La CAQ veut plus d’argent privé dans les universités

La Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite que les entreprises investissent davantage dans la recherche universitaire. Pour ce faire, elle propose de lier une partie du crédit d’impôt pour la recherche et le développement à certaines conditions.


Ainsi, le quart des 800 millions de dollars consentis chaque année à cette fin par le gouvernement serait réservé pour de la recherche appliquée effectuée par des facultés universitaires ou des centres collégiaux de transfert de technologie. C’est ce qu’a annoncé mardi le chef du deuxième groupe d’opposition à Québec, François Legault, lors du dévoilement d’un nouveau pan de son Projet Saint-Laurent. Selon la CAQ, seulement 0,5 % du crédit d’impôt finance la recherche universitaire actuellement.


Ces partenariats entreprises-universités permettront de développer « une véritable économie du savoir », estime la CAQ, qui se désole de la baisse du nombre de brevets octroyés au Québec depuis 10 ans. « En bout de ligne, c’est un réinvestissement massif de 600 millions de dollars annuellement dans la recherche appliquée qu’entraînera le Projet Saint-Laurent pour propulser nos institutions d’enseignement parmi les meilleures au monde », a affirmé François Legault dans un communiqué, soutenant que ce modèle avait fait ses preuves dans la Silicon Valley, en Californie, et dans la région de Boston. Et le tout se fera « à coût nul pour le contribuable », a indiqué la CAQ.


Le Projet Saint-Laurent, dévoilé lors du conseil général de la CAQ en mars, repose aussi sur la décontamination de vastes terrains aux abords du fleuve et sur le développement de « zones d’innovation », selon les annonces faites jusqu’à présent. D’autres éléments du projet seront dévoilés au cours des prochains mois.

6 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 12 juin 2013 06 h 37

    L'Université et le privé

    Avec peu d'intervention financière, les représentants du privé contrôlent déjâ trop les destinées de nos universités dites â charte privée, par leur surreprésentation sur les C\A. L'enseignement universitaire est d'abord un centre de formation répondant aux besoins de la société qui investit par ses fonds propres, et non pas pour des impératifs économiques utilitaires d'entreprises individuelles.
    Robert Beauchamp

    • Patrick Boulanger - Abonné 12 juin 2013 08 h 43

      Savez-vous dans quelle proportion les représentants du privé sont représentés actuellement au sein des C.A. des universités québécoises?

  • Patrick Boulanger - Abonné 12 juin 2013 08 h 32

    Attention

    À mon sens, il y a un danger quand les universités s'associent avec le milieu des affaires puisqu'elles peuvent devenir de plus en plus subordonnées à leurs intérêts marchands. J'imagine que pour certaines personnes c'est une bonne chose puisque d'une part, l'argent recueillie auprès des entreprises privées permet de mettre en place - notamment ? - des équipes de recherche qui contribue à la formation de certains étudiants universitaires et d'autre part, j'imagine que « l'investissement » de ces entreprises en recherche à l'université permettra à ces dernières d'accéder à de nouvelles connaissances qui leurs seront possiblement utiles. Toutefois, à mon sens, il y a un risque que les universités mettent en place une bonne partie de leurs équipes de recherche (est-ce déjà le cas ?) en fonction des besoins de l'entreprise privée et non en fonction de ce qui semble le plus pertinent pour faire avancer le savoir dans un domaine en particulier. En ce qui a trait à la formation de certains étudiants par l'intermédiaire des équipes de recherche, il va sans dire que c'est une bonne chose, mais nous pouvons le faire par l'intermédiaire davantage de fonds publics.

    • Patrick Boulanger - Abonné 12 juin 2013 09 h 20

      Correction : ma deuxième phrase de mon commentaire précédent devrait plutôt être écrite comme ceci : «J'imagine que pour certaines personnes c'est une bonne chose puisque d'une part, l'argent recueillie auprès des entreprises privées permet de mettre en place - notamment ? - des équipes de recherche qui contribue à la formation de certains étudiants universitaires et d'autre part, j'imagine que « l'investissement » de ces entreprises en recherche à l'université permettra à ces dernières d'accéder à de nouvelles connaissances qui seront possiblement VALABLES.

  • Jacques Patenaude - Abonné 12 juin 2013 09 h 58

    Détournement de fonds

    "elle propose de lier une partie du crédit d’impôt pour la recherche et le développement à certaines conditions."

    Bref la CAQ propose un détournement des fonds gouvernementaux pour que ce soit les entreprises qui dictent les orientations des universités. Ça ne coutera peut-être rien de plus aux contribuables mais ça va dénaturer le pouvoir dans les universités. Aussi bien continuer à financer directement les universités. Si les entreprises veulent investir dans les universités qu'elles le fassent avec leur propres argent. Après tout ce sont celles-ci qui empocheront les profits les recherches.

  • Patrick Daganaud - Abonné 12 juin 2013 19 h 09

    Marchandisation de l'université : effets pervers!

    La privatisation de la recherche n'est pas un mal nécessaire.

    Je ne suis pas bien sûr, vu le niveau éthique de l'économie mondiale, qu'impliquer, même avec moult précautions, les tenants de la capitalisation privée dans le financement de la recherche universitaire améliore le mieux-être collectif.

    Il serait nettement plus sain que la gouvernance assure la récupération des fonds privés dissimulés, à l'abri impuni de la fiscalité, et qu'elle finisse de subventionner les mafias de ce monde, entre autres dans l'industrie de la construction (ristournes et surfacturation), mais aussi dans l'industrie pharmaceutique (médicaments à effets cumulatifs dangereux - démence-Alzheimer, entre autres), dans l'industrie agroalimentaire (OGM cancérigènes, nanoparticules migrantes), et dans l'industrie manufacturière (dérivés du pétrole, plastiques, nanotechnologies, facteurs de cancers et de dégénérescences).

    Avec l'option caquiste, les bénéfices retirés de la recherche iraient dans les poches déjà pleines des mieux nantis tandis que maints effets secondaires nocifs, voire mortels, des résultats de la recherche seraient plus camouflés que jamais.

    Et pourquoi, d'ailleurs, les brevets subventionnés par les fonds publcs ainsi récupérés ne seraient-ils pas des brevets d'État, propriété de la population qui, de toute façon, masquée ou ouverte, les paie?

    Pourquoi pas la transparence, clairement gérée par une gouvernance publique véritablement dédiée à sa population?

    Option de la CAQ : option caduque!

    Patrick Daganaud