Conflit étudiant - La commission se prolongera à des fins électoralistes, prédit la CAQ

Le printemps érable sera examiné après la fête du Travail par une commission dirigée par l’ex-ministre Serge Ménard.
Photo: François Pesant - Archives Le Devoir Le printemps érable sera examiné après la fête du Travail par une commission dirigée par l’ex-ministre Serge Ménard.

La Coalition avenir Québec (CAQ) n’est nullement surprise du report d’un mois des audiences de la Commission spéciale d’enquête sur les événements du printemps 2012 au Québec et s’attend maintenant à ce qu’elle demande une prolongation de son mandat, ce qui servirait selon elle les intérêts politiques du Parti québécois.

« Vous allez voir qu’on va redemander une extension et ça va amener [le dépôt du rapport] quelque part au mois de mars, peut-être un mois avant les élections, a soutenu le porte-parole caquiste en matière de Justice, Jacques Duchesneau, pour qui l’échéance électorale ne fait aucun doute. C’est clair, je n’ai même pas de doute dans mon esprit. C’est bien évident qu’on va être en élection au printemps prochain. »

De la « petite politique »
 
M. Duchesneau se dit toujours convaincu que la Commission, présidée par l’ex-ministre de la Sécurité publique Serge Ménard, a été mise sur pied par le gouvernement Marois strictement à des fins électoralistes. « On va se faire du capital parce qu’il est clair que, ce que l’on vise essentiellement au niveau du Parti québécois, c’est de faire porter le blâme de tout ça au Parti libéral. C’est de la petite politique », a tranché le député de Saint-Jérôme.
 
La Commission a décidé de reporter ses audiences, qui devaient en principe s’amorcer ce jeudi, au début de septembre, constatant que les éventuels témoins n’étaient pas disponibles en raison de la période des vacances estivales.
 
M. Duchesneau se garde bien, toutefois, de montrer du doigt le président de la Commission, disant avoir le plus grand respect pour M. Ménard et pour l’ex-juge Bernard Grenier, qui est également commissaire au sein de l’organisme. « J’apprécie particulièrement M. Ménard, que j’ai côtoyé, a expliqué M. Duchesneau. Je n’ai pas de doute que M. Ménard et le juge Grenier, que j’ai aussi côtoyé dans ma carrière, ce sont deux sommités. C’est le seul espoir que j’ai qu’il va peut-être se produire quelque chose de positif là-dedans. »
 
Il a davantage de réserves à l’endroit de la troisième commissaire, l’ex-présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, qu’il estime partiale en raison de sa position contre la hausse des droits de scolarité durant le conflit.
 
De son côté, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) se dit prête à participer aux audiences si on le lui demande, même si elle a des réserves quant au mandat de la Commission et à son format. « Nous ne sommes pas d’accord avec la grande étendue du mandat ; entre autres, ils peuvent se pencher sur des comparaisons internationales, ça peut être très long, a fait valoir le président de la FEUQ, Antoine Genest-Grégoire. Il y a aussi le fait que ce n’est pas une commission d’enquête comme on le réclamait, mais bien une commission d’examen. »

12 commentaires
  • Denyse Moreau - Inscrite 31 juillet 2013 19 h 14

    monsieur Duschesneau

    Bonsoir le nouveau policier de la politique,
    En mal de nouvelles pour la CAQ????
    Dommage, vous étiez un excellent leader de la police communautaire....
    Très déçue de vous.

  • Benoit Toupin - Abonné 31 juillet 2013 19 h 26

    Le procès d'intention est toujours néfaste

    La mise en garde de Monsieur Duchesneau n'est que procès d'intention qui, du même souffle, pourrait nous amener à lui prêter des intentions électoralistes à lui aussi. A quand la fin de cette façon de faire de la politique. Questionner, critiquer les gestes oui, mais le procès d'intention, non merci!

    Pouvons nous faire confiance. Nous verrons bien, à l'usage, si des fins électoralistes ont gidé le gouvernement. La CAQ prévoit des élections au printemps; peut-être, mais la vie continue et la durée du gouvernement de Madame Marois est de quatre ans, jusqu'à nouvel ordre. Elle doit gouverner comme si c'était le cas. Il faudrait nous expliquer pourquoi des élections devraient avoir lieu au printemps 2014. L'état de la situation n'est pas tel que des élections soient requises bientôt. Faut-il refuser d'étudier notre société parce que, peut-être nous serions en élections d'ici un an... Drôle de façon d'envisager les choses. Et si nous avions un autre gouvernement minoritaire...

    Le printemps 2012 a déchiré notre société et entrainé des perturbations qu'il faut comprendre et analyser pour éviter de les revivre. Chercher la voie d'une meilleure dynamique social et politique face à nos enjeux collectifs n'est pas un geste futil. Si les acteurs de cette commission n'agissent pas d'en l'intérêt général, sachez Monsieur Duchesneau que nous sauront bien nous en apercevoir...

    Pour ce qui est de votre réserve à l'égard de Mme Charbonneau, qui n'a pas pris position à l'égard du conflit étudiant? Les tenants d'une position ou de l'autre peuvent tous être suspectés de biais; il faut encore une fois faire confiance et juger de la capacité d'écoute et de bon jugement de la personne choisie. Encore une fois nous sommes capable de discerner si le comportement est inapproprié. Mme Charbonneau a été une grande intervenante de notre société et une défenderesse de la solidarité sociale. Elle ne mérite pas la réserve que vous lui manifestez.

    • Alexis Lupien-Meilleur - Inscrit 1 août 2013 09 h 12

      (Carbonneau)

      Sinon, j'aime bien votre commentaire!

