Génie-conseil : il n’y aura pas d’amnistie

Le gouvernement du Québec n’a pas l’intention de passer l’éponge sur les fautes commises par les firmes de génie-conseil même si des employés sont mis à pied, victimes collatérales des mesures correctrices qui ont été adoptées pour lutter contre la collusion et la corruption.

Le ministre Jean-François Lisée, responsable de la métropole, a prévenu jeudi qu’il n’était pas question d’amnistie pour les firmes fautives, bien qu’il trouve regrettable que des employés innocents soient touchés par des mises à pied.


« Il n’y aura pas d’amnistie ; il n’y aura pas de « passer l’éponge ». Il va falloir faire des changements. Alors, certaines entreprises vont réussir à se réformer et à survivre et à démontrer à l’AMF qu’elles se sont transformées. Certaines entreprises vont mourir et être remplacées par de jeunes entreprises plus saines », a résumé le ministre Lisée.


Lettre ouverte


Il réagissait ainsi à une lettre ouverte rédigée par Frédéric Sauriol, vice-président institutionnel chez Dessau et cousin des ex-dirigeants Rosaire et Jean-Pierre Sauriol. Dans cette lettre, le vice-président de la firme de génie s’insurge contre le fait que des employés innocents seront mis à pied parce que Dessau ne pourra pas obtenir de nouveaux contrats gouvernementaux à cause des gestes posés par leurs anciens dirigeants. Pour pouvoir continuer à soumissionner pour des contrats gouvernementaux, les entreprises doivent en effet obtenir un certificat de bonne conduite délivré par l’Autorité des marchés financiers (AMF).


Stéphane Bédard, président du Conseil du trésor et ministre responsable de l’Administration gouvernementale, a fait valoir jeudi un autre aspect du dilemme. « Je pense beaucoup aux entreprises qui se sont conformées à la loi et qui ont souvent perdu des contrats » à cause de la collusion et du partage des contrats entre un petit groupe select, a-t-il souligné. C’est « l’ensemble de la population qui a été victime de la collusion», a rappelé le ministre Bédard. Et cette collusion a entraîné «un coût réel pour la société».

10 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 28 juin 2013 05 h 30

    Au millimètre près...

    On se rappelle l'affaire de la viande avariée lors de la Commision d'enquête sur le crime organisé, ici, on est en présence du même phénomène, mais dans le domaine du génie-conseil.
    La firme Desjardins, Sauriol et Associés (aujourd'hui Dessau) était le maître d'oeuvre du viaduc de la Concorde. Elle a permis que, pour économiser sur les coûts, des mafieux puissent utiliser des méthodes et des composants de moindre qualité : cela va loin la corruption et la collusion. Résultat : effrondrement du viaduc, écrasant deux voitures et leurs cinq occupants, tués sur le coup. Six personnes qui circulaient sur le viaduc ont également été blessées.
    Or donc, or donc, Lisée et Bédard ont parfaitement raison d'être inflexible.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 juin 2013 05 h 47

    Le marché

    Les petites entreprises qui ont été étouffées par ces grands magouilleurs pourront respirer enfin et se développer. Le bassin d'employés est là. Des employés ça a des jambes, ça peux déménager !

    Mon oncle disait : «Mon nom c'est Joe Meilleurs, si ça fait pas icitte, ça fait ailleurs !»

    J'ai toujours fait la même chose toute ma vie, mais pour 10 employeurs différents ! C'est la loi du marché «OUVERT» !

    • Hélène Thompson - Inscrit 28 juin 2013 09 h 32

      le domaine du génie conseil ne fonctionne pas comme ça. Les gros contrats importants du gouvernement, ça prend des firmes de génies conseil assez grosse pour juste pouvoir "bidder" sur la job... Les petites, ça changera rien à cours terme, ils ne font pas ce genre de projet là dutout. Le génie n'a rien à voir avec "Joe meilleurs, je clou des planches pour un pedler. "

  • Denis Gobeille - Abonné 28 juin 2013 08 h 14

    Comment pouvons-nous éliminer la culture de corruption?

    Je me pose franchement la question. Comment pouvons-nous être assurés que la culture de corruption ne perdure pas si l’entreprise ne fait que changer de direction.

    Quelle leçon communiquons-nous alors?
    Prenez la Ville de Montréal. Devrions-nous la fermer aussi?
    La culture de corruption est, possiblement, à tous les échelons de la direction, des contremaîtres aux directeurs, sans oublier les autres.

  • Claude Smith - Abonné 28 juin 2013 08 h 44

    Et la CAQ

    Ce parti politique a voté pour la loi 1 comme tous ceux de l'assemblée nationale du Québec et a voulu se faire le champoin de la lutte contre la collusion et la corruption.( faire le ménage ) Et voilà que, maintenant, il ne voudrait pas qu'elle soit appliquée.

    Claude Smith

  • Jacques Patenaude - Abonné 28 juin 2013 09 h 05

    Racheter sa faute

    Et si les firmes d'ingénieurs fautives offraient de remettre l'argent volé peut-être que ça serait plus facile de les réintégrer dans le système. Si leur but est de protéger les emplois de leurs employés qui ont été honnête ça serait un geste à faire n'est-ce pas?