Les jeunes libéraux votent pour l'attribution des places en CPE en fonction du revenu des parents

Les jeunes libéraux ont adopté l'une de leurs propositions phares qui visait à accorder la priorité des places en CPE en fonction du revenu des parents plutôt que de la date d'inscription sur la liste d'attente.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Les jeunes libéraux ont adopté l'une de leurs propositions phares qui visait à accorder la priorité des places en CPE en fonction du revenu des parents plutôt que de la date d'inscription sur la liste d'attente.

Saint-Augustin-de-Desmaures — Malgré le peu d'enthousiasme de leur chef Philippe Couillard à l'idée de réformer le mode d'attribution des places en garderies à 7$, les jeunes libéraux ont adopté l'une de leurs propositions phares qui visait à accorder la priorité des places en CPE en fonction du revenu des parents plutôt que de la date d'inscription sur la liste d'attente, et ce, dans le but de favoriser l'accès aux populations défavorisées.

Après des débats houleux en fin de journée samedi, les jeunes libéraux, qui sont réunis en congrès à Saint-Augustin-de-Desmaures, ont adopté, avec une forte majorité, la proposition visant à « favoriser l'accès des populations les plus défavorisées aux centres de la petite enfance (CPE) en révisant l'attribution des places selon un principe basé sur le revenu des parents ».

Pour les jeunes libéraux, le programme des CPE a été « dénaturé » au fil du temps pour l'élargir à tous, ce qui défavorise les jeunes issus des milieux défavorisés. « Les CPE ont été créés justement pour permettre aux enfants défavorisés d'avoir accès aux centres de la petite enfance, mais la logique d'attribution est formée sur la base du premier arrivé, premier servi, a plaidé Laurence Tôth de la commission jeunesse de Sherbrooke. On ne favorise pas les gens qui sont dans le besoin, mais plutôt le premier arrivé. Quelqu'un qui fait 200 000$ a donc priorité sur la personne monoparentale qui fait 25 000$.»

Plusieurs jeunes militants ont fait entendre leur désaccord avec cette mesure. Cédric Bolduc, de Beauce-Sud, affirmait être contre puisque « ces mesures ne viennent pas encourager les familles à faible revenu, mais plutôt brimer les mieux nantis ».

D'autres évoquaient des arguments techniques. « J'aime beaucoup le principe de donner la priorité aux familles les plus pauvres, mais malheureusement, dans le contexte actuel, j'ai de la difficulté à voir comment on pourrait appliquer cette résolution, affirmait Marc Duperron, de Soulanges. Il y a déjà une liste d'attente et si on décidait de changer l'ordre des attributions, les parents déjà sur les listes sentiraient une certaine injustice et cela viendrait créer de la tension et des frictions dans le réseau des CPE. »

Quelques heures plus tôt, le nouveau chef du PLQ, Philippe Couillard, avait émis des réticences en point de presse. « On n'ira pas demander le revenu des gens sur les listes d'attente, on verra les détails de cette discussion, mais il y a des questions de confidentialité qui s'appliquent. »

En votant pour cette proposition de la thématique nationale, les jeunes libéraux amènent donc le dossier des CPE à la commission politique qui devra l'étudier. Elle pourrait même se retrouver dans le prochain programme électoral du Parti libéral. « Il y aura certainement une bonne partie de ces résolutions qui vont se retrouver dans le programme du gouvernement », affirmait Philippe Couillard samedi.

S'il avait clairement émis des réserves sur l'idée de favoriser l'attribution des places sur la base du revenu des parents, Philippe Couillard s'était toutefois montré très intéressé par la proposition visant à ouvrir davantage de places en CPE dans les quartiers défavorisés. « Ça m'apparaît logique que les nouvelles places développées le soient, de façon prioritaire, dans les quartiers défavorisés parce qu'on sait que c'est dans les milieux défavorisés qu'il y a les plus grands bénéfices. »

Cette notion a elle aussi suscité de nombreux débats au sein de l'aile jeunesse du parti. « Essentiellement, on va créer des CPE de pauvres, dénonçait un jeune militant lors des débats. Et les riches payent déjà assez de taxes, ils ont bien le droit d'avoir des services. »

Le dernier point, lié aux CPE, consistait à mettre sur pied un crédit d'impôt pour les familles à très faible revenu, remboursable mensuellement en partie pour les frais de garde à 7$ par jour. Cette proposition a été battue de peu.
 

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