​Taxes scolaires: l’opposition fustige Malavoy

Dans un entretien récent accordé à La Presse canadienne, la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, a refusé de critiquer l'appétit des commissions scolaires, jugeant les augmentations — qui s'élèvent jusqu'à 40% dans certaines régions — raisonnables et conformes à ce que prescrit la loi.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Dans un entretien récent accordé à La Presse canadienne, la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, a refusé de critiquer l'appétit des commissions scolaires, jugeant les augmentations — qui s'élèvent jusqu'à 40% dans certaines régions — raisonnables et conformes à ce que prescrit la loi.
Québec — À quelques semaines de la rentrée, les partis d’opposition montent au front pour dénoncer l’indifférence de la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, face à la hausse des taxes scolaires.

Mme Malavoy « se lave les mains » de la décision de plusieurs commissions scolaires d’augmenter la charge fiscale refilée aux contribuables, s’est insurgée en entrevue lundi la députée libérale de Mille-Îles, Francine Charbonneau. « Elle s’en lave les mains en disant : “Ce n’est pas de notre faute, les commissions scolaires ont le droit de le faire.” Pourtant, si les commissions scolaires passent la facture, c’est parce que la puck est arrivée sur leur “plaque” avec le budget du gouvernement péquiste », a affirmé Mme Charbonneau, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement primaire et secondaire.

D’après la députée, pas moins de sept commissions scolaires sur 10 ont haussé les taxes pour compenser les compressions de 215 millions imposées cette année par le gouvernement Marois dans sa quête vers un retour à l’équilibre budgétaire.

Hausses «raisonnables»

Dans un entretien récent accordé à La Presse canadienne, la ministre Malavoy a refusé de critiquer l’appétit des commissions scolaires, jugeant les augmentations - qui s’élèvent jusqu’à 40 % dans certaines régions - raisonnables et conformes à ce que prescrit la loi.

Il importe de préciser que Mme Malavoy elle-même avait invité plus tôt cette année les commissions scolaires à utiliser « la marge de manoeuvre » que leur confère leur pouvoir de taxation pour atténuer l’effet des coupes. « Elle ne s’est jamais levée en Chambre pour dire qu’il ne fallait pas toucher aux services aux élèves ou qu’il ne fallait pas aller fouiller dans les poches de chaque ménage pour récupérer l’argent que le PQ veut aller chercher. S’ils avaient été francs et honnêtes, ils auraient agi autrement que de dire : “Ce n’est pas notre faute, ce sont les commissions scolaires qui facturent.” Un gouvernement responsable prend ses responsabilités », a fait valoir Mme Charbonneau.

Les parents devront débourser davantage, mais n’auront droit à aucun service éducatif de plus pour leurs enfants, bien au contraire. L’opposition officielle cite pour exemple la décision de la Commission scolaire de Laval (CSDL) de sabrer son programme de musique pour satisfaire aux exigences de l’État.

Bureaucratie «obsolète»

De l’avis de la parlementaire libérale, le gouvernement du Parti québécois refile par la porte arrière des hausses de taxes aux contribuables après avoir tout concédé aux grévistes étudiants de 2012 et renié sa promesse d’abolir la taxe santé. « Si vous regardez le dossier des étudiants dans la rue, si vous regardez le dossier de la taxe santé, bien, on est rendu aux commissions scolaires. Quelle sera la prochaine donne ? Des péages sur les autoroutes ? Je trouve ça triste de voir que la ministre de l’Éducation ne se lève pas debout pour dire : “Vous avez raison d’être mécontents, c’est parce qu’on a fait des coupures importantes que les commissions scolaires ont décidé de récupérer de l’argent autrement.” Mais non, elle dit que ce n’est pas de sa faute », a-t-elle décrié.

De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ) accuse le gouvernement d’avoir « minutieusement orchestré » et « sous-traité » la hausse du fardeau fiscal des contribuables par le biais des commissions scolaires. « Qu’on paie des taxes et des impôts pour des services, c’est une chose, mais qu’on paie des taxes pour des services qu’on aura même pas - et les services aux enfants vont diminuer dans les commissions scolaires - c’est indécent et inadmissible. Le gouvernement de Mme Marois et Mme Malavoy elle-même savaient depuis le mois de novembre que [des augmentations de taxes] pendaient au bout du nez des Québécois et ils n’ont rien fait », a dit la porte-parole caquiste en matière d’enseignement primaire et secondaire, Nathalie Roy.

La députée de Montarville a réitéré l’engagement de son parti d’abolir les commissions scolaires - une bureaucratie « obsolète » selon la CAQ - au profit d’une décentralisation accrue des pouvoirs vers les écoles.
23 commentaires
  • Félix Cloutier - Inscrit 5 août 2013 14 h 47

    Le PLQ, défenseur de l'éducation!

    L'étudiant en moi ne peut s'empêcher de sourire en voyant le PLQ s'insurger de la hausse de frais de scolarité au primaire et secondaire. Comme quoi il est louable d'aider les parents à payer pour l'éducation de leurs enfants, mais une fois que les enfants sont assez grands pour payer, qu'ils se débrouillent tous seuls, ou qu'ils arrêtent l'école.

