Conflit étudiant - Commission Ménard: les audiences sont reportées

Le conflit étudiant qui a agité le Québec au printemps 2012 sera examiné sous la loupe d’une commission dirigée par l’ex-ministre Serge Ménard.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le conflit étudiant qui a agité le Québec au printemps 2012 sera examiné sous la loupe d’une commission dirigée par l’ex-ministre Serge Ménard.

Québec — Trouvant « illusoire » de commencer les auditions en août comme il était prévu à l’horaire initial, la Commission spéciale d’enquête sur les événements du printemps 2012 reporte d’un mois le début des témoignages.

 

« Il était prévu, au départ, par le ministère, que les auditions débutent dès le premier août, mais on trouvait ça un peu surréaliste, explique le porte-parole de la Commission, Jean Polloni en entrevue au Devoir. Nous avons eu plusieurs rencontres avec les commissaires et il a été convenu de commencer après la fête du Travail. »

 

Des témoins difficiles à rejoindre

 

Les nouvelles dates ne sont pas encore confirmées, mais déjà, Jean Polloni affirme « sous toute réserve » que la Commission devrait entendre ses tout premiers témoins autour du 10 septembre, soit une semaine après la reprise des audiences de la commission Charbonneau. « On étirerait les audiences sur 8 semaines, entre le 10 septembre et le 1er novembre », précise-t-il.

 

La Commission s’est vue dans l’obligation de réajuster son horaire, car il s’est avéré plus difficile que prévu de joindre les éventuels témoins, qui étaient en vacances au moment où la Commission les a contactés en juillet. Pour les autres, à qui les commissaires ont pu parler et qui ont démontré un intérêt à témoigner, ils n’étaient pas disponibles en août, profitant à leur tour de quelques semaines de répit. « Les témoins doivent être disponibles, soutient Jean Polloni. Les gens sont en vacances, ils doivent se consulter, s’organiser. On se devait donc d’attendre la fin de l’été pour commencer les auditions. »

 

Refusant de préciser qui sera entendu par les commissaires, Jean Polloni se contente de répondre que « beaucoup de gens ont été rencontrés ». En effet, la Commission est en mode cueillette d’information depuis le mois de juin. Des rencontres préliminaires ont eu lieu avec les futurs témoins dans le but de préparer un plan de travail et un horaire préliminaire pour les auditions. Des plages sont réservées pour des audiences privées et publiques. « On a des confirmations de gens qui sont prêts à témoigner en public »,ajoute-t-il sans préciser de noms.

 

Les critiques ont été nombreuses depuis l’annonce, par le ministre de la Sécurité publique Stéphane Bergeron en mai dernier, de cette Commission spéciale d’enquête sur les événements du printemps 2012, que l’on juge partiale en raison de la présence de l’ancien ministre péquiste Serge Ménard, qui agit à titre de président, et de celle de l’ancienne présidente de la CSN, Claudette Carbonneau. L’ex-juge Bernard Grenier siège également à titre de commissaire.

 

Boycottage

 

Plusieurs acteurs clés du printemps érable ont annoncé leur intention de boycotter l’exercice, dont l’association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE). Plusieurs syndicats de policiers ont également annoncé qu’ils n’y participeraient pas.

 

Jointe par Le Devoir mardi, la Fraternité des policiers de Montréal a confirmé qu’elle n’avait pas changé d’avis. « Nous n’avons pas été contactés par la Commission et, d’autre part, notre position n’a pas changé : nous ne participerons pas à cette Commission », a soutenu le relationniste Martin Desrochers.

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Ce texte a été modifié après publication.

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22 commentaires
  • Pierre Labelle - Inscrit 31 juillet 2013 05 h 58

    Les absents....

    Ne dit-on pas que les absents ont toujours tort, la Fraternité des policiers de Montréal ne semble pas très crédible en prenant cette décision, c'est comme si elle avait des choses à cacher.

    • Michel Gagnon - Inscrit 31 juillet 2013 10 h 17

      On pourrait dire la même chose de l'ASSE.

    • François Robitaille - Inscrit 31 juillet 2013 13 h 53

      Dans ce cas-ci, qu'ils aie tors ou non, le but n'est pas de gagner un bataille mais comprendre les événements. La présence de tous est essentielle

    • Gabriel Auclair - Inscrit 31 juillet 2013 14 h 24

      L'impartialité aussi est essentielle.

  • Pierre Vincent - Inscrit 31 juillet 2013 06 h 08

    Le ministre de la Justice, Stéphane Bergeron ???

