Jean-Martin Aussant quitte la direction d'Option nationale

Jean-Martin Aussant a dit souhaiter que le parti survive à son départ.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Jean-Martin Aussant a dit souhaiter que le parti survive à son départ.

Le parti Option nationale (ON) vient de perdre son chef et son fondateur: Jean-Martin Aussant a annoncé mercredi matin qu'il démissionne de ses fonctions. Il a évoqué des raisons familiales, l'ex-député étant père de jumeaux de deux ans.

«J'ai cru au départ qu'il serait possible, avec de la volonté et du travail, de mener les deux chantiers [la famille et la politique] de front. Je me rends compte aujourd'hui qu'il est pénible de continuer ces deux projets sans inévitablement en négliger un pour m'occuper de l'autre. Et trop souvent, c'est la famille qui tombe dans la première catégorie», a-t-il dit lors d'une conférence de presse où il s'est montré très ému.

«J'ai donc pris la difficile décision de me retirer de la vie politique, le temps que ma situation familiale soit plus propice à un engagement aussi intense et entier que celui de faire de la politique active.» M. Aussant a indiqué qu'il reviendra certainement à la politique un peu plus tard, quand ses enfants auront grandi.

Il a nié que les difficultés du mouvement souverainiste à faire front commun l'ait découragé. «Au contraire, ce genre de circonstances que le mouvement affronte est le genre d'éléments qui motiveraient à rester et à travailler deux fois plus. Ce sont vraiment des circonstances personnelles et familiales qui expliquent ma décision. Le coeur y est encore.»

Jean-Martin Aussant a dit souhaiter que le parti survive à son départ. «Il a plus que jamais sa raison d'être», croit-il. L'ex-chef est conscient du «dur coup» qu'il porte à ON, mais soutient qu'il y a beaucoup de «leaders naturels» dans sa base de militants.

Il a remercié les anciens députés péquistes Camil Bouchard, Lisette Lapointe et Pierre Curzi, qui l'ont tous appuyé dans le passé. Il a aussi souligné la contribution de son «mentor», Jacques Parizeau.

Son départ survient quelques semaines après que les membres d'ON eurent consenti à lui verser un salaire de 86 000 $ et lui eurent accordé un vote de confiance de 97 %. Jean-Martin Aussant avait claqué la porte du Parti québécois en juin 2011 afin de siéger comme indépendant.

Il a été battu par son adversaire caquiste Donald Martel lors de l'élection de septembre 2012.

Plus de détails plus tard.



79 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 19 juin 2013 11 h 25

    À la prochaine quittance!

    Il n'en finit pas de quitter quelque chose cet homme.

    • Hélène Thompson - Inscrit 19 juin 2013 11 h 34

      votre commentaire est très injuste.

    • Francine La Grenade - Inscrite 19 juin 2013 11 h 41

      Ce départ fait mal. Indéniable.

    • Hélène Thompson - Inscrit 19 juin 2013 11 h 42

      en plus vous devriez voir la définition de quittance... ça n'a vraiment rien à voir...

    • Isabelle Laporte - Inscrite 19 juin 2013 11 h 46

      N'empêche. Ce n'est pas exactement un imprévu ni un accident, une famille.

      Je comprends l'homme "tout court"; mais l'homme politique qu'est Aussant laisse carrément tomber ses troupes, n'ayons pas peur des mots.

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 19 juin 2013 11 h 53

      Injuste? Non, je ne dirais pas tant. Mais on pourrait en effet dire aux militants d’ON : on sait ce que vous ressentez…

    • Bernard Plante - Abonné 19 juin 2013 12 h 00

      Il a quitté le PQ parce que la promotion de la souveraineté ne faisait plus partie des plans (!), ce qu'il a trouvé avec raison anormal, d'autant plus qu'il s'agit de l'article 1 du PQ.

      Il a donc pris le taureau par les cornes et s'est lancé dans une aventure que très peu de personnes auraient voulu tenter: démarrer un nouveau parti contre vents et marée, avec deux bébés à la maison, seulement pour monter un parti qui ramènerait clairement la cause en avant plan.

      Si la direction du PQ faisait ne serait-ce que la moitié d'un tel effort pour la cause, la souveraineté se porterait pas mal mieux! Et M. Aussant n'aurait même jamais eu l'idée de démarrer un nouveau parti.

      Lorsque quelqu'un aura le courage que M. Aussant possède, il pourra se permettre de critiquer!

    • Denis Marseille - Abonné 19 juin 2013 12 h 06

      Présentement, il a peut-être beaucoup plus à perdre qu'un parti politique.

    • Richard Laroche - Inscrit 19 juin 2013 12 h 53

      Ne jugez pas ceux qui quittent quelque chose par leur fin, mais à la nature de ce qu'ils quittent et à la participation qui y ont pris.

      Quitter quelque chose, c'est avant tout y avoir participé.