    • Pascal Normandin - Inscrit 5 août 2013 16 h 44

      En fait, difficile ici de reprocher quoi que ce soit au PQ : il est le gouvernement qui a finalement été capable de dégeler les frais de scolarité universitaires et de les indexer, et maintenant, par équité, il permet une hausse significative de la taxe scolaire pour l'éducation primaire et secondaire. En résumé, le gouvernement prend clairement position et affirme clairement que l'éducation, ça a un coût, que les contribuables doivent absorber.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 août 2013 08 h 58

      Monsieur Normandin: je ne vois pas en quoi il est équitable (ou pas) pour le gouvernement de cesser les paiements de péréquation qui permettaient de geler les comptes de taxe scolaire malgré l'augmentation de la valeur foncière. La seule différence, pour nous, c'est que l'odieux (s'il y en a à financer l'éducation à même les fonds publics) est reporté sur les commissions scolaires, qui ont mauvaise presse de toute façon, tout en permettant au PQ de se faire du capital pour la prochaine élection sur un bilan de bonne gestion. La question de l'équité a depuis longtemps été évacuée... On peut bien présenter comme une évidence qu'il appartient au «contribuable» d'absorber les coûts. Mais on n'a pas montré que c'est équitable parce que tout le monde s'estime assez satisfait ou impuissant pour ne pas s'y opposer. Ni la CAQ ni le PLQ nni même QS n'auront l'audace de ranimer le débat de fond sur l'équité. Ils vont se contenter misérablement de faire de la petite politique sur le dos des commissions scolaires ou du PQ ou des deux. Mais se trouvera-t-il peut-être des citoyens pour se demander si la «juste part» n'aura pas été finalement trouvée au fond de leurs poches?

  • Chris G. Eustace - Abonné 5 août 2013 14 h 51

    Commissions scolaires : une bureaucratie « obsolète»


    5 août 2013


    La porte-parole caquiste en matière d'enseignement primaire et secondaire, Nathalie Roy, a réitéré l'engagement de son parti d'abolir les commissions scolaires, une bureaucratie que la CAQ estime «obsolète», au profit d'une plus grande décentralisation des pouvoirs vers les écoles.

    Bravo Nathalie Roy !

    Chris Eustace

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 août 2013 17 h 00

      La bureaucratie va rester: il faut partager les ressources.

      Qui va élire les directeurs d'école?

    • Gilles Goulet - Inscrit 6 août 2013 07 h 13

      Il faut bien mal connaître les commissions scolaires, ou pas du tout, pour écrire un commentaire comme le vôtre. Les abolir consistera à déplacer x emplois d'un endroit à un autre.

    • Pierre-Luc Chagnon - Inscrit 6 août 2013 09 h 56

      @M Goulet
      Pour l'abolition des commissions scolaires, le plus grand enjeu ne sera pas tant de supprimer des emplois inutiles, mais plutôt de décentraliser les processus décisionnels. Comment peut-on espérer que le citoyen moyen s'implique si on transforme l'appareil politique en mega-structure centralisée? On critique le cynisme du citoyen moyen, mais on ne forme pas les citoyens de demain (nos enfants) pour qu'ils s'impliquent davantage, et on ne leur donne que très peu de moyens pour le faire par eux-mêmes...
      La décentralisation, c'est ça, la clé pour que les citoyens se sentent impliqués!

    • Benoit Toupin - Abonné 6 août 2013 13 h 11

      "Une bureaucratie obsolète" une belle formule pour couper court à l'analyse pourtant toujours nécessaire. Je me méfie toujours de ces raccourcis...

      Une fois les commissions scolaires abolies, il faudra les remplacer et maintenir une structure pour assurer l'uniformité des ressources, dans toutes les régions même les plus éloignées, sinon il y aura des citoyens défavorisés. La saine compétition ne peut suffire parce que quelques fois il en coûte plus pour faire la même chose; c'est ainsi vrai en éducation. A titre d'exemple l'environnement multi-ethniques de Montréal ou le maintien de service de qualité en région éloignée.

      Oui méfions-nous des formules simplistes et populistes, elles peuvent dissimuler un manque d'analyse et du même trait induire l'incompétence.

      Je préférerais une bonne étude pour identifier les options. Dans ce dossier, la CAQ semble avoir fait l'inverse, elle a choisit le moyen d'abord et on verra...

  • Guy Desjardins - Inscrit 5 août 2013 15 h 19

    Il y en a qui doit se mordre les pouces.

    Ont a boudé la CAQ et voté pour le PQ et Libéraux. Tout avait été dit par la CAQ sur ce sujet, maintenant il faut prendre votre mal en patience et aux prochaines élections si, il vous reste encore des sous vous pourrez encore leur faire confiance.

