Gestion du saumon: Québec repousse les prétentions d’Ottawa

Dans une lettre envoyée au ministre des Pêches et des Océans le 6 juin dernier, le ministre de l’Environnement du Québec, Yves-François Blanchet, signale à son homologue fédéral que Québec peut très bien s’occuper lui-même de ses saumons, lui rappelant que « les données actuelles […] ne légitiment pas [la] désignation » d’espèce menacée.

Sa sortie fait suite à un article du Devoir qui révélait, en mai dernier, que le saumon du Québec était dans la mire du Comité sur la situation des espèces en péril du Canada (COSEPAC). Les fédérations québécoises de saumon s’inquiétaient vivement de cette situation qui allait permettre à Ottawa d’imposer son propre cadre de gestion des eaux douces qui sont de compétence québécoise.

« Pour nous, ça a été instantané, explique le ministre en entrevue au Devoir. On a dit : On va réagir à ça, sortez les données, on va écrire au fédéral pour dire : s’il vous plaît, vous pouvez vous occuper d’autres dossiers que celui-ci, on en prend bien soin. »

Vantant la gestion rivière par rivière et les connaissances scientifiques rigoureuses du Québec en la matière, le ministre met en doute la validité des données sur lesquelles se base Ottawa, affirmant que les populations de saumon ont augmenté « au-delà des niveaux de menace à l’espèce » depuis 2008.

Il s’étonne par ailleurs du fait que Québec n’a jamais été avisé par le gouvernement Harper et s’interroge sur ses intentions. « Je ne vois pas ce que ça donne au gouvernement fédéral, à part peut-être se faire une espèce de liste dans laquelle il fait semblant de s’intéresser à l’environnement pour se donner bonne conscience face à ce qu’il fait dans d’autres dossiers où son bilan est épouvantable. »

Québec n’a encore reçu aucune réponse d’Ottawa, mais le ministre de l’Environnement et son collègue Alexandre Cloutier, aux Affaires intergouvernementales canadiennes, entendent « exercer des pressions le cas échéant pour qu’on ne subisse pas cet empiétement qui n’est fondé ni sur le fond ni sur la forme ».