      JMA a fondé un parti politique qui a réussi à intéresser plus que jamais les jeunes à la politique et à la participation civile. Juste pour ça, c'est déjà bien plus qu'en font la vaste majorité de nos concitoyens. Les jeunes en politique, c'est un capital indispensable pour le Québec.

    • Jacques Gagnon - Abonné 19 juin 2013 13 h 04

      En tout cas, il ne quitte pas sa famille

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 19 juin 2013 13 h 37

      Monsieur Plante, je trouve que vous oubliez un détail qui est pourtant venu tout teinter l'initiative de JMA: Il a décidé de quitter le PQ quand le bateau semblait couler et dont tous les médias annonçaient le naufrage (drôle quand même que les médias n'écrivent pas autant de mauvais présage pour le PLQ corrompu... mais bon, autre sujet).

      JMA a crû qu'il pouvait saisir son heure de gloire au moment où le parti, et ses collègues, avaient le plus besoin de solidarité...

      Ajouter ce détail qui n'en est pas un à votre récit et là peut-être, on compatira pour le soi-disant don de soi de JMA.

    • France Marcotte - Abonnée 19 juin 2013 13 h 55

      J'y pense, les femmes politiques n'invoquent jamais cette raison quand elles quittent. Et pourtant!

    • Yvan Tousqui - Inscrit 19 juin 2013 15 h 05

      N'est-ce pas plutôt à la prochaine fois? :p

  • Sylvain Auclair - Abonné 19 juin 2013 11 h 58

    C'est la CAQÉFL qui va être triste

    Après tout, c'est grâce à M. Aussant que le caquéfliste Donald Martel a été élu. Autrement, il y aurait un souverainiste de plus à l'Assemblée nationale.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 19 juin 2013 14 h 24

      Vous avez tout faux, c'est en raison du fait que le PQ a présenté son candidat que Aussant n'a pu regagner sa circonscription. Dois-je vous rappeler que Aussant était le député de la circonscription avant l'élection de septembre ?
      Le PQ aurait dû faire comme QS; ne présenter personne en échange d'une circonscription où ON n'aurait pas présenter de candidat.

      Le PQ a voulu tuer le bébé dans l'oeuf, il s'est fourvoiyé bien raide.

    • Sylvain Auclair - Abonné 19 juin 2013 15 h 41

      Monsieur Rozzi,
      Suffirait-il de quitter et d'insulter son ancien parti pour que ce dernier vous fasse un cadeau?

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 19 juin 2013 18 h 00

      M.Rozzi, je comprends votre déception, mais de là à ne mentionner que «Dois-je vous rappeler que Aussant était le député de la circonscription» alors qu'il était député -péquiste- de la cisconscription. Tout le débat des élus qui quittent un parti est loin d'être simple...

      Pour qui votez-vous, vous dans votre circonscription, le parti ou le député?

      Cela dit, on ne va pas recommencer, il y a cette circonscription certes, mais toutes les autres aussi qui sont allées à la CAQ ou au PLQ parce que division du vote entre PQ, ON et QS. Vingt et une si ma mémoire est bonne...

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 19 juin 2013 22 h 19

      @ Mme Lalande
      On vote pour le parti et pour le député. On vote aussi souvent pour une plateforme.
      JMA , en quittant le PQ, respectait ainsi l'article 1 du parti qu'il quittait.
      Votre question est évidement très bonne et la réponse demeurera toujours floue. Mais n'oublions pas non plus qu'en fondant ON, JMA apportait aussi justement une nouvelle approche à cette question.
      Ligne de parti limitée à une plateforme épurée, qui par le fait même redonnait du pouvoir au titre de député.

      Quant a cette histoire de comtes perdus... Le PQ a le pouvoir de nous doter d'un vrai système électoral, mais ces derniers semblent seulement espérer gouverner de maniere majoritaire, ne serait-ce qu'à 34% de votes...

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 20 juin 2013 13 h 06

      M. St-Pierre, quant vous parlez de vrai système électoral, faies-vous allusion à la fameuse proportionnelle? Je ne crois pas que ça améliorerait les choses de mon côté. Encore moins face à Ottawa. Je ne vois que le système à 2 tours comme possible solution, mais c'est bien perso, alors nous voilà lancés dans une autre belle discussion... Comme quoi, il n'y a pas de solution miracle... ou enfin oui, je n'en vois qu'une à l'heure actuelle pour les souverainistes de gauche, droite, centre allouettes, à minuit moins cinq: se rallier.

  • Jean-Luc - Inscrit 19 juin 2013 12 h 03

    Consterné !


    Monsieur Aussant, vous êtes l'Incarnation du seul véritable Parti Indépendantiste du Québec.

    Et vous sabordez le fier navire.
    Que vous avez construit de vos propres mains.

    Des raisons familiales... je veux bien.

    Mais je ne comprends pas.
    Vraiment pas.

    Et je suis consterné.

