Couillard s’attend à des élections cet automne

«On n’ira pas activement déclencher des élections, à moins qu’il y ait un enjeu excessivement important et stratégique pour le Québec», a affirmé le chef libéral Philippe Couillard lors du congrès des jeunes libéraux du Québec.
Photo: - Archives Le Devoir «On n’ira pas activement déclencher des élections, à moins qu’il y ait un enjeu excessivement important et stratégique pour le Québec», a affirmé le chef libéral Philippe Couillard lors du congrès des jeunes libéraux du Québec.

Philippe Couillard envisage des élections dès l’automne. Il dit craindre pour l’avenir économique du Québec si le PQ reste au pouvoir. « Nous sommes à l’aube d’une élection ; les semaines et les mois qui vont suivre seront cruciaux », a lancé le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, devant quelque 400 jeunes militants réunis en congrès à Saint-Augustin-de-Desmaures dimanche.

 

Questionné sur ses intentions électorales en point de presse, le chef libéral, qui n’a toujours pas de siège à l’Assemblée nationale, a évoqué l’automne comme étant un moment critique. « C’est l’été, les gens sont en vacances, ils ont bien d’autres choses en tête, mais la réalité économique est devenue de plus en plus apparente. Je pense qu’à l’automne, il va y avoir de sérieuses questions envers ce gouvernement. »

 

Il affirme que sa « mèche électorale » est de plus en plus courte et se dit prêt à partir en élections dès que le gouvernement Marois le souhaitera, affirmant que « tous les scénarios sont possibles ». Il évoque même la possibilité que le PLQ provoque un vote de confiance dès cet automne. « On n’ira pas activement déclencher des élections, à moins qu’il y ait un enjeu excessivement important et stratégique pour le Québec », affirme-t-il.

 

Or, cet enjeu, il est en train de le mettre en place, dénonçant avec véhémence la mauvaise gestion du gouvernement péquiste qui fait craindre le pire pour l’avenir économique du Québec.

 

« Un orage parfait »

 

« Sur le plan économique, ce qui domine actuellement, c’est un peu comme un orage parfait [perfect storm]. D’un côté, il y a le ralentissement économique, des pertes d’emplois, des pertes de revenus pour l’État. Et de l’autre côté, il y a l’alourdissement du fardeau fiscal pour les Québécois avec, en même temps, les taxes scolaires et Hydro-Québec. Tout ça nous fait craindre pour l’avenir économique à court et moyen terme au Québec. »

 

Le Parti libéral de Philippe Couillard est déjà en mode préélectoral. Des assemblées d’investiture se tiennent dans certaines circonscriptions, notamment en Gaspésie. Pour le reste, Philippe Couillard dit travailler à l’élaboration de son programme.

 

Celui-ci est déjà en train de prendre forme grâce, notamment, aux résolutions adoptées par l’aile jeunesse du PLQ, qui seront étudiées par différents comités au cours des prochaines semaines pour voir si elles méritent une place dans la plateforme. En point de presse samedi, le chef libéral affirmait qu’« il y aura[it] certainement une bonne partie de ces résolutions qui vont se retrouver dans le programme du gouvernement ».

 

Des propositions à gauche pour l’aile jeunesse

 

Parmi les propositions adoptées, on retrouve une résolution visant à réformer le mode d’attribution des places en garderie à 7 $, un programme qui a été « dénaturé » au fil du temps selon les jeunes libéraux. Selon eux, il faut accorder la priorité des places dans les centres de la petite enfance en fonction du revenu des parents plutôt que de la date d’inscription à la liste d’attente, et ce, dans le but de favoriser l’accès aux populations défavorisées. Bien que favorable au principe, leur chef s’était pourtant clairement opposé à cette mesure lors d’un point de presse précédant le vote samedi. « On n’ira pas demander le revenu des gens sur les listes d’attente, on verra les détails de cette discussion, mais il y a des questions de confidentialité qui s’appliquent. »

 

Sur le thème de la mobilité sociale, les jeunes libéraux ont adopté bon nombre de propositions visant à promouvoir la justice sociale et l’égalité des chances, des mesures généralement associées à la gauche. Les jeunes libéraux comptent mandater le prochain gouvernement libéral afin qu’il procède à des baisses d’impôt pour les moins nantis, qu’il offre des congés payés pour les parents d’enfants malades, qu’il procède à une révision de la disposition réglementaire afin « d’éliminer l’impact discriminatoire » sur les itinérants liés aux peines d’emprisonnement pour des amendes impayées, et qu’il s’engage à offrir une bonification du régime d’aide juridique. Les jeunes libéraux ont également voté pour l’obligation, pour tous les étudiants, de faire une trentaine d’heures de bénévolat au cours de leurs études secondaires.

 

Enfin, ils veulent inclure dans les programmes collégiaux d’administration une formation obligatoire d’initiation au modèle coopératif. Cette dernière proposition a été adoptée de justesse et a nécessité un recomptage tellement la salle était divisée, certains arguant que ce n’était pas le rôle de l’État de faire la promotion des modèles coopératifs et que ce terrain appartenait à d’autres formations politiques.

 

Quant à l’idée de prolonger les heures d’ouverture des bars jusqu’à 5 h 30 les vendredis et samedis soirs pour favoriser le tourisme, les arguments de proposeurs sont tombés à plat devant ceux des adversaires qui ont mis en avant les impacts négatifs d’une telle mesure sur la santé publique.

 

La « social-démocratie de pacotille » du PQ

 

Philippe Couillard s’est montré très ouvert au discours des jeunes, semblant très à l’aise avec ce repositionnement à gauche, disant « adhérer profondément » à cette idée de créer de la richesse pour mieux la répartir. « Une façon de le dire, c’est qu’on a le coeur à gauche et le portefeuille à droite. »

 

Il ne nie pas vouloir profiter du terrain laissé vacant par le PQ depuis que le gouvernement Marois subit les foudres de la gauche pour ses compressions dans plusieurs programmes sociaux. « Le PQ au gouvernement n’est pas un parti de gauche, le PQ est un parti de gauche dans l’opposition, a lancé le chef de l’opposition. Le progressisme, on en est tous, c’est des paroles nobles, c’est de la tarte aux pommes. Mais le progressisme qui ne s’accompagne pas de moyens pour le soutenir, c’est du vent. J’ai appelé ça la social-démocratie de pacotille, c’est exactement, à mon avis, ce qu’on peut dire de cette formation politique. »

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