    • Francois Cossette - Inscrit 5 août 2013 16 h 24

      Si vous pensez que les choses auraient été différentes avec la CAQ vous faites surement parti des naifs du québec. A toutes les fois qu'en a remplacer une structure, dans le passé, ca été pour en mettre une plus grosse, plus couteuse et plus inefficace.

      Tant que personne n'aura de compte a rendre dans la merveilleuse province de 'c'est jamais la faute a personne' il sera tres hasardeux de faire des réformes basés sur les analyses de nos reveurs de fonctionnaires au ministere de l'education a quebec.

    • Benoit Toupin - Abonné 5 août 2013 18 h 46

      Avant de me mordre les pouces, je préfère réfléchir un peu… La fiscalité, c’est simple, c’est l’ensemble des contributions des citoyens et des entreprises mis en commun pour être redistribué en services ou en soutien aux plus démunis. J’ai compris depuis longtemps que les gouvernements ne peuvent que déplacer les sommes et ce qu’il attribue à un poste n’est plus disponible pour d’autres. Les choix sont simples : Que d’autres paient davantage, qu’il y ait moins de services, que l’état fasse plus avec moins ou que l’économie s’active de façon significative.

      Depuis quelques décennies, la part des entreprises n’a cessé de diminuer, le Québec suivant la tendance nord américaine pour demeurer compétitif. Avons-nous le choix… Ce n’est pas la CAQ qui va aller dans le sens contraire.

      Moins de services? Il faut que l’état révise ses programmes de façon systématique. Ce n’est pas en espérant des élections à tous les 18 mois que nous encourageons le processus de révision. Moins de service ne doit pas compromettre la sécurité. Privatiser certains services où opter pour l’utilisateur payeur ne règle pas grand-chose; l’argent sort de nos poches de toute façon.

      Faire plus avec moins… Plus facile à dire qu’à faire.

      Tous les gouvernements tentent de stimuler l’économie mais il y a bien des aléas hors de leur contrôle.
      La CAQ proposait d’abolir les commissions scolaires. Très bien, mais quel seront les bénéfices réels. Il faudra bien que quelqu’un prenne la relève. On attend toujours l'explication...

      Soyons responsables plutôt qu’impulsifs et exigeons plus de précisions durant les campagnes électorales, et ce de tous. Aucun des partis politiques n’a recruté Luc Langevin pour faire apparaître l’argent; il vient toujours de nos taxes et impôts. Vrai pour la CAQ aussi.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 5 août 2013 16 h 52

    Hurler ou comment attirer l'attention

    La CAQ et le PLQ crient au meutre pour rien. Comme l'a précisé la ministre l'augmentation des taxes scolaires sera minime sauf à quelques endroits. Il n'y a pas fouetter un chat.

    • Gilles Goulet - Inscrit 6 août 2013 07 h 14

      30 à 40%, c'est très minime en effet.

  • Guy Desjardins - Inscrit 5 août 2013 18 h 33

    À M. François Cossette.

    C'est bien ce que j'ai écri, la CAQ n'a jamais été au pouvoir. Par contre j'ai déjà voté pour les Libéraux et le Parti Québécois. J'ai peut être été naif de voter pour eux pensant qu'ils pouvaient changer les abbérations que l'ont voient maintenant. Mais au moins j'ai essayé en votant pour ce parti de changer les choses. Si nous continuons à voter avec des oeillères partisannes, c'est votre problème et à vous de sortir votre portefeuille et payer pour vos idées préconsues en pensant que nul autre que votre parti est parfait et voir ailleur, c'est... interdi. Pourtant c'est facile à voir, regardé vos taxes depuis quelques années comment ils ont augmentées et avec le PQ au pouvoir rien n'indique que ça va changer. Alors pourquoi ne pas essayer la CAQ aux prochaines élections et si rien ne change revenir aux vielles habitudes. Je serai le premier à y voir.

    • Pierre Labelle - Inscrit 6 août 2013 05 h 22

      À M. Guy Desjardins.
      Vous avez une façon pas très originale d'aborder un problème de société. Votre suggestion me fait pensé au défunt Crédit Social de Réal Caouette, ce dernier disait: "vous n'avez rien à perdre à nous élirent, si vous n'êtes pas content, dans 4 ans vous nous mettrez dehors". Avec ce genre de "logique", il nous faudrait multiplier à l'infini les partis politiques, la tour de Babel quoi. Les gens veulent tout avoir à moindre coût et même gratuitement pour certain, mais ils ne veulent pas payer les taxes et impôts qui doivent défrayer le coût de ces services, faudrait se faire une idée... Quand on vote pour un parti politique, c'est il me semble parce qu'on adhère au programme que ce parti nous propose, sinon pourquoi ou pour qui l'on vote?

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 6 août 2013 10 h 03

      M. Legault a déjà été ministre dans un gouvernement péquiste. Ce qu'il veut approfondir, c'est le démantèlement des services publics; déjà opéré par le PQ et le PLQ. Privatiser les profits et soiclaiser les déficits, voilà leur logique commune.

      Si vous voulez un vrai changement, essayer Québec solidaire !