Projet de loi 14 - Plaidoyer pour le renforcement de la Charte

Un groupe de 14 personnalités québécoises s’est porté aujourd’hui à la défense du projet de loi 14, qui vise à renforcer la Charte de la langue française (loi 101), en publiant une lettre ouverte dans les pages du Devoir.

Les signataires réaffirment la nécessité de protéger la langue de la majorité des Québécois et s’emploient à réfuter les arguments de ceux qui voient dans le projet de loi une atteinte aux droits des anglophones.


Déposé en début d’année, ce projet législatif est actuellement débattu à l’Assemblée nationale. La Coalition avenir Québec (CAQ), dont l’appui est indispensable pour le gouvernement dans ce dossier, a indiqué qu’elle voterait en sa faveur, moyennant certains amendements, et Québec solidaire a fait de même, proposant d’autres modifications, tandis que les libéraux le rejetteront vraisemblablement, puisqu’ils s’opposent à ses principales dispositions.


« Au fil des ans, on a assisté à un relâchement linguistique inquiétant. L’État québécois doit reprendre l’initiative », écrivent les personnalités québécoises, parmi lesquelles on compte l’ancien président du Mouvement Desjardins Claude Béland, les sociologues Gérard Bouchard, Mathieu Bock-Côté et Guy Rocher, l’ancien président de la Confédération des syndicats nationaux Gérald Larose et la comédienne Louise Marleau.

 

Urgence


Selon les signataires du texte publié en page A 7, le projet de loi 14 rompt en effet avec l’« attentisme » et reconnaît « l’urgence d’un redressement ».


En ce qui concerne la langue de travail, la marginalisation du français revient selon eux « d’une manière plus subtile, au nom d’une mondialisation ayant le dos large en cette matière ».


Le projet de loi 14 a pour effet d’étendre les exigences de la Charte de la langue française aux entreprises comptant de 26 à 49 employés pour ce qui est du droit d’y travailler en français, et aux entreprises de 10 employés et plus pour ce qui est de l’obligation d’offrir des services en français.


Les signataires font valoir que l’économie ne se mondialise « pas dans tous les secteurs et surtout pas dans tous les postes de travail ».


Pour ce qui est des institutions publiques, les 14 personnalités déplorent que « l’État québécois communique très régulièrement en anglais avec les immigrants », puisque « c’est dans leur rapport avec celui-ci que les immigrants devraient se convaincre de la nécessité de la maîtrise du français dans notre société ».

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