Alcool aux tables de jeu: un revers pour Loto-Québec

La recommandation de la CSSS va à l’encontre de la position de Loto-Québec qui souhaite vendre de l’alcool aux tables afin d’attirer, dit-elle, davantage de clientèle
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir La recommandation de la CSSS va à l’encontre de la position de Loto-Québec qui souhaite vendre de l’alcool aux tables afin d’attirer, dit-elle, davantage de clientèle

La Commission de la santé et des services sociaux (CSSS) recommande au gouvernement Marois de maintenir l’interdiction de vendre de l’alcool aux tables dans les casinos du Québec.


En prenant en considération les risques démontrés entre l’alcool et le jeu, les coûts sociaux liés aux dépendances et le rôle de l’État de protéger les personnes les plus vulnérables, la CSSS croit qu’il est préférable de ne pas abroger le règlement, en vigueur depuis trente ans, qui interdit la vente, le service et la consommation de boissons alcooliques à l’intérieur des aires de jeu.


Dépendance


Cette recommandation va à l’encontre de la position de Loto-Québec qui souhaite vendre de l’alcool aux tables afin d’attirer, dit-elle, davantage de clientèle. En Commission parlementaire, le président et chef de la direction de Loto-Québec, Gérard Bibeau, avait soutenu devant les élus que l’achalandage dans les casinos était passé de 21 % à 17 % ces dernières années, mais que les Québécois ne jouaient pas moins. Il a expliqué qu’ils jouaient plutôt ailleurs et qu’il était important de rendre les casinos plus attrayants en permettant notamment la vente d’alcool aux tables.


La directrice adjointe aux relations médias de Loto-Québec, Marie-Claude Rivet, a refusé de commenter la recommandation en précisant que la Société d’État avait déjà fait part de ses arguments devant la Commission et que « le reste était le travail des élus. »


Le gouvernement de Pauline Marois évaluera, au cours des prochains jours, la recommandation de la CSSS avant de décider ce qu’il fera. Québec a demandé à Loto-Québec d’augmenter ses redevances de 40 millions l’an prochain et la vente d’alcool aux tables figure dans sa stratégie. « Le processus de règlement suit son cours, nous avons recueilli des commentaires, fait nos consultations et nous verrons ce que nous ferons », a indiqué Mélanie Malenfant, l’attachée de presse du ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau.


Le Dr Yves Bolduc, député de l’opposition, espère que Québec respectera la recommandation de la CSSS. « Nous avons déjà les meilleures pratiques, seulement 0,7 % de la population québécoise a un problème de jeu, et si on permet de vendre de l’alcool on risque de causer des problèmes », a-t-il indiqué en ajoutant qu’il est démontré que les clients qui consomment de l’alcool ont tendance à miser davantage et à jouer plus longtemps.


Les organismes d’aide aux personnes dépendantes abondent dans ce sens. À la fin du mois de mai, ils ont défendu devant les parlementaires le fait que la vente d’alcool comportait « des risques sérieux pour la santé et le bien-être des personnes vulnérables » et qu’il était préférable de ne pas l’autoriser. « Ce que les joueurs nous disent, c’est qu’à partir du moment où ils doivent quitter leur appareil de loterie-vidéo ou la table de jeu, c’est une façon de briser le cycle de la dépendance », avait soutenu France Lecomte de l’Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec.


Si le gouvernement décidait tout de même d’aller de l’avant, certains représentants de centre d’aide aux dépendances ont proposé d’engager des intervenants qui seraient présents dans les casinos.

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13 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 18 juin 2013 02 h 05

    Pour une gauche efficace... vraiment?

    Si les bonzes de Loto-Québec veulent augmenter l'achalandage au casino, il se trouve de nombreuses possibilités : il s'agit, ici, de faire preuve de créativité.
    Que le conseil des ministres veuille entériner une telle aberration que la consommation accrue d'alcool dans les casinos d'État laisse présager une dérive dans la conscience sociale de nos représentants politiques.

  • André Chevalier - Abonné 18 juin 2013 05 h 04

    Bravo!

    ...mais ce n'est qu'un pas.

    Le gouvernement devrait également cesser d'en faire la promotion en présentant les jeux de hasard comme des loisirs comme les autres. La publicité devrait au contraire ne consister qu'à des mises en garde, comme pour le tabac. Combien de gens qui se sont laissés influencés par la promotion sont devenus des joueurs compulsifs et se sont ruinés dans ces activités ?

  • Gaston Fiset - Inscrit 18 juin 2013 06 h 06

    Impossible c'est Québecois qui ne sortent pas de chez eux.

    Pour ceux qui ne n'ont jamais voyager / Sortie , je doit vous mettrent au courant de ce qui suit.
    Les casinos de partout dans le monde , donne des consommations ou servent des consommations aux tables de jeux (Monaco, répub;ique dominicaine, Vegas ,Atlantic City , Les Bahamas ,Cayman Island etc etc etc etc et nos réserves indiennes , croyez vous vraiement avoir ou evoir réinventer la ROUE L'histoire (les casinos du québec WOW (3) au total qui seront servit a L'EAU) et les casinos autochtones avec Alcool . Vous voulez simplement et purement augmenter nos impôts ,car le manque de revenue provenant de ces ventes viendront diminuer les recettes du Gouvernement et augmenter vos impôts. VOUS ËTES IMPOSSIBLE.

    • François Desjardins - Inscrit 18 juin 2013 08 h 12

      «Tout le monde le fait, fais-le donc!»

  • François Desjardins - Inscrit 18 juin 2013 07 h 51

    On en a notre dose de l'hypocrisie...

    [...] Le gouvernement de Pauline Marois évaluera, au cours des prochains jours, la recommandation de la CSSS avant de décider ce qu’il fera.  [...]

    Le gouvernement sait très bien que de permettre l'alcool dans les aires de jeu est une mauvaise décision.

    À mon avis, il ne s'agit pas d'évaluation de la recommandation, mais bien plutôt de trouver le moyen d'abroger le règlement interdisant l'alcool dans les aires de jeu, sans trop de critiques.

    C'est juste ça : le cash d'abord, le sens moral si on a le temps...

  • Claude Desjardins - Abonné 18 juin 2013 08 h 20

    La vertu impossible

    A trop vouloir être vertueux on se tire dans le pied. Aussi bien fermer les casinos si nous ne pouvons pas compétitionner sur le même pied.

    • Bernard Terreault - Abonné 18 juin 2013 10 h 16

      Exactement ce que je pense. L'alcool est un fléau, les Américains ont essayé de l'interdire pendant la prohibition et ont ainsi aidé à créer la Mafia de Capone et de ses successeurs qui, ne l'oublions pas, ont commmencé justement par le commerce illégal de l'alcool, en bonne partie fourni par cette grande et admirable famille canadienne, les Bronfman. Même chose pour diverses drogues aujourd'hui. Puis le jeu obsessif, quelquefois doublé d'alcoolisme. Les loteries et casinos gouvernementaux, et servant de l'alcool en PARTOUT AILLEURS AU MONDE, ont été créés comme un moindre mal, leurs profits, que j'admets être bien peu glorieux, allant au gouvernement plutôt qu'à des mafieux. Allez, soyez plus catholiques que la Pape, fermez les casinos légaux, les drogués du jeu iront aux casinos illégaux.