Jean-Martin Aussant retourne à Londres

L’ancien chef et fondateur du parti Option nationale avait annoncé le 19 juin dernier qu’il quittait la vie politique temporairement afin d’avoir davantage de temps à consacrer à sa famille.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’ancien chef et fondateur du parti Option nationale avait annoncé le 19 juin dernier qu’il quittait la vie politique temporairement afin d’avoir davantage de temps à consacrer à sa famille.

Malgré des études doctorales en analyse économique et de l’expérience dans de grandes sociétés d’investissements, Jean-Martin Aussant n’a pas réussi à trouver un emploi au Québec.

 

L’ex-chef d’Option nationale, qui a mis en veilleuse sa carrière politique pour se consacrer à sa famille, retournera donc à Londres pour travailler chez Morgan Stanley Capital International (MSCI). Il a été recruté au sein de la division couvrant l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Inde, a-t-il annoncé lundi dans un billet de blogue.

 

Il renoue ainsi avec son ancienne carrière. De 2003 à 2005, il travaillait pour cette firme spécialisée dans la gestion de portefeuille à titre de vice-président.

 

« Il était naturel pour moi de songer à un retour dans ce milieu », écrit-il, laissant toutefois entendre qu’il aurait préféré trouver du travail au Québec. Mais « aucune ouverture substantielle n’est venue de Montréal ou du Québec », note-t-il.

 

Au cours des dernières semaines, Jean-Martin Aussant affirme avoir eu des discussions d’affaires avec des sociétés basées à Shanghai, Hong-Kong, Singapour, Abu Dhabi et Londres, mais aucune entreprise d’ici.

 

Souverainiste

 

Le militant souverainiste de 43 ans s’est-il cogné le nez sur la porte du Québec inc. ? Lui-même se pose la question : « Est-ce là le fruit d’un marché tranquille à Montréal ou d’une identification trop forte à la souveraineté qui me nuirait dans certains milieux, je ne le sais pas. J’ose espérer que ça ne soit pas cette dernière explication. Pas en 2013, pitié. »

 

Celui qui a remporté un certain succès auprès des jeunes souverainistes au cours de la dernière campagne électorale compte utiliser les réseaux sociaux pour rester en contact avec eux. « Avec Facebook et Twitter, nous serons pratiquement aussi près que si je vivais à Montréal », a-t-il écrit sur son compte Twitter, lundi.

 

Jean-Martin Aussant a été élu député du Parti québécois dans la circonscription de Nicolet-Yamaska en 2008. Après avoir claqué la porte du parti en juin 2011, il a créé Option nationale. Aucun candidat de la formation souverainiste n’a été élu lors des élections de 2012 et Jean-Martin Aussant a été battu dans sa circonscription.

 

Le 19 juin dernier, il a annoncé qu’il quittait temporairement la vie politique pour avoir davantage de temps à consacrer à sa femme et à ses jumeaux.

 

Jean-Martin Aussant n’a pas souhaité répondre aux questions du Devoir lundi.

39 commentaires
  • Carl Bilodeau - Inscrit 13 août 2013 00 h 59

    Trop à gauche

    Il s'est brulé au Québec auprès des employeurs. Il est trop à gauche et cela fait peur. Il a besoin d'un bon 10 ans de bagage supplémentaire pour murir sa façon de penser.

    • Bernard Terreault - Abonné 13 août 2013 08 h 38

      Trop à gauche, dit M. Bilodeau. Je ne crois pas. Je suis persuadé que J-M Aussant n'est pas de gauche en son for intérieur, il est plutôt centriste mais, indépendantiste convaincu! S'il était de gauche de coeur il ne retournerait pas travailler à nouveau dans la finance, il deviendrait animateur communautaire à petit salaire. C'est pour amadouer des membres son propre parti et faciliter une collaboration avec QS qu'il a endossé des positions de gauche. Soyons clairs. Option nationale est indépendantiste d'abord et de gauche ou du centre ou de droite si ça semble électoralement rentable. QS est de gauche et n'est indépendantiste que parce que la droite est anti-indépendantiste. Et le PQ est nationaliste d'abord et centre-gauchiste. Et le PLQ est anti-indépendantiste d'abord et centre-droitiste. Et la CAQ droitiste d'abord et un peu nationaliste sur les bords.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 13 août 2013 10 h 22

      M. Terreault,

      QS n'est pas indépendantiste parce que la droite est anti-indépendantiste. QS est tout simplement indépendantiste parce que le peuple du Québec, comme n'importe quel peuple, devrait disposer de son pays et qu'il s'agit, justement, du meilleur moyen (décider par et pour nous mêmes) pour ouvrir des «possibles» de justice sociale, d'écologisme et, pourquoi pas, de socialisme.

