Îlot voyageur: le promoteur verse 45 millions

Pauline Marois a confirmé vendredi la nouvelle vocation de l’îlot Voyageur en présence du ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, et du maire par intérim de la métropole, Laurent Blanchard.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois a confirmé vendredi la nouvelle vocation de l’îlot Voyageur en présence du ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, et du maire par intérim de la métropole, Laurent Blanchard.

Dans l’espoir de mettre un terme à la saga de l’îlot Voyageur, Québec a cédé pour 45,5 millions de dollars la partie nord du quadrilatère au Groupe Aquilini. Le site accueillera entre 700 et 750 appartements destinés à la vente et à la location, a indiqué le promoteur.


La première ministre Pauline Marois a confirmé vendredi à Montréal la conclusion de la transaction. Laissées à l’abandon depuis 2007, les deux tours inachevées de l’îlot Voyageur pourraient accueillir leurs premiers résidants en juillet 2015, a indiqué le vice-président du Groupe Aquilini, Jocelyn Lafond.


Pour l’instant, le promoteur, qui compte investir 150 millions sur le site, n’a pas déterminé quelle part les logements locatifs abordables représenteront dans son projet. « On est en train de regarder toutes les hypothèses, a expliqué M. Lafond. On est voisins de 40 000 étudiants à l’UQAM, de 5000 professeurs et bientôt, du nouvel hôpital. Ce sont tous des paramètres qu’on va regarder. »


Bien que Québec n’ait pas imposé d’exigences en matière de logements destinés au marché locatif, Jocelyn Lafond soutient que la configuration des édifices, avec des plafonds d’une hauteur inférieure à huit pieds, se prête mal aux condos. Il estime que les structures de béton sont en « bonne condition » même si elles sont exposées aux intempéries depuis 2007.


Les travaux de construction dans les immeubles de la rue Berri pourraient commencer au printemps 2014. Les bâtiments des rues Ontario, Saint-Hubert et de la Providence seront construits lors de phases subséquentes, a dit le promoteur.

 

La gare


La gare d’autocars, qui se trouve au rez-de-chaussée, ne fait pas partie de la transaction et a été cédée à l’Agence métropolitaine de transport (AMT). Les locaux lui ont été transférés gratuitement, mais l’AMT a dû débourser 18 millions pour acquérir l’entreprise qui gère la gare. À l’heure actuelle, la majorité des transporteurs utilisant cette gare sont issus du secteur privé, mais le p.-d.g. de l’AMT, Nicolas Girard, croit que les 19 quais toujours vacants pourraient intéresser des transporteurs publics.

 

Résidence étudiante


Quant au projet de résidence étudiante imaginé par l’UTILE (Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant), il ne verra pas le jour sur le site de l’îlot Voyageur. Le gouvernement endosse toutefois le concept élaboré par l’organisme sans but lucratif. Il consent donc à verser à l’UTILE 2 millions provenant des revenus de la vente de l’îlot Voyageur pour une résidence étudiante d’environ 150 chambres évaluée à 10 millions sur un site à déterminer dans le Quartier latin.


Ce dénouement a été accueilli avec enthousiasme par l’UTILE. « À mesure qu’on avançait dans différentes phases de développement, on a réalisé que le site n’était pas idéal pour un projet de coopérative d’habitation étudiante », a commenté Laurent Lévesque, de l’UTILE.


Deux scénarios sont sur la table, soit l’achat d’un site vacant pour une construction neuve ou l’achat d’un bâtiment existant pour une transformation. Ce projet-pilote réalisé avec la Société d’habitation du Québec (SHQ) pourrait servir de modèle pour des projets de résidences étudiantes ailleurs au Québec, croit Pauline Marois.


Si le sort de la portion nord de l’îlot Voyageur paraît réglé, rien n’est encore confirmé pour la partie sud du site. En décembre 2011, l’ex-gouvernement libéral avait annoncé la création du Campus de la santé publique de l’Université de Montréal, mais Pauline Marois estime que les jeux ne sont pas encore faits. « Le projet de Campus de la santé est à l’étude. Mais il y a aussi d’autres hypothèses qui sont évaluées », a-t-elle dit.

7 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 6 juillet 2013 06 h 28

    Toute une saga!

    Quel saga qui ne finit plus! Il faudra bien un jour écrire toute son histoire. Je ne m'attends à rien de bien glorieux! Un scandale de fonds publics honteusement perdus!

  • Normand Carrier - Inscrit 6 juillet 2013 06 h 57

    Tournons la page ......

    C'est un malheutreux épisode et il faut tourner la page rapidement sur ce fiasco de l'ilôt voyageur .. Il y a eu plusieurs enquêtes qui ont couté beaucoup d'argent pour en conclure que ce projet fut mené par des incompétents plus que des fraudeurs et que le triumvera mené par le recteur Rock Denis n'aurait jamais du se lancer dans l'immobilier , un champs d'activité dont ils ne connaissaient rien .....
    On peut s'interroger sur la responsabilité des ministres Fournier et Courchesne mais il faut aller de l'avant et redresser ce secteur qui en a un urgent besoin ....

    • Louka Paradis - Inscrit 8 juillet 2013 13 h 44

      Et vive le camouflage ! Tout un camouflet à la population québécoise. Signé le PLQ, par les bons soins de M. Jean-Marc Fournier, toujours en service commandé à l'Assemblée nationale.
      - Bê-ê-ê-ê, répondirent les moutons...

      Louka Paradis, Gatineau

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 6 juillet 2013 09 h 25

    Et pendant ce temps ...

    ... les responsables de ce fiasco financier n'ont jamais été inquiétés.

    Desrosiers
    Val David

  • André - Inscrit 6 juillet 2013 10 h 46

    Quelle différence d'avec le PLQ !

    Enfin, ça nous change de l'inertie des libéraux qui se disent toujours les meilleurs pour gérer l'économie au Québec.
    Difficile de détruire des mythes préfabriqués, même après les grands succès du PLQ de la perte des 40 milliards de la Caisse de Dépôt et de Placements et de la croissance de la dette de près de 60 milliards de dollars sous leur règne.
    Facile de dépenser à crédit et de se péter les bretelles.

  • Yves Archambault - Inscrit 6 juillet 2013 13 h 59

    impossible?

    il est impossible de construire 700-750 logement sur le site nord seulement...voilà!