Printemps 2012 - Les policiers refusent l’enquête de Québec

Les rassemblements du printemps érable de 2012 ont donné lieu à de nombreux affrontements et incidents impliquant des policiers et des manifestants.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Les rassemblements du printemps érable de 2012 ont donné lieu à de nombreux affrontements et incidents impliquant des policiers et des manifestants.

Le boycottage de la commission spéciale d’examen des événements du printemps érable par les policiers s’organise. La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) a annoncé vendredi qu’elle boycottera la commission et qu’elle encourage ses associations membres à faire de même.


La commission, présentée mercredi dernier par le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, devra faire enquête sur les dérives et débordements des interventions policières lors des manifestations pendant la crise étudiante de 2012. Elle aura lieu à huis clos dans le but de sauvegarder, selon le ministre, « l’intégrité du processus de déontologie existant ». La FPMQ, qui regroupe des associations de services de police municipaux de partout au Québec, croit que la mise sur pied de cette commission n’est pas légitime. « Nous ne comprenons pas la décision du gouvernement de créer une commission avec un mandat mal défini qui touchera inévitablement le travail policier, alors qu’il existe des processus tels que la déontologie policière et la discipline », a affirmé le président de la fédération, Denis Côté.


À Montréal aussi


La Fraternité des policiers et policières de Montréal, qui est associée de la FPMQ, invite elle aussi au boycottage de l’enquête gouvernementale. Qualifiant la commission d’« exercice inutile », Martin Desrochers, directeur des communications de la Fraternité, a réitéré au Devoir que son organisation n’a pas l’intention d’y participer à moins que ce ne soit fait de façon publique. « Nous demandons que ce soit mené de manière transparente », a-t-il répété.


En plus de dénoncer le manque de transparence de l’exercice, la FMPQ remet en question la nomination de l’ancienne présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, au comité d’examen des événements. La centrale syndicale a en effet critiqué le travail des policiers et a donné son appui aux étudiants lors du printemps érable, a rappelé Denis Côté.

20 commentaires
  • Djosef Bouteu - Inscrit 11 mai 2013 00 h 56

    La police se tire dans le pied.

    «Nous ne comprenons pas la décision du gouvernement de créer une commission avec un mandat mal défini qui touchera inévitablement le travail policier, alors qu’il existe des processus tels que la déontologie policière et la discipline»

    Tout le problème est là : braquage contre toute remise en cause des façons de faire. Il y a eu de graves dérives et de la répression politique documenté directement par les journalistes.

    Le changement de culture policière est nécessaire. On en achève avec l'époque où c'est la police qui s'enquête sur elle-même et s'absoud de toute faute.

    Ce changement à venir a de quoi faire angoisser ceux qui ne veulent pas que le ménage se fasse.

    • Richard Laroche - Inscrit 11 mai 2013 11 h 30

      D'un autre coté, les policiers ont raison de s'opposer à une commission à huis-clos et d'exiger une commission Publique.

      Si les façons de faire de la police sont à remettre en question, ce n'est pas à une petite clique choisie par un gouvernement oligarchique et corrompu à les redéfinir derrière des portes closes.

      La police est un service Public et ses lignes de conduite doivent être définies Publiquement.

    • Carole Dionne - Inscrite 12 mai 2013 10 h 35

      D'accord avec les policiers à 100%

      C'est encore une commission "politique" de la part du PQ. Le clan Marois fait de la politique avec ses commissions qu'elle créée à gauche, à droite. Elle vient tout juste de créé une genre de commission sur l'assurance emploi avec Duceppe, contre Harper.

      Même les journalistes péquistes trouvent qu'elle fait fausse route. Là, une commission qui va dire surtout si l'ancien gouvernement à bien gérer les policiers. Pauvre Mme Marois, elle devrait suivre un cour 101 su " Comment gouverner".

  • Yves Claudé - Inscrit 11 mai 2013 01 h 31

    Printemps policier 2013 : développement d’un mouvement anarchiste dans la police ?

