Option nationale - Un premier candidat à la succession d’Aussant

Encore ébranlé par la démission-surprise de Jean-Martin Aussant, Option nationale (ON) tente de se reprendre en main : un premier candidat, Sol Zanetti, s’apprête à plonger dans la course à la direction du jeune parti indépendantiste, a appris Le Devoir.

 

La comédienne et militante Catherine Dorion, qui était pressentie pour succéder à Jean-Martin Aussant, a décidé de passer son tour et d’appuyer la candidature de M. Zanetti (voir la page Idées du Devoir). Inconnu du grand public, ce dernier s’est fait un nom au sein d’ON à titre de candidat dans la circonscription de Louis-Hébert, aux élections de septembre 2012.

 

« Le départ d’Aussant a été dur pour le moral momentanément, mais on s’est dit que ça ne serait pas le parti d’un seul homme », a dit Sol Zanetti en entrevue avec Le Devoir, mercredi.

 

Ce professeur de philosophie au Campus Notre-Dame-de-Foy, un établissement d’enseignement privé de niveau collégial à Québec, a été attiré à Option nationale par la fougue de Jean-Martin Aussant, qui a claqué la porte du Parti québécois en juin 2011. Deux ans plus tard, en juin dernier, le départ précipité d’Aussant - pour s’occuper de ses enfants - a provoqué une onde de choc chez les 8000 membres d’ON.

 

Certains militants remettent en question leur engagement au sein du jeune parti, reconnaît Sol Zanetti. Mais la vaste majorité des membres reste en place et compte tout mettre en oeuvre pour relancer la formation avant les prochaines élections générales, selon l’aspirant-chef de 30 ans (il aura 31 ans la semaine prochaine).

 

Un pays à bâtir

 

« On va se retrousser les manches et on va continuer », dit Marc-Antoine Bélanger, responsable des communications du parti. Le Conseil national d’ON met la dernière main aux règles de la course à la direction, qui sera officiellement lancée dans les prochaines semaines, indique-t-il.

 

Au moins deux autres militants d’ON songeraient à se lancer dans la course, mais seul Sol Zanetti a confirmé sa candidature. Comme son charismatique fondateur, M. Zanetti dit militer à Option nationale « pour l’indépendance d’abord et avant tout ».

 

« Dans le parti, Sol Zanetti est vraiment une minivedette. J’ai vu ses discours, il peut faire rire et pleurer les gens en parlant avec sa tête et avec son coeur », dit Catherine Dorion. Elle renonce à se lancer dans la course pour la même raison qui a mené au désistement de Jean-Martin Aussant - s’occuper de sa jeune famille.

 

La course à la direction qui s’amorce est cruciale pour l’avenir d’Option nationale, croit Catherine Dorion. Candidate dans Taschereau en septembre 2012, elle continuera de militer à la condition que le parti reste « un allumeur de fougue, un incubateur d’enthousiasme ». Toute une mission pour le prochain chef du parti, qui a obtenu 1,89 % des voix avec Jean-Martin Aussant comme chef, en septembre dernier.

13 commentaires
  • Pierre Leclerc - Inscrit 1 août 2013 07 h 49

    Et la course à la chefferie?

    Bon, Sol Zanetti pourrait faire un excellent chef, dixit Mme Dorion. Soit. C'est l'opinion d'une membre, d'une personne qui jouit de beaucoup de popularité dans le parti depuis sa fameuse sortie vidéo lors de la dernière campagne électorale. Une "vedette" qui appuie une "mini-vedette", quoique que je déteste cette notion de vedettariat. Mais les autres candidats ? Ils viendront, me direz-vous. Certes, ils viendront. Et j'espère, même je suis convaincu, qu'il y en aura de très bons.

    Cet article me laisse sur mon appétit.

    Puisque Mme Dorion croit elle-même que "la course à la direction qui s'amorce est cruciale pour l'avenir d'Option nationale", j'aurais aimé que le journaliste pousse plus loin son entrevue, pour nous faire rapport sur le choix des modalités de la course, qui inquiète actuellement beaucoup de militants et de leaders à l'intérieur du parti, et qui a fait l'objet de très longues discussions et de débats au sein du Conseil national au cours des dernières semaines. Un choix qui remet en question le la volonté d'Option nationale de "faire de la politique autrement", ce qui m'a amené, entre autres raisons, à me joindre à ce parti.