  • Carole Dionne - Inscrite 31 juillet 2013 22 h 18

    M Duchesneau est parfait

    Comme François Legault. Pas croyable que le monde ne les croit pas. Eux, de si valeureuses personnes.

  • Vincent Lefebvre - Inscrit 1 août 2013 00 h 23

    De la politique Autrement...

    Le printemps érable a été un évènement majeur mais ce n'est pas une "déchirure de notre société" selon moi. C'est tout simplement une démocratie à l'oeuvre. Un gros débat d'idées, qui peut dérapper à l'occasion parce que ce sont des sujets émotifs. C'est normal. C'est même un exercice très sain à l'intérieur d'une démocratie qui se respecte et il ne devrait pas en être autrement, liberté d'expression oblige.
    Allez raconter à un Égyptien, un Syrien, un Grec ou un Malien que votre société est en train de s'entre-déchirer, et attendez leur réaction... juste pour voir...

    Je crois que Mr.Duchesneau a raison dans son commentaire. Je suis 100% d'accord qu'il faut arrêter de faire de la politique de dénigrement et de critique des autres, mais cette commission en elle-même est destinée à être une énorme critique du travail libéral.
    Je me demande tout simplement ce qui peut ressortir de cette commission que nous ne sachions pas déja.

    Tout le monde sait que la gestion de la crise de la part des libéraux a été atroce, ce qui a grandement contribué à envenimer les choses. C'est pourquoi M. Charest n'est plus le premier ministre du Québec, son procès a déja été fait, nul besoin d'une commision d'examen pour le constater à nouveau.

    Toute cette histoire n'est, selon moi, qu'une manoeuvre politique du PQ pour gagner des voix aux prochaines élection. Les stratèges du parti ne pensent pas pouvoir en gagner avec leurs idées, ils utilisent donc encore et toujours la vieille technique de dénigrement des autres pour aller chercher une majorité. Ils prouvent encore une fois leur manque de compréhension des attentes de la société Québécoise d'aujourd'hui.

    Non, nous ne sommes toujours pas entrés dans l'époque ou on fait de la politique autrement...

    • Benoit Toupin - Abonné 1 août 2013 08 h 39

      Je suis d'accord que le printemps érable n'est pas une déchirure, mais je n'y voit pas non plus la démocratie à l'oeuvre. Nous avons vécu une polarisation extrême des positions défendues; si bien que la défense des positions étaient devenues plus importantes que l'objectif soit une éducation de qualité accessible à tous. Il y avait une multitude de façon d'atteindre cet objectif, mais notre dynamique social et collective nous a empêché de les considérer.

      Il y a aussi lieu de se poser des questions sur la meilleure attitude à adopter de la part des dirigeants, des forces policières, des instances syndicales et des associations de citoyens pour mieux laisser exprimer la liberté d'opinion et susciter la créativité dans le dénouement des débats.

      Dans cette épisode de notre histoire récente, tous les intervenants étaient, au quotidien en mode réaction. Réfléchir après les évènements nous permettra peut-être de trouver pour l'avenir, une façon plus organisée de débattre pour une meilleure démocratie à l'oeuvre.

      Voilà pourquoi, je pense qu'il faut donner confiance et soutien à cette commission. Il sera toujours temps de décrier si nous avons été leurrés par une patente électoraliste.

    • Vincent Lefebvre - Inscrit 1 août 2013 23 h 36

      Votre lecture des évènements est on ne peu plus juste, mais il me semble clair que la cause principale de cette polarisation extrême des évènements a été l'approche du gouvernement libéral tout au long du processus de décision de la hausse et de la crise qui s'en est suivie. Les syndicats ont aussi apporté beaucoup de soutien à la cause éudiante et ils ont grandement contribué à envenimer les choses.

      Je crois, comme vous, qu'il est primordial de se questionner sur les moyens à prendre pour empêcher de tels débordements dans le débat politique à l'avenir.

      Malheureusement, j'ai de sérieux doutes sur la crédibilité de cette commission en raison des gens nommés pour la présider.

      Qu'on nomme un juge va de soit, qu'on nomme un PQiste, c'est de bonne guerre. Mais pourquoi nommer une syndicaliste pour venir les appuyer?
      On se retrouve avec 1 membre impartial et deux membres qui sortent traditionnellement du même milieu politique (la proximité entre le PQ et les syndicats est impossible à nier). De plus, ces deux entités politiques étaient dans le même camp lors des événements étudiés.

      Il me semble que de nommer un sympathisant Libéral, ou à tout le moins un CAQiste ou un membre issu du milieu des affaires, traditionnellement plus éloigné des positions du PQ, aurait grandement contribué à apporter une crédibilité à cette commission. Les gens de toutes les sphères de la société québécoise se seraient sentis représentés par ce comité de direction et le débat n'aurait été que plus sain et impartial, et suivi plus attentivement par tous les Québécois.

      Dans cette situation, si la commission finit par dire que ce sont les libéraux les responsables, ce qui risque fort d'arriver, personne ne les prendra vraiment au sérieux et ça donnera des munitions à tous ceux qui vondront dire que les jeux étaient faits avant même que la partie ne commence.

      Rien pour adoucir et faciliter le débat politique Québécois...

  • Pierre Labelle - Inscrit 1 août 2013 05 h 14

    Projection.

    M.Duchesneau nous fait encore une fois son petit numéro, un amuseur public, mais qui se prend au sérieux. Comme à son habitude il se projette à travers d'autres, à tel point que cela frise le procès d'intention. S'il y a un parti politique au Québec qui fait ce genre de calcul électoraliste, on peut dire sans peur de se tromper que la CAQ arrive en tête de liste. Alors si j'étais à votre place (aucune chance que cela se produise) je me garderais une petite gêne