      C'est vrai que pour beaucoup de militant-e-s de QS, la question nationale passe après les enjeux sociaux. Mais il y en a comme moi qui considèrent que le tout est lié. Dans la veine de penseurs et acteurs sociaux tels que Vadeboncoeur, Chartrand, Simone Monet, Fernand Dumont, Guy Rocher et Marcel Rioux, je considère l'indépendance comme étant lié de facto à un projet de société socialiste. Une réelle indépendance du peuple québécois face à l'État canadien mais aussi face au cartel financier international et à l'impérialisme états-unien n'est possible qu'avec le socilaisme et vice-versa. Il est vrai toutefois que la pseudo «indépendance» qu'entendent le PQ et ON est possible sans socialisme et ce dernier ne devrait en aucun cas justifier une neutralité sous prétexte qu'aucun projet social n'y est rattaché. Mieux vaut une souveraineté partielle que le fédéralisme; cette souveraineté partielle peut toujours nous conduire plus loin, vers notre réelle libération sociale et nationale.

      En ce qui a trait à votre qualification des autres partis et de sentiment face à M. Aussant, je suis bien d'accord avec vous.

    • Bernard Terreault - Abonné 13 août 2013 11 h 41

      À M. Rozzi : pourquoi QS a-t-il appuyé le NPD fédéraliste de gauche plutôt que le BQ indépendantiste de centre–gauche, alors?

    • Gilles Théberge - Abonné 13 août 2013 11 h 57

      Bonne question monsieur Terreault.

      Le problème c'est que QS reproche au PQ de flascher à gauche et de gouverner à droite, alors qu'il flasche souverainiste et vote fédéraliste.

      L'histoire de la paille et la poutre est une bonne allégorie pour bien comprendre QS.

    • Richard Laroche - Inscrit 13 août 2013 13 h 01

      On pourrait très bien dire que Aussant préconisait des politiques libérales de droite au niveau social en proposant une reconnaissance et une liberté culturelle constitutionnelle pour les différents peuples fondateurs. Encore faut-il voir c'est quoi la définition de la droite dans votre tête.

      Essayer bêtement de tout mettre la politique dans une seule dimension gauche-droite, c'est un peu comme essayer de calculer des nombres complexes avec seulement un axe réel ou essayer de résoudre des équations de physique nucléaire sans la 4ème dimension. Pis le débat est décousu, absurde et frustrant.

      La politique est encore aujourd'hui à l'époque pré-Cartésienne.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 août 2013 19 h 58

      Québec solidaire est tout simplement un parti de gauche salon multiculturaliste.

      Au niveau de la question identitaire et linguistique, ce parti semble avoir plus d'affinités avec les politiques des libéraux du Québec qu'avec Option nationale et les autres partis indépendantistes.

      En fait, ils sont indépendantistes à 50%; la moitié de leurs membres préféreraient demeurer au sein de la grande famille canadienne et de continuer à vivre dans la maison de l'autre avec sa Cour suprême et sa Charte canadienne des droits et libertés. Comme leur bien aimé Amir Khadir disait si bien quand il ne lançait pas de chaussures: « L'indépendance si nécessaire mais pas nécessairement ».

      Il représente la cinquième colonne du mouvement indépendantiste. On n'a pas besoin de ça.

    • Mathieu Bouchard - Abonné 14 août 2013 13 h 55

      @ Bernard Terreault :

      La gauche c'est pas la haine de la finance et des gros salaires. La gauche c'est la Révolution Tranquille, c'est la fondation d'institutions qui donnent du pouvoir au peuple. Parizeau a co-fondé la RRQ et la Caisse de Dépôt et a cassé le monopole anglo-bancaire sur la dette du Québec. Je devrais pas avoir à expliquer pourquoi c'est à la fois libérateur et financier.

      Ce que vous décrivez, ce sont des résidus de la vieille droite chrétienne qui valorise la vie modeste à l'écart de l'industrialisation, à l'époque où l'ordre établi était que les anglos contrôlaient les affaires importantes et avaient tous les postes qualifiés, pendant que les francos vivaient comme au tiers-monde. Je dis ça parce qu'un animateur communautaire, quoique très utile, a pas la portée qu'un bon financier mis à la bonne place peut avoir comme impact positif sur la société.

      JMA a été engagé au privé, pas à la RRQ, mais ça aurait été son genre d'emploi, et votre critique/dégoût des finances et des gros salaires se serait appliqué à un emploi à la RRQ aussi, ce qui est pourquoi je me sers du cas de la RRQ pour montrer que vous êtes pas vraiment de gauche.

      (voir aussi la rhétorique de Pierre Falardeau critiquant le parti Option Citoyenne en 2005... c'est sur Youtube)

  • France Marcotte - Abonnée 13 août 2013 04 h 47

    Pourquoi pas gérant de Caisse populaire?

    C'est normal qu'on perde quelques plumes auprès du monde des affaires quand on est un pur et dur au Québec.

    Voyons ça comme la preuve qu'on l'était.

    Comment s'en étonner, s'en plaindre, après?

    Mais le colonisateur d'autrefois qu'on a pourfendu semble plus compréhensif.

    • Mario Paquette - Inscrit 13 août 2013 11 h 34

      APAT DU GAIN $$$$$$$$$$$$$$$$$

      Morgan Stanley Capital International (MSCI) quelle belle avenir pour un
      souveriniste convaincu qui souhaitait un Quebec fort et autonome, libre de ces décisions. Il aurait pu aller a la Caisse de Dépot ou a la FTQ ou CSN fond de retraite. Maire de Montréal meme pour franciser la Ville qui perd des plumes au niveau de la langue. Seras t il assumer ses choix auprès des membres de OPTION NATIONALE !!!!!!!!!!!!!!

