Commission parlementaire - Le d.g. du CHUM réplique aux «allégations mensongères»

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, s’apprêtait à dépêcher un inspecteur au CHUM, mais c’est finalement le vérificateur général qui examinera les nominations de cadres de haut niveau de l’institution.
Photo: - Le Devoir Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, s’apprêtait à dépêcher un inspecteur au CHUM, mais c’est finalement le vérificateur général qui examinera les nominations de cadres de haut niveau de l’institution.

Québec — En commission parlementaire, le directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), Christian Paire, s’est défendu des attaques que lui a portées le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) de l’institution en invoquant des « allégations mensongères ».


« Si quelqu’un mise sur la désinformation et la discorde, ce n’est pas la direction générale », a affirmé Christian Paire en faisant référence aux propos tenus lundi par le président du CMDP du CHUM, Paul Perrotte, devant les parlementaires.


Le d.g. n’a guère prisé que Paul Perrotte envoie une lettre de doléances à tous les médecins, dentistes et pharmaciens en décembre dernier, lettre qui fut rendue publique en janvier. C’est ce qui explique qu’il délègue depuis son d.g. associé aux réunions avec le CMDP. « Quand l’éthique n’est pas au rendez-vous, quand la correction n’est pas au rendez-vous, il faut en tenir compte au moins un certain temps », a-t-il fait valoir lors de la commission parlementaire qui se penche sur la gestion du CHUM.


Mais Christian Paire s’est posé en « homme de dialogue ». « Je suis pour la main tendue », a-t-il dit.


Nomination des cadres


Par ailleurs, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, s’apprêtait à dépêcher un inspecteur au CHUM, mais c’est finalement le vérificateur général qui examinera les nominations de cadres de haut niveau de l’institution.


Des 100 cadres de haut niveau (classe 17 et plus) au CHUM, 65 ont été nommés depuis l’arrivée du nouveau d.g. sans autorisation en provenance du ministère, alors que la loi le prescrit, a révélé Réjean Hébert, qui comparaissait lui aussi à la même commission parlementaire. Des irrégularités ont aussi été relevées quant au versement de primes à ces cadres, a mentionné le ministre. Il a dit ne pas vouloir faire double emploi. Christian Paire, qui a dit connaître la loi, n’a pu donner mardi d’explications, faute de vérifications.


Au moment de l’embauche de Christian Paire en 2009, le conseil d’administration ignorait que le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen, que dirigeait M. Paire, avait été mis sous tutelle en raison d’importants déficits, a indiqué, de son côté, Patrick Molinari, président du CA du CHUM, en réponse à une question de la députée de Groulx, Hélène Daneault, porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de santé.


La députée a signalé que le CHU de Rouen, dont Christian Paire a été le directeur général de 2002 à 2009, a essuyé des déficits de 3,9 millions d’euros en 2006 à 7 millions d’euros en 2009 pour être placé sous tutelle de l’Agence régionale de l’hospitalisation au moment du départ du d.g. en mai 2009. Christian Paire a réfuté ces données.


D’autre part, le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, a souligné lundi que l’UdeM avait cessé de verser 80 000 $ à Christian Paire, ajoutant que « la Fondation du CHUM contribu[ait] à cet échange d’argent ». Tant Hélène Daneault que Réjean Hébert ont indiqué que l’article 274 de la Loi sur la santé et les services sociaux interdit à tout directeur général d’un établissement, « sous peine de déchéance de sa charge » d’accepter une somme d’une fondation comme le CHUM.


En commission parlementaire, le président de la Fondation du CHUM, Ékram Antoine Rabbat, a affirmé que la fondation avait versé 30 000 $ à l’UdeM à titre de don pour le « fonds facultaire », une seule fois, sans qu’il sache à quoi a servi l’argent.

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