  • Pierre Schneider - Abonné 1 août 2013 08 h 00

    Candidatures à suivre

    Dans les cercles onistes, on parle aussi du fait que plusieurs militants souhaitent vivement la candidature de l'ancien député péquiste Jean-Claude Saint-André, tout en espérant que ce parti opte définitivement pour l'option républicaine en opposant cette forme de régime à celle de la monarchie.

  • Jean Lapointe - Abonné 1 août 2013 08 h 02

    Il me semble qu'il ne s'agit pas de gagner pour gagner.

    «Comme son charismatique fondateur, M. Zanetti dit militer à Option nationale» pour l’indépendance d’abord et avant tout.» (Sol Zanetti)

    Je suis bien content que monsieur Zanetti soit favorable à l'indépendance politique du Québec.

    Je le suis moi aussi parce que je trouve qu'il serait de beaucoup préférable que nous soyons autant que possible maîtres de notre avenir.

    La dépendance n'est surtout pas une bonne chose quand on peut faire mieux.

    Par contre, si l'indépendance est souhaitable c'est parce que nous considérons que ce serait mieux pour les Québécois.

    Il ne s' agit donc pas, à mes yeux, de vouloir l'indépendance pour l'indépendance c'est-à-dire qu'enfin nous puissions dire que nous l'avons remporté sur nos adversaires.

    Pour y parvenir il m'apparaît essentiel qu'un nombre maximum de Québécois la désirent et la veulent.

    Je me trompe peut-être mais j'ai la désagréable impression que les partisans de Jean-Martin Aussant veulent gagner pour gagner, comme s' ils étaient engagés dans une compétition sportive, au lieu de vouloir y parvenir parce qu'ils jugeraient que ce serait la meilleure chose à faire pour notre avenir.

    Il me semble qu'ils feraient oeuvre beaucoup plus utile aux Québécois s'ils se considéraient comme un mouvement d'éducation populaire au lieu d' être un parti politique.

    Ils me donnent l'impression de chercher à "entraîner" la population dans une sorte de course au trésor au lieu de chercher à les convaincre intellectuellement du bien-fondé du projet d'indépendance.

    Et cela m'inquiète parce que je crains qu'ils indisposent davantage ceux qui parmi nous sont encore indécis au lieu de les rassurer.

    On dirait qu'ils se considèrent comme une sorte d'avant-garde engagée dans un combat pour la victoire. Est-ce bien de cela que nous avons besoin?

  • Pierre Raymond - Inscrit 1 août 2013 10 h 24

    Et vivement un/e chef de qualité

    Pour avoir assisté au Congrès du printemps, je peux assurer qui veut l'entendre que ce parti ne manque pas de ressources. À moins de virements majeurs, ce parti va demeurer MON PARTI pour longtemps. Je ne me reconnais pas dans aucun des autres partis.

    Pierre Raymond, Montréal

  • Benoit Genest - Inscrit 1 août 2013 10 h 51

    J'imagine que pour certains, la démission de JMA se résume aux arguments familiaux que ce dernier a offert au moment de son départ, mais je suspecte d'autres motifs, notamment des résultats décevants aux dernières élections et des perspectives à peine meilleures pour les prochaines. Voilà qu'avec son départ, ON devient un parti dont les chances d'obtenir des sièges ne sont guère meilleures que celle du Parti Communiste du Québec.

    J'ignore ce qui se passe dans l'esprit des militants qui persistent dans ce parti, mais ce que j'ai à leur dire n'est pas très élogieux. Il faut être franchement entêté et orgueilleux pour persister dans une organisation dont le chef (un narcissique en quête d'attention) les a abandonné en "espérant" qu'ils se débrouilleront dans le monde politique avec des candidats comme des comédiens, des professeurs de philosophie, des syndicalistes et des étudiants, toutes des professions hautement estimées auprès de l'électorat. Évidemment, personne ne les empêche de se présenter, mais personne ne peut forcer la population à voter pour eux. Disons que la formation d'économiste de JMA assurait un minimum de crédibilité à son parti, mais je doute que le profil des candidats sera suffisant pour rehausser les intentions de vote...

    Qu'on m'accuse de mauvaise foi, de cynisme ou de condescendance, mais je suis moi-même étudiant à la maîtrise en philosophie et je connais bien le mépris que l'on réserve aux gens qui pratiquent cette discipline. Croire qu'un professeur de philosophie soulèvera les foules, alors que pour de nombreux québécois considèrent son enseignement comme une nuisance qui est coûteuse à l'Etat et qui ralenti les formations professionnelles et techniques, relève d'un idéalisme naïf. Je me désole de ce courant anti-intellectualiste, mais il y a bien longtemps que j'ai compris que de nombreux obstacles se dressaient contre ceux qui ont l'ambition de devenir Philosophe Roi.

