Garderies privées: les négociations échouent avec la ministre Léger

Québec — Les représentants de 200 garderies privées ont frappé un mur, jeudi, dans leur tentative de convaincre le gouvernement de jeter du lest sur les coupes de 14,9 millions.

Plus de deux heures de négociation avec la ministre de la Famille, Nicole Léger, à son bureau de Québec, n'ont pas permis de dénouer l'impasse avec les établissements membres de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ).

Non seulement les garderies privées devront éponger la compression de près de 15 millions, elles devront aussi assumer les pénalités de 800 000 $ que leur impose la ministre Léger pour avoir fait la grève le 22 mai.

En point de presse, le président de l'AGPQ, Sylvain Lévesque, manquait de mots pour exprimer sa frustration. Il a notamment accusé le gouvernement dirigé par Pauline Marois de se «défouler» sur le dos des petites entreprises. Il a affirmé n'avoir jamais pris part à une négociation «aussi stupide».

En contrepartie des compressions, l'AGPQ demandait au gouvernement de devancer d'un an, soit en 2016 plutôt qu'en 2017, le versement de la subvention pour l'atteinte de l'équité salariale avec les CPE. La ministre Léger a opposé une fin de non-recevoir à la proposition.

Les coupes exigées par le gouvernement représentent une facture de 28 000 $ par un établissement de 80 places, a rappelé le président de l'AGPQ, ajoutant que l'effort entraînera une diminution des services.

Par crainte des sanctions, les garderies membres de l'AGPQ ne feront pas de nouveaux débrayages, mais continueront de manifester leur mécontentement pendant les week-ends, a indiqué M. Lévesque.

Selon lui, l'entente de principe conclue le 4 juin avec les 149 garderies membres du Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ) n'est pas un compromis acceptable, loin de là.

Cette entente, à son avis, ne tient pas la route et est inéquitable car elle fait porter à une minorité de garderies l'essentiel du fardeau des compressions.

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6 commentaires
  • Pascal Idez - Abonné 6 juin 2013 17 h 45

    Quelle honte!

    Imposer 800 000 $ de pénalité, c'est 800 000 $ de moins pour les enfants.

    • Louka Paradis - Inscrit 6 juin 2013 21 h 34

      Non Monsieur, ce sont 800 000 $ de moins de profits pour les propriétaires. Ils avaient été avertis et ils ont défié le gouvernement : ils n'ont que ce qu'ils méritent. Quelle arrogance !
      Louka Paradis, Gatineau

    • Christian Ouellet - Inscrit 7 juin 2013 14 h 19

      tout à fait Mme. paradis

      se servir des enfants pour dénigrer le gouvernement.

      cest honteux

    • Simon Chamberland - Inscrit 7 juin 2013 16 h 03

      Avez-vous une estimation des profits des garderies pour dire que c'est 800 000 de moins de profits ?

      Pourquoi les CPE peuvent-ils faire des journées de grève sans avoir d'amende ?

      Pourquoi les compressions sont-elles plus sévères par enfant inscrit dans les garderies privées que dans les CPE ?

  • Paul Michaud - Abonné 6 juin 2013 18 h 33

    Inacceptable

    Mme Léger, Mme Marois,
    Je n'ai pas de mots pour décrire votre attitude, je suis scandalisé!
    À qui profite votre attitude? Aux enfants? Sûrement pas!
    Ce dogmatisme anti-entreprise est une véritable honte. Les entrepreneurs ne sont pas des voleurs que diable! ils jouent un rôle essentiel dans notre société.
    Expliquez-moi!

  • Simon Chamberland - Inscrit 6 juin 2013 21 h 07

    Des questions sans réponses

    1- Pourquoi les garderies privées doivent-elles subir une plus grande coupure par enfant inscrit que les CPE ?
    2- Pourquoi les CPE peuvent-ils faire des journées de débrayage sans être mis à l'amende tandis que les garderies privées sont lourdement pénalisées ?
    3- Pourquoi la ministre revient-elle sur l'accord de sa sous-ministre ?
    4- Les administrateurs de CPE ont-ils contribué plus à la caisse du PQ ou du PLQ ?