Dessau et Verreault échouent à l’examen de l’AMF

L'UPAC en perquisition dans les bureaux de Dessau, en novembre 2012
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L'UPAC en perquisition dans les bureaux de Dessau, en novembre 2012

L’importante firme de génie Dessau a été écartée des appels d’offres publics pour une période de cinq ans, jeudi, à la suite d’une décision défavorable de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) avait formulé un avis négatif qui a été maintenu par l’AMF contre Dessau et une entreprise associée, Verreault construction, a indiqué un porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge.


« Dans ces deux cas, les vérifications et les résultats de ces vérifications ont mené l’UPAC à faire une recommandation négative et l’AMF a fait un examen de la chose et a maintenu cette recommandation », a-t-il dit lors d’une entrevue à La Presse canadienne.


Selon le Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics, les deux entreprises seront écartées jusqu’au 19 juin 2018.


Des démissions


En vue de favoriser le processus d’habilitation sécuritaire de l’AMF, nécessaire pour obtenir des contrats publics de 40 millions de dollars et plus, Dessau avait annoncé la semaine dernière la démission de son président et chef de la direction, Jean-Pierre Sauriol.


Son frère Rosaire Sauriol a lui aussi quitté son poste de vice-président chez Dessau pour l’Amérique latine, après son témoignage devant la commission Charbonneau, en mars dernier.


Rosaire Sauriol avait exposé les pratiques de collusion et de fausse facturation de Dessau destinées à financer illégalement des partis politiques.


Encore cette semaine, un dirigeant de Dessau, Patrice Laporte, a fait les manchettes lorsque son nom a été mentionné dans l’acte d’accusation déposé contre l’ex-maire de Montréal, Michael Applebaum, qui a démissionné mardi après avoir été arrêté par la police. Dessau a affirmé que M. Laporte avait été suspendu de ses fonctions par la suite.


L’entreprise de construction Verreault est aussi un acteur important du secteur.


La vice-présidente principale de Dessau, Isabelle Jodoin, a affirmé que la décision de l’AMF aura un impact immédiat sur les activités de l’entreprise. Mme Jodoin a expliqué que des employés devront être mis à pied, les contrats publics comptant pour 75 % des activités de Dessau. « C’est inacceptable, ça va avoir un effet dévastateur », a-t-elle dit.

18 commentaires
  • louis cossette - Inscrit 21 juin 2013 05 h 39

    AMF

    Outre Desseau qu'arrivera -t'il des autres firmes, Lavalin , Génivar et autres firmes du même acabit, qui il y a à peine quelques semaines faisaient les manchettes à la Commission Charbonneau. Lavent-elles plus blanc que blanc? Par quel tour de " passe passe" ont -elles réussies à se refaire une virginité aux yeux de l'AMF? J'aimerais qu'on m'explique!

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 21 juin 2013 06 h 13

    « C’est inacceptable, ça va avoir un effet dévastateur»

    Ce qui est «inacceptable» Mme Jodoin c'est de vouloir continuer votre petit manège comme si tout ce qu'on découvre n'est qu'une petite ondée et que le soleil reviendra subito pour vous ramener les beaux jours.

    «Vous» vous êtes fait pogné les deux mains dedant, assumez !

    «Vous» êtes responsable de ce qui arrive à vos employés, pas nous !

    • Franklin Bernard - Inscrit 21 juin 2013 08 h 35

      M. Lefebvre, êtes-vous en train d'accuser Mme Jodoin de quelque crime? Qui est «vous»? Mme Jodoin ou l'entreprise? Si c'est Mme Jodoin, avez-vous des preuves? Si c'est l'entreprise, pourquoi ses emloyés innocents devraient-ils payer pour leurs patrons? Je ne sais pas pour quelle entreprise vous travaillez, mais aimeriez-vous vous retrouver mis à pied parce que votre patron a commis un acte répréhensible? Vous seriez le premier à crier, et avec raison.

      Une peu de jugeotte, s'il vous plait.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 22 juin 2013 06 h 46

      Expliquez-moi vers «qui» je dois diriger mon argumentaire sinon au ou à la «porte parole» de l'entreprise ? Je m'adresse donc à mon(ma)interlocuteur(e). La position que cette personne défend doit au moins avoir quelques atomes crochues avec ce qu'elle pense, sinon elle n'est pas plus «franche» que ses prédécesseurs.

      Déplacer la responsabilité vers quelqu'un d'autre me déplait au plus haut point (pour rester poli). Ce que cette personne nous annonce c'est que la société est maintenant responsable des effets pervers des décisions de ces chefs. Si ce n'est pas du «dumping», je sais pas ce que c'est !

      Si j'avais travaillé pour Dessau, les seuls vers qui je lancerais mes cris d'indignation seraient mes patrons ! Questions : Pourquoi n'entendons-nous pas ces employés ? Pourquoi n'entendons-nous pas l'association des ingénieurs ?

