Les ministres libéraux se débarrassent du code d'éthique péquiste

C'est ce qu'a confirmé, hier, le cabinet du premier ministre Jean Charest. Cette directive, que les ministres péquistes et leur personnel politique ont dû s'engager à respecter par écrit, est caduque pour les libéraux, qui n'auront pas à s'y conformer. Elle sera remplacée par «un document sur la transparence» dévoilé à l'automne, a-t-on précisé.

Lors du caucus présessionnel du Parti québécois, le leader parlementaire de l'opposition officielle, André Boisclair, a accusé Jean Charest d'avoir menti à l'Assemblée nationale lorsqu'il a affirmé, le 16 juillet dernier, que «les règles qui gouvernent les attachés politiques du gouvernement actuel sont les mêmes qui gouvernaient les attachés politiques du gouvernement précédent». Rappelons que le gouvernement péquiste avait instauré en février 2002 ces délais de carence pour les ministres et leur personnel politique à la suite de l'affaire Bréard. Peu de temps après son départ du cabinet de Bernard Landry, l'attaché politique Raymond Bréard avait fondé la firme Oxygène 9, spécialisée dans l'obtention de subventions gouvernementales dans le secteur culturel.

«Il y a une certaine forme de désinvolture dans la gestion et dans le comportement de l'administration libérale, particulièrement sur les questions éthiques», a dit M. Boisclair. La directive visait à éliminer «les retours d'ascenseur» grâce auxquels un ministre ou un attaché politique obtenaient un poste dans le secteur public pour services rendus, tout de suite après son départ de la politique. M. Boisclair a cité le cas de deux ministres libéraux: Pierre Fortier, responsable de la réforme des institutions financières au début des années 90, à qui le Mouvement Desjardins a offert un poste de direction, et Lawrence Cannon, ministre des Communications qui préconisait la déréglementation de la téléphonie interurbaine, qui s'est retrouvé par la suite chez AT&T Canada.

«Plus le gouvernement voudra faire appel au secteur privé, plus il devra se doter de règles strictes», a plaidé le député de Gouin.

M. Boisclair a aussi dénoncé le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, qui, en juin, a engagé à contrat son attaché de presse, Marius Brisson. Tout en occupant un poste dans un cabinet politique, M. Brisson continuait de veiller aux destinées de sa petite entreprise de communication, Solution.com. Hier, on a appris que M. Brisson avait été remercié de ses services et qu'il retournait travailler à plein temps pour sa firme.

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