Infirmières du privé - C’est l’offre et la demande, invoque le ministre Hébert

Danielle McCann
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Danielle McCann

Québec — Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, a défendu le fait que l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal paie bien davantage pour les services d’infirmières du privé que ce qui est versé aux infirmières du réseau public.


Invoquant « la loi de l’offre et de la demande », Réjean Hébert a expliqué les variations de 48 $ à 92 $ l’heure pour une infirmière en provenance d’une agence privée par le degré d’expertise qui est exigé. « Plus une expertise est pointue, plus c’est difficile à trouver et, donc, plus le prix est cher », a-t-il avancé alors qu’il était de passage à Montréal.


Le ministre a aussi défendu le fait que la circulaire ministérielle de juin 2012, qui interdisait aux agences de la santé d’embaucher des cadres et des professionnels du privé à un tarif supérieur à ce qui est pratiqué dans le réseau public, avait été annulée, comme l’écrivait Le Devoir dans son édition de vendredi. Cette circulaire ne devait pas s’appliquer aux infirmières, a-t-il dit, appuyant la version donnée par la p.-d.g. de l’Agence de santé de Montréal, Danielle McCann. « La FIQ [Fédération interprofessionnelle de la santé] et le gouvernement ont le même objectif, c’est-à-dire de réduire d’ici 2015 de 40 % l’utilisation de la main-d’oeuvre indépendante chez les infirmières », a affirmé Réjean Hébert. À terme, il faut cesser de recourir à cette main-d’oeuvre. « Mais on ne peut pas faire ça de façon rapide parce qu’on aurait des ruptures de services. » L’Agence de la santé de Montréal, qui a dépensé 50 millions pour la location d’infirmières du privé en 2012-2013, a réduit de près de 30 % sa dépendance à cet égard depuis trois ans, a signalé le ministre.


Des appels d’offres


C’est la circulaire précédente, celle de 2011, qui s’applique : elle oblige les établissements à procéder par appel d’offres, un processus chapeauté par l’organisme Sigma Santé.


Or, selon les données fournies par l’Agence à l’étude des crédits et analysées par la FIQ, trois entreprises de location d’infirmières ont rempli des contrats de plus de 1 million de dollars sans avoir participé à l’appel d’offres lancé par Sigma Santé. En outre, neuf autres de ces entreprises ont obtenu des contrats de plus de 1 million de dollars sans avoir été les plus bas soumissionnaires.


« Les appels d’offres sont respectés », a soutenu Réjean Hébert.


À l’Agence, on émettait la possibilité que les trois entreprises qui n’avaient pas participé à l’appel d’offres de Sigma Santé aient répondu à des appels d’offres lancés par les établissements eux-mêmes, une pratique permise. « On a un service des ressources humaines qui est en contact régulier avec les établissements. On est en mesure d’avoir des informations sur la main-d’oeuvre indépendante », a fait valoir Danielle McCann vendredi.


Mais l’Agence n’a pu expliquer pourquoi autant d’entreprises qui n’avaient pas remporté l’appel d’offres de Sigma Santé se voyaient accorder des contrats, suggérant au Devoir de s’adresser à cet organisme. Sigma Santé s’est engagé à fournir une explication lundi.

1 commentaire
  • Michel Desautels - Abonné 27 mai 2013 22 h 42

    à terme cesser de recourir à la Main d'oeuvre indépendante

    Ce ministre a dit en campagne électorale que ça devait cesser l'utilisation du privé! là il joue sur les mots. «à terme» c''est quand ça. Il y a un objectif de diminution de la maind.oeuvre indépendante avec le gouvernement et la FIQ: moins 40% sur 5 ans. om a diminué de 10% mais on a à peine trois ans pour atteindre l'objectif. pendant ce temps là madame Mac Cann se préoccupe de la santé financière des agences de placement de personnel infirmier et demande une dérogation!! c'est sûrement pas comme ça qu'on va y arriver!!!!