Fluoration de l'eau - Les «anti-fluor» préparent leur riposte

Des citoyens ont lancé au printemps dernier une pétition demandant au gouvernement d’étudier, en commission parlementaire, la possibilité d’interdire la fluoration de l’eau potable.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Des citoyens ont lancé au printemps dernier une pétition demandant au gouvernement d’étudier, en commission parlementaire, la possibilité d’interdire la fluoration de l’eau potable.

Québec — Alors que Québec s’apprête à lancer sa nouvelle offensive pour fluoriser l’eau potable pour la moitié de la population d’ici cinq ans, les opposants préparent la contre-attaque et demandent au gouvernement Marois d’interdire une fois pour toutes la fluoration.


« C’est clairement un retour en arrière, il va falloir répliquer et préparer la contre-offensive, on n’a pas le choix », s’exclame Maryse Pelletier, vice-présidente de la Coalition Eau Secours, qui milite depuis des années contre la fluoration de l’eau potable.


Cette dernière était « effarée » en lisant les propos du directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint au ministère de la Santé, Horacio Arruda, dans les pages du Devoir mardi matin.


« C’est absolument insensé, dénonce-t-elle. Selon ce que nous avons pu voir sur le terrain, les Québécois n’en veulent pas. Alors je ne vois pas pourquoi on voudrait nous la faire avaler de force alors qu’il y a plein d’autres façons de prévenir la carie dentaire chez les enfants. »


Selon la Coalition Eau Secours, l’argent que dépensera Québec pour favoriser l’acceptabilité sociale de la fluoration serait bien mieux investi dans des campagnes de sensibilisation pour favoriser la santé dentaire chez les enfants avec des programmes et la réduction du sucre dans l’alimentation, par exemple. « La fluoration de l’eau n’a qu’une seule qualité, c’est d’aider à diminuer la carie dentaire, alors qu’il y a tellement d’inconvénients, comme le fait que ce soit biocumulable et que ça reste dans le corps et dans l’environnement. »

 

Guerre d’opinion publique


Le débat, qui fait rage depuis des années, s’apprête à reprendre de la vigueur alors qu’une nouvelle guerre d’opinion publique se prépare en coulisse. Ironie du sort, c’est un peu grâce aux opposants que le programme de fluoration s’apprête à trouver un deuxième souffle.


En campagne électorale, le Parti québécois s’était engagé à interdire la fluoration. Pour lui forcer la main, des citoyens ont lancé au printemps dernier une pétition demandant au gouvernement d’étudier, en commission parlementaire, la possibilité d’interdire la fluoration de l’eau potable.


La santé publique et les opposants se sont livré une chaude lutte pour tenter de convaincre les élus qui ont finalement choisi, au terme de l’exercice, de maintenir le statu quo et de « préserver les minces acquis en ce domaine ». On recommandait notamment de favoriser une plus grande acceptabilité sociale, défi que le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a choisi de relever.


« En ce qui nous concerne, tout ce qui permet de donner de l’information aux citoyens est un élément positif, et dans ce sens, la commission parlementaire a permis à plusieurs citoyens d’entendre parler de fluor et de voir qu’il y avait de l’opposition,se console Maryse Pelletier. C’est juste dommage que la Santé publique utilise cela pour lancer une nouvelle offensive de ce type. »

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