagne mercredi midi, celui qui siège au Conseil national d’Option nationale a même soutenu avoir de nouveaux noms en tête pour cette nouvelle coalition.

 

C’est une possibilité parmi d’autres, précise le professeur de philosophie en entrevue au Devoir. Ainsi, selon lui, deux autres options sont possibles pour rallier les indépendantistes du Québec, soit l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel ou un vote majoritaire pour Option nationale. « De façon tout à fait non partisane, je vais prendre celle des trois qui marche en premier », affirme-t-il.

 

Sol Zanetti veut par ailleurs proposer des modifications à la plateforme du parti pour inclure un plan progressif pour s’affranchir du pétrole et introduire le concept de République dans le projet de pays. S’il succède à Jean-Martin Aussant, il demandera un salaire de 43 420 $, soit le salaire moyen des employés non agricoles du Québec.

 

Un autre départ au parti

 

M. Zanetti a été le premier candidat officiel à se lancer dans la course à la chefferie, dont les détails ont été dévoilés à Montréal mercredi matin. Les candidats ont jusqu’à la mi-septembre pour faire connaître leur intention et le vainqueur sera connu le 26 octobre, après quatre débats régionaux.

 

Pendant ce temps, un autre coup dur se préparait pour le jeune parti indépendantiste. Déjà affaibli par le départ de son chef Jean-Martin Aussant, Option nationale a perdu son directeur général et représentant officiel, Sébastien Pageon, qui a avisé le directeur général des élections (DGE) du Québec de son intention mercredi. Sébastien Pageon occupait un poste par intérim depuis à peine un mois, précise-t-on au parti. La chef par intérim, Nathaly Dufour, n’a pas souhaité commenter ce départ, estimant qu’il s’agissait d’un choix personnel.

 

« Le message que cela envoie à nos membres, c’est qu’il va falloir se retrousser les manches et redoubler d’ardeur dans les prochains mois », a réagi Sol Zanetti, qui venait tout juste d’apprendre la nouvelle au terme de la conférence de presse. Visiblement surpris et troublé, il a toutefois tenté de se faire rassurant. « Ça crée toujours de l’instabilité quand il y a un départ, mais j’ai parfaitement confiance en la capacité du parti de retomber sur ses pattes. »

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26 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 15 août 2013 05 h 56

    Une coalition: jeunes et vieux

    J-M- Aussant voyait en l’ON le parti de la relève. La place aux jeunes. Bien d’accord. Mais les jeunes ne réussiront pas seuls.
    Les "babyboomers" ont beaucoup fait pour mettre sur pied le Québec inc et faire progresser l’idée de souveraineté. Ils ont essuyé un cuisant échec en 1995, échec qui les a ébranlés.
    Ces "babyboomers" s’en vont maintenant à la retraite. Pour la majorité d’entre eux, ils ont encore la santé, le temps et l’argent. Il faudrait les inciter à mettre l’épaule à la roue pour compléter le beau travail qu’ils avaient commencé.
    Les jeunes et les vieux pourraient faire une troupe du "tonnerre".

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 15 août 2013 17 h 56

      Comment ne pas déjà entendre rouler de loin le tonnerre, en pensant à une super "babyboomer" comme Mme Lisette Lapointe et son conjoint (dont j'oublie le nom) qui ont déjà fait beaucoup de mentorat pour lancer M. J.-M. Aussant sur la bonne voie.

  • Denis Marseille - Inscrit 15 août 2013 07 h 36

    La coalition des forces souverainistes

    La coalition des forces souverainistes existe déjà. Elle s'appelle le parti Québécois.

    • François Ricard - Inscrit 15 août 2013 11 h 13

      Une coalition est une entente circonstancielle entre des personnes ou des groupes de personnes dans la poursuite d'un ou de plusieurs objectifs.
      La coalition n'exige pas la disparition ni de personnes ni de groupes. Tout au contraire.
      Faudrait-il croire que personne au PQ ne sait ce qu'est une coalition?

    • Hélène Thompson - Inscrit 15 août 2013 11 h 14

      hahaha, elle est bonne :o)

      Je trouve que Harper est plus efficace pour faire avancer l'idée d'indépendance, non?

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 15 août 2013 11 h 58

      Ah oui, et pourquoi donc existe t-il au moins trois autres partis indépendantistes en dehors de cette soi-disant coalition ?

    • Denis Marseille - Inscrit 15 août 2013 14 h 48

      ''Ah oui, et pourquoi donc existe t-il au moins trois autres partis indépendantistes en dehors de cette soi-disant coalition ?''

      Parce que les purs et durs se croient plus indépendantistes que les autres. Faites une recherche sur l'évolution du PQ et vous verrez que ce parti est vraiment une coalition de partis qui ont décidé de travailler ensemble pour le bien de la cause.

      Mais maintenant, chacun veut son parti prêt-à-porter et ON est en quelque sorte le soubresaut d'un individu en recherche de son identité.

