Commission Charbonneau: Vaillancourt était à la tête du système de collusion, confirme l'ex-d.g. de Laval

Le partage des contrats? «Ça se passait dans le bureau du maire, entre deux personnes. C'était entre moi et M. le maire», a dit Claude Asselin, mercredi à la commission Charbonneau.
Photo: Le Devoir Le partage des contrats? «Ça se passait dans le bureau du maire, entre deux personnes. C'était entre moi et M. le maire», a dit Claude Asselin, mercredi à la commission Charbonneau.

Le présumé gangster Gilles Vaillancourt émerge comme le grand patron du système de partage des contrats à Laval.

L'ex-directeur général de la Ville, Claude Asselin, confirme la position de l'ex-maire, qui trônait au sommet de la pyramide de la collusion. Le partage des contrats? «Ça se passait dans le bureau du maire, entre deux personnes. C'était entre moi et M. le maire», a dit Claude Asselin, mercredi à la commission Charbonneau.

M. Vaillancourt indiquait à son directeur général ses préférences pour l'octroi des contrats. Selon lui, le comité exécutif était tenu dans l'ignorance de ces combines qui n'étaient pas «systématiques». En règle générale, M. Vaillancourt se mêlait du partage des contrats lorsque le volume d'activité n'était pas élevé et que les firmes étaient en compétition les unes contre les autres pour obtenir des contrats de la Ville, a expliqué le témoin.

M. Asselin transmettait verbalement les «commandes» de Gilles Vaillancourt au directeur général de l'ingénierie, Claude Deguise. Il lui disait: «J'ai eu une demande de M. le maire. Travaille avec ça», a-t-il expliqué.

À l'instar de Claude Asselin, Claude Deguise était un fonctionnaire servile et obéissant. «Je n'ai pas eu à le convaincre et à insister», a dit M. Asselin. Comme les autres témoins avant lui, M. Asselin a souligné le caractère «prompt» de M. Deguise. «Il pouvait être exigeant, a-t-il expliqué. C'était un gars exigeant au niveau du personnel.»

Claude Asselin, Claude Deguise et Gilles Vaillancourt sont les trois seuls accusés dans le projet Honorer qui ont été mis en accusation pour gangstérisme. M. Asselin était déjà directeur général de la Ville lorsque Claude Deguise a été embauché à la direction générale du génie, un poste stratégique pour fixer l'octroi des contrats.

M. Asselin a protégé Claude Deguise lorsqu'ils étaient tous deux à l'emploi de la Ville de Laval. Sa mémoire est vague sur les plaintes des employés au sujet du comportement de M. Deguise. Le patron du génie pouvait insulter et menacer de représailles ses propres employés, et même ceux des firmes de génie-conseil.

Le successeur de Claude Asselin, Gaétan Turbide, a finalement montré la porte à Claude Deguise. M. Asselin a nié avoir fait des pressions sur M. Turbide pour qu'il le garde avec lui.

M. Deguise s'est recyclé par la suite dans le privé, chez Dessau et CIMA +, et à une des filiales de la Société des ponts fédéraux, soit la société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée, où il aurait accumulé une centaine de griefs pour son mauvais tempérament.

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