    • Hélène Thompson - Inscrit 13 août 2013 12 h 20

      Mario Paquette: Je suis d'ON et je lui souhaite bonne chance et à la prochaine. Tant mieux pour lui si il a eu une bonne job à Londre, je suis fière qu'un québécois soit reconnu à l'international et triste qu'on soit trop looser pour se servir de ses connaissances. Le monde est prêt pour nous, c'est nous qui ne nous reconnaissons pas. Vous le démontrez bien à travers votre texte.

  • Jacques Boulanger - Inscrit 13 août 2013 05 h 54

    Poser la question, c’est lui répondre

    Ben voyons ! Voire si le Quebec Inc. tournerait le dos à un souverainiste ? Quelle idée saugrenue ! Faut vraiment avoir l’esprit tordu pour penser ainsi. Quand on pense qu’Henri-Paul Rousseau a été ovationné par ce Quebec Inc. après la perte de 40 milliards de la Caisse de dépôt, il y a de quoi réfléchir sur les véritables motivations et intentions de ce fameux Quebec Inc.

  • Pierre Labelle - Inscrit 13 août 2013 06 h 21

    Sur certaines traces...

    À une certaine époque, Pierre Bougault a dû s'expatrier à Toronto et accepter un emploi de traducteur pour gagner sa vie. Parce qu'il était indépendantiste, ses grandes compétences ne valaient plus un sous noir, plus ça change, plus c'est pareil.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 13 août 2013 10 h 25

      Je crois que M. Aussant aurait pu gagner sa vie au Québec. Il n'a pas reçu d'offres «substantielles», c'est-à-dire qu'il vise à travailler dans un certain millieu (la finance) avec le salaire qui va avec. Bourgault aurait fort probableemnt accepté une des offres non substantielles que M. Aussant a probablement reçues.

      Une homme de gauche ? Un grand martyr indépendantiste ?
      Oui, et les poules ont des dents...

    • J-F Garneau - Inscrit 13 août 2013 11 h 08

      Parfaitement d'accord avec vous M. Rozzi.

      Vouloir utiliser cette situation (fort heureuse pour M. Aussant dans le contexte) en cause indépendantiste est risible.

      M. Aussant de son propre aveu affirme n'avoir reçu aucune offre "substantielle" ici. Sachant que Londres est un des "centres de l'univers" du milieu financier, comment s'étonner qu'il y ait beaucoup plus de débouchés pour quelqu'un comme M. Aussant et qu'une offre "substantielle" lui ait été faite.
      C'est aussi son choix d'accepter cette offre. "Sur le marché" depuis le 19 juin seulement, soit 6 ou 7 semaines, il s'est débrouillé pas mal dans sa recherche d'emploi!
      Cela dit, vivre à Londres... il y a des choses pire que ça dans la vie. Tant mieux pour lui.

    • Sylvain Lavoie - Abonné 13 août 2013 11 h 37

      @Jean-Sébastien Rozzi

      Tous ne peuvent aspirer à être des travailleurs subventionnées dans le milieu communautaire, mais c'est vrai que pour le membre moyen de QS, la méchante finance ne devrait pas exister. En attendant l'avènement du paradis socialiste promis par mère Teresa David, les gens, les entreprises, ont encore besoin de services financiers, de prêts, de crédit, etc. Bref des trucs difficilement compréhensibles pour des militants marxistes.

    • Hélène Thompson - Inscrit 14 août 2013 09 h 39

      Facile de sortir le nom de Bourgault hors contexte pour justifier sa pensé. La réalité c'est que m.Bourgault n'avait aucune autre alternative. Il était complètement barré. Des amis sont venu à bout de lui trouver un poste à l'université. Je suis pas mal convaincu que si il avait eu les études d'Aussant en finance, il aurait fait le même choix. Arrêtez d'élever chaque vieille personnalité au rang de saint. On aurait moins l'impression de vivre dans un monde de crétins. Ouvrez-vous les yeux et libérez-vous de votre vision manichéenne.

  • François Ricard - Inscrit 13 août 2013 07 h 16

    Exclu du débat des chefs

    Eut-il été du débat des chefs, il aurait eu de bonnes chance d'être élu. L'Assemblée nationale serait plus riche de son expérience et de son expertise.
    Selon la rumeur, il appert que c'est Mme Marois qui a insisté vigoreusement pour l'exclure de ces débats. Comme quoi, trop souvent, la carrière passe avant le parti, et le parti avant la patrie.

    • Michel Gagnon - Inscrit 13 août 2013 10 h 45

      «Selon la rumeur, il appert que...» Que voilà une affirmation basée sur des preuves béton!
      J-M Aussant, l'homme, fait preuve d'un grand réalisme dans sa vie personnelle et familiale. Dommage que J-M Aussant, le politicien, ne fasse pas preuve du même réalisme.