    Après le “boycottage” des cours par les étudiants “anarchistes” du Printemps érable, se pourrait-il que des policiers aient été contaminés par contact, à leurs corps ou “esprits de corps” défendant, par l’idéologie anarchiste ? Qu’ils nous préparent, secrètement… un Printemps policier 2013, un Printemps misérable ?

    Il ne semble pas y avoir, face à ce très rebelle Printemps policier, avant que les rues ne soient livrées aux débordements et désordres de ces nouveaux anarchistes, d’autres solutions qu’une autre Loi 78, une loi matraque, qui - comme on dit - ait des dents …, pour que l’on ait enfin des explications sérieuses sur une répression qui fut à plusieurs reprises, injustifiée, sauvage et déviante, et ceci bien au delà du cas déplorable du matricule 728.

    Qui fera comprendre à ces dangereux extrémistes d’un mouvement policier anarchiste et boycotteur, qu’ils doivent se soumettre à l’autorité de l’État ?

    À bien y penser, ce n’est pas, comme le recommandent les dirigeants du PLQ et la CAQ, avec tout le sérieux qu’on leur connaît, un de ces postes de membre de la Commission qui devrait être attribué à Monsieur Gabriel Nadeau-Dubois, mais bien celui de ministre de la Sécurité publique : il a eu à mettre au pas les “anarchistes” de son mouvement, et il saurait remettre dans le droit chemin tous ces trublions du Printemps policier !

    Yves Claudé (@yclaude)

    • Pascal Normandin - Inscrit 11 mai 2013 10 h 06

      Monsieur Claudé
      je vous encourage à faire une pétition en son nom : Gabriel Nadeau Dubois à ladite Comission, mieux encore : au ministère de la justice. Il pourrait par exemple apporter un équilibre dans les travaux, et documenter les menaces de mort aux élusl; les appels à la bombe au parlement; les bombes lacrymogènes dans le métro; le saccage des bureaux de comté, du pavillon principal de l'UdeM, du département de sciences politiques de l'UQAM; le passage à tabac d'un policier de la SQ à Drummondville; le siège de la résidence privée de plusieurs journalistes; les attaques informatiques d'Anonymous sur les sociétés d'État qui possèdent des données confidentielles, et autres activités. Si on cherche le droit chemin, pourquoi pas chercher partout....

    • Yves Claudé - Inscrit 11 mai 2013 13 h 53

      Monsieur Normandin,

      À rappeler une série de faits de 2012, qui pour bon nombre de personnes qui s’autoproclament “progressistes”, n’existent pas …, vous risquez d’être - comme cela m’arrive fréquemment - stigmatisé publiquement comme étant un méchant “fâchiste” (sic).

      Dans la dizaine de livres consacrés aux événements de 2012 (ex : «Le Printemps québécois », Éditions Écosociété, etc.), il y a plus une construction généralisée d’un mythe du “Printemps érable”, qu’un véritable retour réflexif sur les faits : il n’y a dans ces ouvrages à peu près aucune mention des dérives planifiées par certains groupes, et surtout aucune réflexion sérieuse sur ce que l’on pourrait appeler une éthique de l’action militante. Au risque de recevoir le reproche d’une généralisation indue…, j’ajouterais qu’il y a passablement de conformisme, voire de lâcheté… dans plusieurs de ces ouvrages…!

      ***


      Mon commentaire ici concernait surtout les représentants des policiers qui refusent de participer à la Commission : il y a là aussi une tentative de fabriquer une mythologie inversée, avec le refus de reconnaître l’ampleur des dérives policières en 2012, ainsi que la responsabilité des commanditaires de ces dérives, dont le gouvernement Charest.

      Il y a des questions, relativement aux dérives policières, qui relèvent certainement d’une commission d’enquête plus formelle. Mentionnons entre autres les possibles manipulations et infiltrations policières dans le milieu des “casseurs”…, mais aussi l’étrange participation du SCRS (présence à Victoriaville documentée par le Journal de Montréal,…) dans ces événements qui auront marqué l’Histoire du Québec.

