Prix Aménagement - Montréal et Baie-Comeau sont les lauréats 2012

Assïa Kettani Collaboration spéciale
Give Peace a Chance à l’entrée Peel du parc du Mont-Royal, réalisation de Linda Covit et de l’architecte-paysagiste Marie-Claude Séguin du groupe Cardinal Hardy
Photo: Marc Cramer Give Peace a Chance à l’entrée Peel du parc du Mont-Royal, réalisation de Linda Covit et de l’architecte-paysagiste Marie-Claude Séguin du groupe Cardinal Hardy

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Une ville-musée à ciel ouvert ? Cette idée séduisante sous-tend le prix Aménagement du réseau Les Arts et la Ville, créé pour souligner l’effort des municipalités qui intègrent la culture à l’aménagement de leur territoire. Présentation des réalisations lauréates de l’édition 2012.

«Les villes ont tout à gagner en développant la culture et l’art dans leurs espaces publics, soutient Lynda Roy, directrice générale du réseau Les Arts et la Ville. Le prix Aménagement vise justement à soutenir cet effort et à encourager les municipalités dans leur lien avec le développement culturel et artistique. »


Oeuvres d’art intégrées dans l’espace public, mise en valeur du patrimoine, aménagement paysager, mobilier urbain ou espaces pour des expositions à ciel ouvert : les initiatives des municipalités en matière d’urbanisme créatif sont toutes les bienvenues.


Parmi les critères d’évaluation des aménagements, citons tout d’abord leur portée artistique - qualités esthétiques et originalité -, la réussite de l’intégration au contexte environnant, ainsi que leur pertinence comme moyen de démocratisation culturelle. « Un espace de vie amélioré est porteur pour l’ensemble de la communauté, poursuit Mme Roy. Il s’agit d’ailleurs d’une vision de l’aménagement urbain à laquelle de plus en plus de municipalités sont sensibles. L’espace public est de mieux en mieux compris et traité par les décideurs et par les citoyens. Ils sont de plus en plus conscients de la richesse qu’apporte la culture dans un contexte urbain. »


Intervention artistique


Dans la catégorie « Plus de 100 000 habitants », Montréal a reçu le prix pour l’intervention artistique Give Peace a Chance à l’entrée Peel du parc du Mont-Royal. Inauguré en mai 2010, le projet s’inscrit dans un plan d’aménagement plus vaste : celui de l’entrée sud du parc, qui n’était pas à la hauteur de ce haut lieu touristique de la ville. Il s’agissait d’« un espace méconnu et mal aimé », composé d’« une suite d’escaliers instables et d’aménagements défigurés par l’érosion ».


Pour repenser ce lieu de passage entre le centre-ville et le parc, l’artiste Linda Covit s’est associée à l’architecte paysagiste Marie-Claude Séguin, du groupe Cardinal Hardy. En faisant du repérage, elles ont été sensibles à « la beauté du site, longeant une rivière, mais vide ». Le résultat : une composition de 180 dalles en pierre calcaire couchées côte à côte sur le sol, portant l’inscription Give Peace a Chance gravée en 40 langues, parfois en braille.


« Avec le mandat de réaliser une oeuvre commémorant le bed-in de John Lennon et Yoko Ono [qui a eu lieu à Montréal du 26 mai au 2 juin 1969], nous avons choisi cette inscription en 40 langues différentes pour représenter le multiculturalisme à Montréal », explique Linda Covit. Entre ville et montagne, entre béton et bois, cet espace artistique prend la forme d’un lieu de transition où l’oeuvre épouse la nature.


« La forme de l’oeuvre suit la courbe du sentier, c’est-à-dire l’arc de cercle du chemin du Serpentin », décrit Linda Covit. Pour y accéder, un escalier de granit permet au visiteur de découvrir l’oeuvre de façon progressive, tout en longeant une cascade. Ce faisant, l’oeuvre permet à la fois d’ouvrir le visiteur sur la ville, avec une mise en scène de la perspective offerte dans l’axe de la rue Peel vers le centre-ville et le fleuve, et de mettre en valeur le patrimoine naturel du lieu, notamment la paroi rocheuse spectaculaire. Située à un point stratégique d’un parc qui fait partie du patrimoine montréalais, cette oeuvre est donc une nouvelle pierre dans la construction d’une ville-musée à espace ouvert et un pas de plus vers une meilleure qualité de vie.


De même, l’artère principale du centre-ville de Baie-Comeau, le boulevard La Salle, se réduisait jusqu’en juin 2010 à un lieu de passage d’automobiles qui n’offrait aucun espace de vie urbaine et conviviale. « Deux voies de circulation, séparées par un terre-plein central », rappelle Mathieu Pineault, coordonnateur aux communications de la Ville de Baie-Comeau. Il a fallu un investissement de 35 millions de dollars et trois ans de travaux pour faire de ce lieu de passage et de la place de la Biosphère ce qu’ils sont aujourd’hui.

 

Place de la Biosphère


Alliant urbanisme et créativité, ce projet de réaménagement a valu à la municipalité de Baie-Comeau le Prix Aménagement 2012 dans la catégorie entre 20 000 et 100 000 habitants. Outre les trottoirs élargis et la réduction de la circulation, des bancs publics, murets et luminaires ont fait leur apparition, ainsi que des oeuvres-monuments aux extrémités du boulevard. Des matériaux comme l’aluminium, le granit et le bois ont été privilégiés, dans une ambiance rehaussée de deux formats d’éclairage et d’une séquence visuelle avec des éléments végétaux et minéraux.


Du côté de la place de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka de l’UNESCO, une fontaine avec son et lumière contribue au nouveau design du lieu, grâce au spectacle permanent conçu par Frédéric Lebrasseur. L’ensemble du projet a été remarqué pour son utilisation de matériaux régionaux, son intégration audacieuse de l’eau ainsi que la création d’un espace urbain à la fois sécuritaire, élégant et dynamique. Mais avant tout, ce réaménagement a contribué à offrir un nouvel espace de vie aux Baie-Comois. « L’objectif était de donner du cachet à l’artère principale, mais surtout de redonner le centre-ville aux citoyens. Aujourd’hui, avec l’aménagement de ce coin du centre-ville près du fleuve et de la fontaine, l’espace est plus convivial pour les piétons », poursuit-il.


Et aux dires de ce dernier, les citoyens sont au rendez-vous. « Ils apprécient réellement ces espaces, qui sont plus fréquentés qu’auparavant. La place de la fontaine est devenue un lieu de rassemblement pouvant accueillir 400 personnes. Plusieurs kilomètres de la ville ont été transformés et la différence aur le plan de l’animation est palpable. »

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