    Ainsi donc, Stéphane Bergeron aurait été promu ministre de la Justice ? Je pense que nous savons tous qu'il est plutôt ministre de la Sécurité publique et que c'est à ce titre qu'il a créé la commission d'enquête dont il est ici question. C'est plutôt le député de Chamby qui est ministre de la Justice, aux dernières nouvelles...

    Pour ce qui est de la Commission Ménard, comme on l'appelle, elle ne devrait même pas exister dans sa forme actuelle, puisque l'exercice a été décrié de toutes parts depuis son lancement, en raison tant de la composition de la commission que de son mandat beaucoup trop ésotérique, c'est le moins qu'on puisse dire...

  • Catherine Paquet - Abonnée 31 juillet 2013 06 h 35

    Sine die !

    Pourquoi ne pas reporter cette ouverture...Sine die?

    Ou, en d'autres mots... aux calendes grecques?

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 31 juillet 2013 07 h 49

    A suivre … !

    « …la Commission spéciale d’enquête sur les événements du printemps 2012 reporte d’un mois le début des témoignages. » (Jessica Nadeau, Le Devoir)

    Invité ou non par cette Commission, ces quelques mots :

    Primo : Bien que la question de « gratuité » ait été portée ou véhiculée, le principal motif du « printemps érable » était de déloger (ou, de renverser par des coups d’éclats irrationnels) la Gouvernance libérale du pouvoir public ;

    Secundo : Bien qu’il ait eu quelques dérapages de circonstance (involontaires), le travail des autorités policières a été exécuté avec diligence et prudence professionnelles ;

    Tertio : le port du « carré-rouge » sur le drapeau du Québec, et par des partis politiques complices, a constitué, d’avis humbles, une insulte tant au patrimoine qu’à la démocratie et ;

    Quarto : Quant au reste, qu’ajouter ?

    A suivre … ! - 31 juillet 2013 -

    • Simon Chamberland - Inscrit 31 juillet 2013 13 h 07

      Vous auriez intérêt à transmettre vos conclusions à la commission, puisque vous semblez les avoir déjà !

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 31 juillet 2013 19 h 03

      Si la Commission lit les commentaires, elle est, possiblement, au courant, et il ne faut pas s'inquiéter pour elle.

      D'accord ?

  • Franklin Bernard - Inscrit 31 juillet 2013 08 h 51

    La fraternité des policiers de Montréal refuse de témoigner

    Ces policiers du SPVM continuent de faire comme s'ils n'avaient aucun compte à rendre à la société quant à leurs abus de répression dans le conflit de 2012. Ou leur violence généralisée et leur brutalité de comportement avec les citoyens dans la vie de tous les jours.

    Il reste à espérer que la Commission aura le pouvoir d'émettre des subpoena.

    • Jean Ouellet - Inscrit 31 juillet 2013 12 h 12

      En somme, les torts seraient tous du même côté selon vous. À mon avis les manifestations répétées des étudiants ont été nettement plus perturbatrices pour le quotidien des citoyens.

    • Simon Chamberland - Inscrit 31 juillet 2013 13 h 06

      Je n'irais pas témoigner devant une commission politique dont le but est de blâmer des policiers et des libéraux.

      Oui il y a eu des abus, oui les libéraux furent d'un cynisme et d'une médiocrité sans nom, mais ça ne justifie pas cette commission broche-à-foin.

    • Sylvain Auclair - Abonné 31 juillet 2013 13 h 49

      Pas d'accord, monsieur Ouellet. Ce qui a perturbé le plus les gens, ce sont les quartiers complets bouclés par la police.

    • François Robitaille - Inscrit 31 juillet 2013 14 h 22

      La fraternité de policier pense avec justesse que cette commission n'est pas objective.

    • François Robitaille - Inscrit 31 juillet 2013 14 h 30

      M. Auclair, pourquoi pensez-vous que ces quartiers ont été bouclés? Ce qui perturbe le plus les gens c'est les personnes qui croient que les policiers sont contre nous... ce qui n'est pas le cas. Il y a des gens qui se font remplir d'ânerie concernant les policiers. Ce sont des citoyens comme les autres, comme dans la société entière, il y en a des mauvais et des bons. Leur travail est de protéger les droits de chacuns, ce qu'ils font avec brio.

    • Simon Chamberland - Inscrit 31 juillet 2013 20 h 17

      Ce qu'ils font avec brio ?

      M. Robitaille, le brio a résulté en des gens mutilés, des mensonges et des abus évidents.

      Il faut faire la lumière sur ces évènements, mais la forme de la commission, une patente à gosse partiale, ne le permettra pas.