Gentilly-2: HQ veut accélérer le déclassement

La production de ce nouveau plan de déclassement rapide fait suite à une recommandation de la Commission parlementaire sur Gentilly-2 qui s’est tenue en janvier dernier.
Photo: Source Hydro-Québec La production de ce nouveau plan de déclassement rapide fait suite à une recommandation de la Commission parlementaire sur Gentilly-2 qui s’est tenue en janvier dernier.

Québec — Hydro-Québec (HQ) a mandaté une firme américaine afin qu’elle élabore un plan de déclassement rapide pour la centrale Gentilly-2. Son rapport, attendu pour le début 2014, pourrait faire passer la phase de dormance de 40 à 15 ans.


« Hydro-Québec n’a pas l’intention d’étirer indûment la phase de déclassement », a affirmé le directeur de la centrale Gentilly-2, Mario Désilets, lors d’une audience publique de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), qui s’est tenue le 15 mai dernier.


« Afin de mieux comprendre les déclassements accélérés, Hydro-Québec a demandé à la compagnie qui a préparé son plan de déclassement préliminaire de lui produire un plan de déclassement rapide. »

 

Main-d’oeuvre


C’est la firme américaine TLG Services, située dans la ville de Bridgewater au Connecticut, qui a obtenu le contrat. « Cette compagnie-là a déjà produit des plans de déclassement rapide pour des centrales américaines », a précisé Mario Désilets.


« On appelle ça déclassement rapide, mais il faut bien prendre en considération que ça ne débutera pas avant une quinzaine d’années par rapport à où on va être à la fin 2014. »


Le président de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Michael Binder, a démontré un vif intérêt pour cette solution. Il estime qu’il serait « très utile d’avoir une étude précise », car il s’agit désormais d’un « débat global », affirmant même avoir eu, récemment, des discussions avec d’autres pays à ce sujet. « L’avantage de faire un déclassement rapide, c’est parce que vous allez avoir les gens qui sont là. C’est la main-d’oeuvre qui est disponible. »


Ce ne sont toutefois pas les employés actuels de la centrale qui effectueront le travail de démantèlement, a précisé Mario Désilets.


« Le travail de démantèlement est essentiellement un travail de construction. Alors, les employés d’Hydro-Québec ne peuvent pas faire le travail de démantèlement. Maintenant, il y a du support à donner aux équipes de construction et on pense que Hydro-Québec va être en mesure de fournir le support aux équipes qui vont être appelées à démanteler au moment voulu. »


Synchronisation avec Gentilly-1?


La production de ce nouveau plan de déclassement rapide fait suite à une recommandation de la Commission parlementaire sur Gentilly-2 qui s’est tenue en janvier dernier. La commission proposait également de faire une demande au gouvernement fédéral afin d’obtenir son plan de déclassement de la centrale de Gentilly-1, en dormance depuis plus de 30 ans. Gentilly-1 est de juridiction fédérale alors que Gentilly-2 est sous la responsabilité de Québec.


Questionné par un membre de la commission sur la « synchronisation de démantèlement » des deux centrales, Mario Désilets affirme que « ça n’a pas été regardé pour l’instant ». Rappelons que l’agence fédérale Énergie atomique canada limitée (EACL) a déposé deux poursuites ces derniers mois contre Hydro-Québec dans le dossier de Gentilly-2, ce qui n’est pas pour favoriser la collaboration entre les deux instances.


Les réponses de Mario Désilets sur les différentes mesures entreprises par la centrale depuis sa fermeture n’ont guère impressionné le commissaire André Harvey, qui a fait part d’une « certaine inquiétude » par rapport à l’« échéancier préliminaire sommaire » présenté par la direction de Gentilly-2.


« Après avoir écouté votre présentation, j’ai un sentiment, une impression en tout cas, c’est personnel, qu’il y a un empressement de la part d’Hydro-Québec d’en découdre avec ce dossier-là puis de l’oublier. »

1 commentaire
  • Simon Chamberland - Inscrit 29 mai 2013 21 h 59

    Sécurité avant tout

    On ne peut pas accélérer la dégradation des radio-isotopes par aucun moyen connu.