L’IRIS ne voit pas d’avantages à la sous-traitance

La sous-traitance, une bonne affaire pour l’État ? Non, répond l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, l’IRIS.


Se basant sur des documents obtenus en vertu de la Loi d’accès à l’information, l’organisme progressiste publiait mercredi l’analyse de trois études de cas qui lui font conclure que la sous-traitance ne protège ni contre les dépassements de coûts ni contre les délais. L’IRIS accuse également la sous-traitance de mener à une perte d’expertise publique, de manquer de transparence et, surtout, de ne livrer ni la qualité ni l’efficacité promises.


Les chercheurs Simon Tremblay-Pépin et Guillaume Hébert se sont penchés sur plusieurs cas de sous-traitance : l’entretien à la Société des alcools du Québec (SAQ), les projets informatiques et les ressources intermédiaires pour héberger les personnes âgées.


«Aucun avantage économique»


En comparant la masse salariale, les heures travaillées et les coûts de l’entretien ménager pour la SAQ avant et après la sous-traitance, ils concluent que le contrat n’a entraîné « aucun avantage économique ». « Le seul argument économique restant en faveur de cette sous-traitance serait que, sans elle, la situation aurait pu être pire », concluent les auteurs. Ils ont en effet observé que les employés, même délivrés du ménage, travaillent toujours autant par mètre carré de succursale et que la masse salariale continue à croître, même si la SAQ a déboursé près de 18 millions de dollars depuis 2008 pour confier l’entretien à un sous-traitant.


Dans le dossier de l’informatisation, le cas du dossier de santé du Québec est patent, dit Guillaume Hébert : « Quatre ans de retard et les coûts ont triplé. La sous-traitance n’est peut-être pas le seul responsable, mais elle n’est certainement pas une garantie contre les délais et les dépassements de coûts. »


Après avoir décortiqué les données disponibles dans une étude des crédits du ministère de la Santé, il arrive également à la conclusion que les places en ressources intermédiaires, censées être moins dispendieuses que les CHSLD, sont aussi onéreuses. « Avec un gros point d’interrogation sur la qualité », dit M. Hébert.


La tendance à la sous-traitance ne semble pas près de reculer, déplorent les deux chercheurs, qui voient plutôt « une continuité d’un gouvernement à l’autre ».

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