      Yves Claudé (@yclaude)

  • Marcel Bernier - Inscrit 11 mai 2013 03 h 32

    Une beigne avec ça?

    La position de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec ainsi que de la Fraternité des policiers et policières de Montréal vient nous conforter, nous citoyens et citoyennes du Québec, de la pertinence d'une commission d'enquête sur les agissements criminels de certains policiers et policières lors des évènements du printemps 2012. Et bien, répétons-le encore une autre fois : ces employés-es de l'État sont payé-es à même nos impôts et nos taxes et ils ont des comptes à rendre à leurs employeurs qui s'avèrent être nous, la population, en l'occurence.
    Non! Nous ne vivons pas dans un État policier et nul n'est au-dessus des lois.
    Vous vous imaginez! Les corps policiers refusent qu'on enquête sur leurs agissements criminels, préférant profiter du laxisme du code de la déontologie policière et de la discipline défaillante dans leurs rangs.
    Je nous vois déjà faisant la manchette des journaux, dans le monde entier, et objet de la risée générale : « Les policiers et les policières du Québec sont devenus des intouchables. Nous avions le Québec comme champion de la corruption; là, nous avons le Québec champion de la violence policière. Vraiment! Toute une société distincte! » Et en plus, nos associations de policiers et policières veulent l'immunité d'une commission pour leurs membres. On peut effectivement demander : « Un beigne avec ça! ». Et c'est la légitimité politique de notre gouvernement qui est remise en cause au profit d'éléments criminels.

    • Yves Claudé - Inscrit 11 mai 2013 18 h 42

      Le respect … avec ça ?

      Monsieur Bernier,

      Sans être en désaccord avec vos propos, je désapprouve le titre qui les chapeaute, avec une connotation disgracieuse qui me rappelle fâcheusement une scène captée par le photographe Jacques Nadeau (cf. son livre Carré Rouge, p. 115), dans laquelle on voit des individus masqués narguer les policiers en leur tendant une beigne au bout d’une sorte de canne à pêche …

      Ne faut-il pas faire preuve de respect, si c’est cette attitude que l’on exige d’autrui ?

      Yves Claudé (@yclaude)

  • Fabien Nadeau - Abonné 11 mai 2013 07 h 21

    Soupir...

    Une autre affaire partie tout croche... Mais l'attitude des policiers frise l'insurrection. Je n'aime pas ça du tout.

    Les policiers jouent à la victime, et ils ont raison sur certains points, j'imagine. Mais ils ne sont pas blancs comme neige non plus. Nous voulons savoir.

    Qu'ont à craindre les policiers qui ont agi correctement? Ou serait-ce que "correctement" ne veut pas dire la même chose pour tout le monde?

    Nous voulons voir.

    • Denis Marseille - Inscrit 11 mai 2013 10 h 04

      'Les policiers jouent à la victime, et ils ont raison sur certains points, j'imagine. Mais ils ne sont pas blancs comme neige non plus. Nous voulons savoir.'

      Vous ne saurez rien, c'est à huis clos et le rapport sera remis au ministre.
      D'ici là nous aurons passé à autre chose.

  • Robert Henri - Inscrit 11 mai 2013 07 h 43

    Policiers ou bandits ?

    Ce refus et cet appel à ne pas collaborer est une réaction qui amène à suspecter les policiers. Quand on est net, vraiment propre, on ne refuse pas qu'on enquête sur soi. Je vient de perdre tout le respect qui me restait envers les grands corps policiers.

    • Denis Marseille - Inscrit 11 mai 2013 10 h 01

      'Quand on est net, vraiment propre, on ne refuse pas qu'on enquête sur soi.'

      Vraiment. Alors pourquoi reprocher à la police de faire des arrestations et vérifications douteuses???