Les firmes Dessau et Verreault sont déclarées inadmissbles aux contrats publics

La vice-présidente principale de Dessau, Isabelle Jodoin, a affirmé que la décision de l'AMF aura un impact immédiat sur les activités de l'entreprise.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La vice-présidente principale de Dessau, Isabelle Jodoin, a affirmé que la décision de l'AMF aura un impact immédiat sur les activités de l'entreprise.
Québec — L'importante firme de génie Dessau a été écartée des appels d'offres publics pour une période de cinq ans, jeudi, à la suite d'une décision défavorable de l'Autorité des marchés financiers (AMF).
 
L'Unité permanente anticorruption (UPAC) avait formulé un avis négatif qui a été maintenu par l'AMF contre Dessau et une entreprise associée, Verreault construction, a indiqué un porte-parole de l'AMF, Sylvain Théberge.
 
«Dans ces deux cas, les vérifications et les résultats de ces vérifications ont mené l'UPAC a faire une recommandation négative et l'AMF a fait un examen de la chose et a maintenu cette recommandation», a-t-il dit lors d'une entrevue à La Presse Canadienne.
 
Selon le Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics, les deux entreprises seront écartées jusqu'au 19 juin 2018.
 
En vue de favoriser le processus d'habilitation sécuritaire de l'AMF, nécessaire pour obtenir des contrats publics de 40 millions $ et plus, Dessau avait annoncé la semaine dernière la démission de son président et chef de la direction, Jean-Pierre Sauriol.
 
Son frère Rosaire Sauriol a lui aussi quitté son poste de vice-président chez Dessau pour l'Amérique latine, après son témoignage devant la Commission Charbonneau, en mars dernier.
 
Rosaire Sauriol avait exposé les pratiques de collusion et de fausse facturation de Dessau destinées à financer illégalement des partis politiques.
 
Encore cette semaine, un dirigeant de Dessau, Patrice Laporte, a défrayé les manchettes lorsque son nom a été mentionné dans l'acte d'accusation déposé contre l'ex-maire de Montréal, Michael Applebaum, qui a démissionné mardi après avoir été arrêté par la police. Dessau a affirmé que M. Laporte avait été suspendu de ses fonctions par la suite.
 
L'entreprise de construction Verreault est aussi un joueur important du secteur. Depuis juin 2008, Verreault s'était joint au groupe Dessau pour former un des plus importants regroupements en ingénierie-construction au Canada.
 
Depuis le départ de Jean-Pierre Sauriol, Dessau, qui compte 5000 employés dont 1000 à l'étranger, est dirigée par le président et chef de la direction intérimaire Marc Verreault.
 
La vice-présidente principale de Dessau, Isabelle Jodoin, a affirmé que la décision de l'AMF aura un impact immédiat sur les activités de l'entreprise.
 
Mme Jodoin a expliqué que des employés devront être mis à pied, les contrats publics comptant pour 75 % des activités de Dessau. «C'est inacceptable, ça va avoir un effet dévastateur», a-t-elle dit.
 
Le gouvernement péquiste a fait adopter, en décembre dernier, une nouvelle loi visant à resserrer l'accès aux contrats publics, pour écarter les entreprises dont l'intégrité est entachée par des malversations de leurs dirigeants.
 
Fin mai, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, avait dévoilé des critères pour permettre aux entreprises de compléter un contrat public même si elles ont échoué un contrôle d'intégrité, qui vise à contrer la corruption et la collusion. Le gouvernement dispose d'une période de 60 jours en cas de verdict défavorable de l'AMF.
 
M. Bédard doit commenter vendredi la décision concernant Dessau et Verreault.
5 commentaires
  • Denis Boyer - Inscrit 20 juin 2013 22 h 18

    À mme Jodoin...

    Si la décision rendue par l'AMF paraît inacceptable dans les circonstances, qu'est-ce qui paraîtrait acceptable? La corruption qui a entaché la réputation de plusieurs firmes d'ingénierie et de toute la profession n'est-elle pas encore plus inacceptable que ses conséquences?

    Ce qui serait inacceptable aux yeux de bien des spectateurs seraient que ce soit la seule conséquence pour les firmes ayant agi de manière frauduleuse.

  • Guy Desjardins - Inscrit 21 juin 2013 08 h 54

    Bravo Mme Isabelle Jodoin,

    La corruption c'est de laissé aller les fraudeurs avec des actions qui ont fructués grâce à la fraude au détriment des gens honnêtes. C'est bien beau sauver les jobs mais il ne faut pas oublier que ces fraudeurs se sont enrichi avec l'argent de leurs citoyens. Il serait très normal que ces tristes individus paient un jour pour leurs mauvaises actions. À l"émission Arcan ce matin ça faisait pitié d'écouter Mme Jodoin. Je dirais à Mme Jodoin que ce n'est pas péché de protéger le publique. Je verrais d'un bon oeil voir ces actions à la disposition des personnes honnêtes qui travaillaient pour cette compagnie et qui malheureusement perdront leur emploie et remettre dans les coffres du gouvernement, les argents volés depuis plus de vingt années.

    • Franklin Bernard - Inscrit 22 juin 2013 12 h 22

      De quoi exactement accusez-vous Mme Jodoin, M. Desjardins? De travailler pour une entreprise dont certains cadres ont commis des actes répréhensibles? C'est de sa faute? Et si on vous suspendait votre permis de conduire parce que votre neveu a conduit en état d'ébriété?

  • Claude Lafontaine - Abonné 21 juin 2013 16 h 03

    Le Québec est triplement perdant

    D'abord des parasites maintenant connus (et les hauts dirigeants de Dessau étaient de ceux là) ont délibérément fait le jeu illégal des collecteurs de fonds des partis politiques ce qui a eu pour effet d'engoutir des millions de $ de fonds publics à leur propre profit, à ceux des partis politiques et peut-être même à la pègre qui n'était pas bien loin.

    Du jour au lendemain la réputation des meilleures firmes d'ingénieries du Québec a été entaché et jusqu'à l'international, certaines ne s'en remettront probablement jamais.

    Enfin, les employés de ces bureaux d'ingénierie écoperont (devront se trouver un autre emploi) à cause du manque d'éthique et du comportement de leurs hauts dirigeants. Ils ont beau dire mea culpa maintenant, il est trop tard, ils n'ont perdus toute crédibilité et ils entrainement maintenant tous leurs ex employés dans la déchéance, ces derniers n'ont malheureusement d'autre choix que d'aller continuer leur carrière ailleurs.

  • Franklin Bernard - Inscrit 22 juin 2013 12 h 20

    Mais qu'est-ce que c'est que lynchage?

    Il y a ici des gens qui ont tellement envie de faire parler d'eux qu'ils n'hésitent pas à profiter d'une tribune «à la mode» pour accuser publiquement une cadre d'entreprise de fautes dont ils n'ont aucune preuve. Si certains patrons de la firme Dessau ont fauté, est-ce nécessairement le cas de Mme Jodoin? Ou de n'importe quel employé?

    La culpabilité par association, un des pires jugements qu'on puisse porter sur quelqu'un. Cette attitude est honteuse.