Avenir du français: le projet de loi 14 attendra l’automne

Québec — Au terme de l’obstruction systématique des libéraux, le gouvernement Marois reportera à l’automne l’étude article par article du projet de loi 14 visant à renforcer la place du français au Québec.


La ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, devra se contenter d’un projet de loi dont le principe aura été adopté grâce à l’appui de la Coalition avenir Québec, mais qui n’aura pas pu franchir, ni même amorcer, l’étape de son étude détaillée. « Comme tous les législateurs, on souhaite travailler le plus vite possible. Mais chaque chose en son temps, pas de problème », a-t-elle affirmé avec philosophie, elle qui, malgré les nombreux compromis qu’elle s’apprêtait à faire, n’aura pu obtenir le feu vert de l’Assemblée nationale pour la réforme « costaude » à laquelle elle s’est attelée.


Jusqu’ici, les libéraux ont utilisé leur temps de parole pour retarder autant qu’ils ont pu l’adoption du principe du projet de la 14. Ce sont 38 libéraux qui ont palabré, chacun pendant les 20 minutes auxquelles ils avaient droit, soit près de 13 heures de débats. Onze autres élus doivent toujours occuper le temps, a indiqué l’attaché de presse libéral, Charles Robert, pour quatre heures de plus.


Rentrée chargée


En principe, l’adoption du principe du projet de loi 14 pourrait se faire cette semaine sans trop de difficultés, mais comme il n’y a plus de presse, les débats qui restent et le vote pourraient se tenir dans les deux semaines suivantes, alors que l’Assemblée nationale sera en travaux intensifs. L’étude détaillée s’annonçait ardue compte tenu des amendements que la ministre avait promis, mais surtout des exigences de la CAQ, qui avait demandé pas moins de neuf modifications.


Le report de l’étude détaillée du projet de loi 14 signifie que le gouvernement Marois carburera à l’identité cet automne. Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, présentera en septembre son projet de Charte des valeurs québécoises et ses propositions en matière d’accommodements religieux et un projet de loi suivra.


En outre, Diane De Courcy a renoncé à présenter ce printemps son projet de loi sur les écoles passerelles, qui doit aussi contenir une disposition concernant le droit des militaires francophones d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise au Québec, disposition retirée du projet sur langue. Il sera présenté après que la ministre aura pu disposer du projet de loi 14.

1 commentaire
  • Franklin Bernard - Inscrit 31 mai 2013 07 h 45

    Le PLQ, nuisance majeure au français

    Tant que le PLQ restera dans le paysage politique québécois, il restera un des pires dangers pour l'épanouissement du français au Québec. On a vu le désastre tout au long des règnes de de John James et de Gerry Tremblay, pour ne nommer qu'eux. Désastre dont le PQ essaie aujourd'hui de minimiser les dégâts avec la loi 14, mais le PLQ n'aura de cesse que l'anglais domine la vie quotidienne au Québec, et continuera de s"opposer de toutes ses forces nuisibles à l'amélioration de la présence du français.

    Il faudra savoir en reparler au moment de la prochaine élection.