    En attendant, continuez de diviser le vote souveraini

    • Nicolas Bouchard - Inscrit 1 août 2013 15 h 01

      +1 à votre commentaire M. Genest (bien que je ne suis qu'un bachelier en histoire:-))

    • Gabriel Normandeau - Abonné 1 août 2013 22 h 18

      Pour quelqu'un qui se dit en philosphie, vous faites de drôle de raccourcis
      « la démission de JMA se résume aux arguments familiaux que ce dernier a offert au moment de son départ, mais je suspecte d'autres motifs, notamment des résultats décevants aux dernières élections et des perspectives à peine meilleures pour les prochaines.»

      Vous vous basez sur un préjugé.

      «ON devient un parti dont les chances d'obtenir des sièges ne sont guère meilleures que celle du Parti Communiste du Québec.»

      Ce sont deux partis avec un historique, des visées différentes. Ce n'est pas un bonne comparaison.

      « Il faut être franchement entêté et orgueilleux pour persister dans une organisation dont le chef (un narcissique en quête d'attention) les a abandonné...»

      Vous fondez votre point de vue déscriditant un individu (même s'il est le chef) avec des mots dégradants.

      «... des syndicalistes et des étudiants, toutes des professions hautement estimées auprès de l'électorat.»

      argument fallatieux, vous faites appel à un certaine pensée commune pour vous justifier de discriditer les gens qui les composent. (En disant qu'ils ne sont que cela d'ailleurs)

      «...mais je suis moi-même étudiant à la maîtrise en philosophie et je connais bien le mépris que l'on réserve aux gens qui pratiquent cette discipline.»

      Appel au prestige. Vous êtes dans la même poistion comme eux, donc vous savez de quoi vous parlez.

      De tout le commentaire, vous n'avez pas attaqué les idées ou les propostitions du parti. Seulement de quoi, ils ont l'air ou de leur popularité.

    • Michel Thériault - Abonné 2 août 2013 12 h 52

      Donc, selon vous monsieur Genest, voter pour un parti qui veut prendre la destinée du Québec en main est une cause perdue ? Il faut donc voter pour le parti qui aura le plus de chances de l'emporter aux élections, c'est ça ? Pour pouvoir dire qu'on a "gagné ses élections" ? Drôle de raisonnement...

    • Benoit Genest - Inscrit 3 août 2013 12 h 41

      @ Normandeau. Je ne perdrai pas trop de temps à répondre à votre exercice d'écolier (débusquez les soi-disants "sophismes"). Vos arguments sont bancaux et si je n'ai pas pu approfondir certains des miens, ce n'est pas par paresse intellectuelle, c'est faute de caractères disponibles.
      @ M. Thériault. Le PQ propose déjà de prendre en main la destinée du Québec et a à sa tête une femme qui a bien plus d'un tour dans son sac et qui manie du mieux qu'elle peut la division gauche/droite au sein de son Parti. Vous n'êtes pas d'accord avec l'orientation que prend le PQ? Je crois qu'il est possible de militer au sein d'un parti plutôt que de se chicaner (encore une fois) sur la place publique et de démontrer à la population comment les souverainistes sont fragmentés, déchirés.

      "ON" prend les choses en main? Faites-moi rire! ON et JMA sont des produits dérivés du PQ et ont été rendus possible grâce au PQ, grâce au fait que JMA a été élu sous sa bannière pour ensuite faire une crisette et fonder son propre parti qu'il a abandonné quelques mois plus tard. ON n'a jamais été à l'Assemblée nationale, si ce n'est d'un déserteur du PQ. Les gens n'ont pas voté pour JMA, mais pour le PQ.

      Au reste, ON fait tout sauf prendre les choses en main. Tout ce qu'il fait, c'est diviser le vote souverainiste et affaiblir le PQ non pas à son propre profit, mais au profit de ses VÉRITABLES adversaires; la CAQ et le PLQ. Le résultat des dernières élections nous a offert la plus criante des démonstrations. Combien de sièges aurait le PQ sans la division du vote? Voter par principe ou par "coeur" pour QS ou ON a-t-il fait avancer leurs causes respectives? Aucunement. Seul le PLQ a été avantagé.

      Que m'importe les idées de ce parti; qu'il les discute au sein du seul parti souverainiste susceptible de percer dans la scène politique québécoise; le PQ. Ce jour-là, je l'appuerai fermement et me rangerai dans l'aile gauche du PQ.