Québec demande la démission d'Applebaum, mais n'envisage pas la tutelle

La première ministre Pauline Marois a été claire quant à la tentation que pourrait avoir Michael Applebaum de s'accrocher à son poste: «Dans les circonstances, il serait préférable, sûrement, qu'il se retire de la fonction qu'il occupe maintenant.»
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir La première ministre Pauline Marois a été claire quant à la tentation que pourrait avoir Michael Applebaum de s'accrocher à son poste: «Dans les circonstances, il serait préférable, sûrement, qu'il se retire de la fonction qu'il occupe maintenant.»

Québec demande au maire Michael Applebaum de faire «la chose honorable» et de démissionner. Le gouvernement Marois n'envisage pas la tutelle, mais songe à envoyer un observateur à titre de conseiller pour aider la plus grande ville du Québec à passer à travers ce nouvel écueil.

De passage à Montréal, la première ministre Pauline Marois a été claire quant à la tentation que pourrait avoir Michael Applebaum de s'accrocher à son poste. «Je crois qu'actuellement, dans les circonstances, il serait préférable, sûrement, qu'il se retire de la fonction qu'il occupe maintenant», a dit Mme Marois en fin d'après-midi.

«Nous demandons au maire Applebaum de poser le geste responsable qui est de se retirer, de démissionner, pour permettre à la Ville de prendre ses dispositions pour la suite des choses», a affirmé le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, lors d'un point de presse en marge d'une annonce sur la culture à Montréal.

Qualifiant la situation de «mauvaise nouvelle pour Montréal», le ministre responsable de la Métropole estime que «la chose honorable» à faire pour Michael Applebaum est de se retirer «dès que possible».

Ses demandes ont été réitérées par son collègue des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, dans un entretien au Devoir. «Face à la situation, face aux accusations — je préserve la présomption d'innocence, je n'ai pas de problème avec ça, mais il reste que ce sont des accusations importantes — je pense que pour le bien de Montréal, pour le bien des Montréalais, c'est préférable qu'il se retire.»

Pas de tutelle, mais un observateur

Pas question toutefois pour le gouvernement de devancer les élections à Montréal ou de mettre la Ville sous tutelle, comme ce fût le cas à Laval il y a quelques semaines à peine. Ce sera au conseil exécutif de coalition de nommer un maire suppléant, tel que prévu par la charte de la Ville de Montréal, jusqu'à la tenue des élections en novembre prochain.

«La situation est très différente de celle de Laval», a précisé le ministre Sylvain Gaudreault, qui rappelle que Montréal est «la plus grande ville du Québec» et que, contrairement à Laval, il y a de l'opposition au sein du conseil municipal de Montréal, de même qu'un directeur général.

«L'autre chose, explique-t-il, c'est qu'à Laval, quasiment tous les membres du conseil municipal avaient été cités à la commission Charbonneau. Là, ce n'est tout le monde qui est dans le même bain à Montréal.»

Pas question donc de tutelle. Mais le ministre des Affaires municipales est prêt à épauler la Ville si elle le demande. «On ne ferme pas la porte, comme gouvernement, à soutenir Montréal avec un observateur pour les accompagner.»

Contrairement à la tutelle, qui est une procédure formelle avec un conseil qui doit entériner toutes les résolutions du conseil, un observateur serait «quelqu'un qui est présent, qui accompagne, qui guide, qui conseille», explique Sylvain Gaudreault.

Le conseil exécutif n'a pas encore fait de demande dans ce sens, a-t-il précisé en début d'après-midi. Et si le conseil décidait d'en faire autrement, le gouvernement pourrait imposer son observateur. «Mais pour l'instant, ce n'est pas ça qu'on fait.»

Sylvain Gaudreault est bien conscient que l'arrestation du maire par intérim de Montréal, qui survient bien peu de temps après celle du maire de Laval et de la mise en tutelle de Laval, envoie une bien mauvaise image aux citoyens. Mais les institutions fonctionnent, répète-t-il.

«Il faut éviter à tout prix de verser dans le cynisme. La meilleure chose à faire pour les citoyens, c'est d'aller voter aux élections municipales du 3 novembre. La pire chose serait de dire qu'ils sont tous pareils, que ce sont tous des pourris et on ne va pas voter. Il ne faut pas verser là-dedans.»

La première ministre, Pauline Marois, a prévu de s'exprimer sur le sujet en marge d'une annonce à la Place des Arts lundi après-midi.

Avec La Presse canadienne
3 commentaires
  • Martin Simard - Inscrit 17 juin 2013 17 h 56

    François Legault s'est peinturé dans un coin!

    La CAQ et sont chef François Legault se sont peinturé dans un coin en étant les seuls à demander la mise en tutelle de Montréal...

    • Louka Paradis - Inscrit 17 juin 2013 22 h 53

      Dans l'autre coin, aussi brillant, Robert Poëti qui a demandé la tutelle au nom du PLQ. On dirait des partenaires...
      Louka Paradis, Gatineau

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 juin 2013 07 h 10

      C'est pas en ajoutant un étage de plus sur la ville qu'on va réussir à assainir son administration interne messieurs dames de la CAQ et du PLQ, c'est en en sortant les tordus; OUT !