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Commission Charbonneau: Vaillancourt contrôlait le cartel des entrepreneurs, selon Gendron

Marc Gendron a complété son témoignage à la commission Charbonneau.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Marc Gendron a complété son témoignage à la commission Charbonneau.

Marc Gendron a complété son témoignage à la commission Charbonneau en rivant le dernier clou dans le cercueil de Gilles Vaillancourt.

L'ex-maire était parfaitement au courant et en contrôle du cartel des entrepreneurs. Une fois l'an, durant les vacances de Noël à Miami, Marc Gendron et Gilles Vaillancourt passaient en revue la liste des entrepreneurs en retard et en avance dans le paiement des ristournes destinées au PRO des Lavallois. Ils épluchaient la liste, contrat par contrat.

Le nom de Tony Accurso revenait souvent dans la liste des retardataires, mais l'ex-patron de Simard Beaudry et Louisbourg bénéficiait d'un statut particulier. M. Vaillancourt entretenait des liens d'amitié très forts avec l'entrepreneur. Il disait à Marc Gendron: «C’est correct, achale-le pas».

L'ex-ingénieur a semblé mal à l'aise de parler de Tony Accurso devant la commission Charbonneau. Il a relaté une rencontre digne d'un film hollywoodien avec l'entrepreneur qui l'avait appelé, en 2000, en lui disant: «Viens, j'ai de l'argent pour le parti». M. Gendron l'a rencontré dans un stationnement de Laval. «Il faisait noir», se souvient-il. M. Accurso a ouvert le coffre arrière de sa Cadillac, en lui disant: «Il y a 200 000 $ là-dedans [pour le PRO]».

M. Gendron partait le lendemain pour Miami. Il s'est précipité à la rencontre du notaire Jean Gauthier pour qu'il garde les liasses de billets en son absence. Il lui a remis les 200 000 $ au milieu d'une assemblée de la Commission scolaire de Laval, à laquelle participait le notaire.

De 1996 à 2003, M. Gendron estime qu'il a collecté 1,5 million de dollars auprès de 12 entreprises. Gilles Vaillancourt lui disait personnellement à qui il devait remettre ces ristournes. Il a ainsi livré de 700 000 à 800 000 $ au frère du maire, Guy Vaillancourt (accusé de fraude dans le projet Honorer), qu'il rencontrait dans son commerce d'ameublement. Il a aussi remis 400 000 $ à l'avocat de M. Vaillancourt, Robert Talbot, et 50 000 $ à l'agent officiel du parti, Jean Bertrand. Les deux hommes sont aussi accusés de fraude.

M. Gendron a touché peu de pots-de-vin pour lui-même. Son rôle lui a permis de consolider la part de marché de Tecsult (aujourd'hui AECOM) à Laval. Soucieux de maintenir ses bonnes relations avec M. Vaillancourt, il lui a également payé un bateau ancré à Miami. M. Gendron a payé le tiers du bateau de 24 000 $, enregistré à son nom. Gilles Vaillancourt s'est chargé de trouver un entrepreneur, Anthony Mergl, pour payer un tiers. Il a dit à Marc Gendron de puiser à même la caisse occulte du PRO pour le tiers restant.

M. Gendron a déjà complété son témoignage. Aucune des parties n'avait de questions pour lui. Gilles Théberge, un autre collaborateur de l'Unité permanente anticorruption, commence son témoignage. L'entrepreneur a travaillé chez Sintra et Valmont Nadon Excavation. Il a conspiré avec les accusés du projet Honorer, mais il n'a pas été accusé.



4 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 23 mai 2013 13 h 27

    " Je ne démissionnerai pas"

    Pas beau ça. Enfin, monsieur va peut-être ravaller ses paroles. être moins fendant. Ma peur: notre justice lente et molle

  • Bernard Gervais - Inscrit 23 mai 2013 14 h 25

    Différence entre deux maires

    Plus on en apprend sur Gilles Vaillancourt, plus on réalise combien il était différent, par exemple, de Gérald Tremblay.

    L'ex-maire de Laval était lui-même un grand magouilleur, tandis que le second a vu des membres de son équipe (celle d'Union Montréal) faire toutes sortes « crocheries » mais, comme on le sait, n'est pratiquement jamais intervenu pour les contrer !

  • Guy Desjardins - Inscrit 23 mai 2013 19 h 42

    À qui peut ont faire confiance?

    Notaire, avocat, ingénieur, architecte, médecin et les politiciens? Sûr qu'il y en a des honnêtes, je deviens de plus en plus méfiant vers ces individus qui veulent notre biens dans tous les sens du mot.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 24 mai 2013 08 h 29

      Surtout que les étudiants en génie se rendent compte eux-même du manque d'étique dans leur propres cours. Faut le faire !

      «À qui peut ont faire confiance ?» Comme disait Elron dans le film Le seigneur des anneaux : «La liste de nos alliés commence à être mince !» (traduction libre)