      Ma réponse ? : Tous ceux-ci attendent; des fois qu'ils pourraient nous en passer une autre petite vite. Et comme c'est devenu la mode, ils envoient une «femme» au bat. Que ceux qui ne s'en rendent pas compte, réveillez-vous. Surtout vous mesdames, vous êtes envoyées en brebis sacrificielle devant le peloton d'exécution pendant que les magouilleurs se préparent à passer de belles vacances dans un paradis quelconque.

      Personne ne me fera me sentir «coupable» de gestes que d'autres ont fait et de leurs résultats !

      Le problème est beaucoup plus gros que ce qu'on y perçoit au premier coup d'œil. Y a la jugeote et ensuite la réflexion un peu plus poussée. Qu'en pensez-vous maintenant M.Bernard ?

      Merci de votre attention.

    • Franklin Bernard - Inscrit 25 juin 2013 09 h 41

      En gros, M. Lefebvre, vous rendez TOUS les employés de Dessau responsables des manquements de certains de leurs patrons? En particulier Mme Jodoin, à qui vous prêtez des pensées que vous seriez bien en peine de démontrer. Je ne les vois en tous les cas pas dans ses déclarations.

      Ce que j'en pense maintenant, c'est que vous vous faites accusateur public de gens dont vous n'avez aucune preuve de la culpabilité.

  • Pierrette Renaud - Inscrit 21 juin 2013 07 h 18

    je ne comprends plus rien

    et qu'est-ce qui arrive avec SNC Lavalin qui selon moi est la pire firme d'ingénerie avec sa corruption mondiale, elle est sous enquête partout et ne pourra pas soumissionner sur des projets de construction de la Banque mondiale pour une période de dix ans.

    Sans compter les autres arrondissements, Montréal a évalué à au moins 6,7 millions de dollars la somme additionnelle qu'a reçue SNC-Lavalin grâce à la collusion en place de 2004 à 2008, imaginez la corruption dans les autres arrondissement ainsi qu'au niveau provincial et fédéral?????

    Selon Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques, le nom SNC-Lavalin est mort et devrait être changé mais ce serait très tragique pour le Québec, alors encore une fois c'est nous les québécois qui serons les plus gros perdants... quelle surprise!!!!!

  • Franklin Bernard - Inscrit 21 juin 2013 08 h 30

    Et les employés, eux?

    Ce qu'il y a de dégueulasse dans tout ça, c'est l'avenir de bien des employés des deux firmes, qui sont totalement innocents, et qui vont payer pour les turpitudes de leurs grands patrons. Mme Jodoin a raison, n'en déplaise à certains, qui se fabriquent une petite vertu publique en criant haut et fort leur indignation contre elle.

    Je crois que la décision de l'AMF en est une de paresse. Au lieu d'enquêter plus à fond, et de s'en prendre aux vrais coupables, elle choisit la solution facile et sévit contre l'entreprise au complet, oubliant au passage qu'il y a là des centaines de personnes qui gagnent leur vie et qui n'ont jamais rien fait de mal.

    On a vu récemment, trois policiers du SPVM (qui, en passant, fait de plus en plus parler de lui, et pas en bien) reconnaître un manquement à leur code d'éthique. Est-ce qu'on s'en prend au SPVM au complet? On a vu le maire par intérim Applebaum devoir démissionner à la suite d'allégations de corruption. Est-ce que c'est tout le Conseil municipal qui a dû démissionner?

    Une décision lamentable de l'AMF. Qui, malheureusement, risque de ne pas être la seule.

    • Franklin Bernard - Inscrit 22 juin 2013 11 h 55

      Je voulais dire une décision lamentable du gouvernement.

  • Richard Miron - Inscrit 21 juin 2013 08 h 31

    Pourquoi ne pas nationaliser ces entreprises?

    Ces entreprises ont volé le public. C'est un fait. Mais elles étaient quand même utiles sur le plan de la réalisation des projets. Leur couper les contrats signifie qu'elles devront faire des mises-à-pied et elles vont perdre toute une organisation du travail qui donnait, tout de même, des résultats. On ne parle pas de quelques ingénieurs qui peuvent se retrouver du travail ailleurs mais aussi de technicienNEs, de cadres, des employéEs de bureau, etc. En les nationalisant, on maintient les capacités productives tout en remboursant, d'une certaine manière, les citoyenNEs. Une entreprise d'État devrait quand mème charger moins chère pour son travail, un gains pour les gens qui n'auront pas à payer ce montant en impôts ou taxes.

    • Simon Chamberland - Inscrit 22 juin 2013 09 h 07

      La nationalisation est un modèle dépassé. Habituellement, les entreprises nationalisées sont moins productives et moins compétitives, ce qui fait qu'en bout de ligne, ça finit par coûter plus cher, même en comptant la corruption.