    Jean-Luc Gouin,
    PhD, auteur, et originaire, tout comme vous, du pays de Germaine Guévremont

    • Chris Lavallée - Inscrit 19 juin 2013 17 h 31

      C'est pourtant facile à comprendre. Il sait qu'il ne sera jamais élu, pas même comme chef de l'opposition. Il dit qu'il fait ca par choix pour ses enfants. J'en doute. Il ne choisirait pas ses enfants à la politique s'il était premier ministre ou chef de l'opposition.

      Chris Lavallée, Ph.D. , né au Canada et élevé à Toronto tout comme Germaine Guévremeont

    • Patrick Boulanger - Abonné 19 juin 2013 20 h 08

      M. Aussant ne saborde pas ON M. Gouin. Il est possible que « son » parti survive à son départ.

      Patrick Boulanger
      Diplôme d'étude secondaire

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 19 juin 2013 21 h 00

      À Mme Marie-Maude Lalande

      Vous écrivez "JMA a crû qu'il pouvait saisir son heure de gloire ".

      C'est bien mal connaître cet homme: Jean-Martin Aussant qui était un économiste de renom et bien nanti et aussi un artiste dans l'âme, a toujours tenu le même discours, à savoir qu'il n'était pas fondamentalement un politicien et que son seul objectif était la réalisation de l'indépendance qu'il jugeait nécessaire pour un meilleur avenir pour le Québec. C'est ce qui l'a amené à fonder Option- nationale.

      Son avenir aurait été meilleur au sein du P. q. puisque comme vous le dites "le parti, et ses collègues, avaient le plus besoin de solidarité... "
      Effectivement on voit aujourd'hui combien le Parti québécois a été affecté par les départs des députés mais aussi plusieurs autres militants non pas de la base mais du sommet. Il aurait été ministrable, probablement aux finances.

      Il a fait un choix risqué, et il faut lui reconnaître au minimum son courage et surtout ses convictions profondes qui manquent à plusieurs, même à des chefs de partis indépendantistes ou pseudo, indendantistes.

      Autrement dit vous êtes è côté de la track.


      Céline A. Massicotte, électron libre

    • Solange Bolduc - Inscrite 20 juin 2013 09 h 48

      @Mme Massocotte, sans connaître vraiment M. Aussant, votre analyse me semble juste, sans fioriture !

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 20 juin 2013 13 h 15

      C'est ça le problème Mme Massicote, je connais les dessous de l'histoire. Et l'ampleur de l'ego du Monsieur. Mais bon, je m'incline devant la grâce d'un électron libre. On voit sans doute tellement plus clair... ;-)

  • Yves Gingras - Inscrit 19 juin 2013 12 h 10

    L'indépendance c'est fini

    À quoi bon se battre pour une idée qui a fait son temps. Au moins, la famille c'est du concret.

    • Hélène Thompson - Inscrit 19 juin 2013 13 h 34

      ça, une job "steady" pis un bon boss, en? :rolleyes

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 19 juin 2013 14 h 26

      L'indépendance n'est pas finie, puisqu'elle n'a jamais commencée dans le cas du Québec.

      Vous confondez les fantasmes de votre génération fatiguée avec la réalité; les Y sont la génération la plus indépendantiste au Québec. Et l'avenir est à nous!

  • Denis Marseille - Abonné 19 juin 2013 12 h 11

    La fin des haricots pour ON.

    Sans lui, ON n'est plus qu'une coquille vide.

    Voici comment se termine la fronde envers madame Marois et c'est une bonne nouvelle pour le PQ.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 19 juin 2013 14 h 27

      Pas si certain. Le parti compte des milliers de militant-e-s.

      C'est peut-être l'occasion pour ON de rompre avec le culte de la personnalité et de devenir autre chose que le véhicule de son chef.

    • Simon Chamberland - Inscrit 19 juin 2013 19 h 39

      Je n'ai pas eu l'impression qu'il y avait culte de la personnalité chez ON, contrairement à ce que je perçois des Davidiens-Khadiristes.

    • Patrick Boulanger - Abonné 19 juin 2013 20 h 14

      Comme M. Rozzi, je ne suis pas certain qu'ON est fini sans M. Aussant ; « On verra » comme dirait M. Legault. Par ailleurs, c'est également une bonne nouvelle pour QS ce départ-là.

    • Solange Bolduc - Inscrite 19 juin 2013 20 h 55

      S'il n'y a pas de vrai chef, M. Rozzi, il risque de ne pas y avoir un grand troupeau !

      Je commençais à peine à apprécier la personnalité de Aussant, et sa détermination...

      Sa décision relève d'une décision encore plus profonde que son rapport avec la famille, je crois. Le soupçonne-t-il seulement ?

      Il existe de ces choses dans la vie que l'on découvre, après coup, et que l'on ne soupçonnait même pas ou qu'on aurait voulu ignorer ! C'est ainsi que nous sommes faits, sans vouloir le juger !

      C'est un être humain qui ne peut prévoir l'imprévisible, mais une chose qu'il sait probablement: le sentiment d'ambivalence nous tue ou nous fait renaître un jour ou l'autre !