  • France Marcotte - Abonnée 15 août 2013 07 h 49

    L'art du possible

    La série «Borgen - une femme au pouvoir» a repris sur Art TV, en rediffusion sur Tout.TV.

    Chaque épisode est un véritable enseignement sur la façon de manoeuvrer avec finesse sans renier ses principes dans un gouvernement de coalition malgré la complexité de la réalité d'une époque difficile.

    On résout avec maturité, intelligence et respect des situations conflictuelles qui semblent sans issue.

    On dira que c'est de la fiction mais je pense que les Danois ont beaucoup à nous apprendre, si seulement on accepte de les écouter.

    • France Marcotte - Abonnée 15 août 2013 09 h 44

      TOU.TV...

    • Eric Samson - Inscrit 15 août 2013 09 h 48

      L'Italie et Israel ont aussi beaucoup à nous apprendre ...
      Vous avez déjà étudier leurs systèmes politiques et la trajectoire de leur politique depuis plus de 3 décennies...
      La réalité est toujours plus forte que la fiction...
      Je mets un gros bémol à votre exemple "Borgen".
      Une série Télé ...

    • Hélène Thompson - Inscrit 15 août 2013 11 h 19

      Vous avez bien raison madame Marcotte, il n'y a rien de mieux qu'une télésérie pour être bien informée. Depuis que j'ai vu omerta, je sais exactement tout ce qui se passe dans la mafia italienne. Mais il ne faut pas oublier les films aussi! Avez-vous de bons exemple de film à me proposer pour comprendre des choses? Merci à l'avance, toujours un plaisir de vous lire!

  • Pierre Brassard - Inscrit 15 août 2013 09 h 58

    Zanetti ou Fellini ?

    M. Zanetti pense faire un exploit avec une "coalition".

    Excusez moi mais cela a déjà donner des résultants tangibles à une certaine époque à la fin des années 60 et début des années 70: le Parti Québécois (qui a fait co-habiter des tendances idéologiques).


    Rions c'est l'heure. Après tout, nous sommes en pleine semaine italienne....

    Fellini nous regarde en riant !

    • François Ricard - Inscrit 15 août 2013 11 h 08

      Le RIN s'est fait harakiri.
      Le RN et le MSA se sont joints pour former le PQ.
      Dans le cas du RIN, ce fut une disparition
      Dans le cas du MSA et du RN, une union des deux dans un nouveau véhicule.
      Coalition aurait supposé une entente entre les trois partis, Msa. RN et RIN sans formation du PQ.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 août 2013 06 h 43

      M. l'inconnu, peut-être que dans le temps nous avions la recette au complet et nous savions que pour faire un soupe, il fallait mettre tous les ingrédients dans le même pot !

      Je dis ça de même.

      Boomer.

  • Gilbert Talbot - Abonné 15 août 2013 12 h 53

    Ni le PQ ni QS ne veulent de coalition avant les prochaines élections.

    M. Zanetti soutient une bonne idée, déjà formulée et mise à l'épreuve lors des dernières élections. Le PQ a refusé toute entente électorale à ce moment-là et soutient toujours aujourd'hui le sabordement des autres partis souverainistes à son profit. Reste à voir si les autres partis souverainistes voudraient se fondre dans un nouveau parti indépendantiste. il y a déjà, à ma connaissance, un petit parti, dit indépendantiste, qui existe. Pourquoi vouloir en créer un nouveau ? Par ailleurs QS a fermé la porte à toute entente électorale avec les autres partis souverainistes avant les prochaines élections.
    Le vote proportionnel est aussi une excellente idée, soutenu par QS mais encore là, le PQ l'a rayé de son programme lors des dernières élections. Il ne reste plus donc à ON que deux options : se saborder ou fusionner avec le parti indépendantiste.

    • Luc Archambault - Abonné 15 août 2013 16 h 13

      Reste une troisième option... continuer à mettre de l'avant l'Union multipartite des forces démocratiques citoyennes et politiques du peuple souverain du Québec... Reste à lance le mot d'ordre de vote pour l'Union contre les partis qui refusent l'Union. Une aberration sans nom.

      Une Option nationale de libération... on ne vote que pour les partis en faveur de l'Union multipartite... si l'ON, adopte un tel programme qui rompt avec l'impuissance de la gouvernance collabo... on vote pour l'ON... et pour l'Union.

    • Gilles Théberge - Abonné 15 août 2013 21 h 12

      Je comprends ce que vous dites monsieur Talbot. Mais l'impasse est totale et elle va durer. Ce qui pourrait nous donner une couple de mandats au copain du doqueteur Porter.

      Une multitude de partis politiques sur la scène Québécois n'a de sens que dans la mesure où le système électoral permet que comptent tous les votes. Là il peut y avoir coalition.

      Mais tant qu'on restera pogné dans le... (insérez le vocabulaire religieux de votre choix ici) de système Britannique, la confusion va durer.